20 000 intérimaires en CDI d'ici trois ans

Nathalie Alonso

Travailler en intérim et être en CDI sera désormais possible en vertu d'un accord entre syndicats et patronat accouché dans la douleur jeudi. Ce dernier concernera avant tout les intérimaires les plus recherchés et vise un accès facilité à l'emprunt et au crédit pour "les permanents de l'intérim".

Néanmoins, l'entrée au royaume du CDI est bien gardée: les 6 900 agences de ce secteur éprouvé par la crise se réservent le droit de proposer un CDI aux éléments les plus demandés dans les secteurs en tension (restauration, métallurgie, informatique, etc.).

Les agences d'intérim, représentées par l'organisme patronal Prism'emploi, s'engagent à ce que ce nouveau CDI soit signé d'ici trois ans par 20 000 salariés. Mais cet objectif représente moins de 5% des quelque 500 000 équivalents temps plein recensés début 2013, sur 2 millions de personnes passant chaque année par l'intérim.

Cet accord est tout cas frappé du sceau de la politique de flexisécurité voulue par le gouvernement depuis son arrivée au pouvoir. En clair tout le monde s'y retrouve. Les entreprises du travail temporaire seront dispensées de la majoration de cotisations chômage sur les contrats courts et n'auront plus à verser l'indemnité de fin de mission de 10%.

En contrepartie, les agences s'engagent à augmenter la durée d'emploi annuelle de 40 heures pour les 80.000 salariés qui travaillent 800 heures sur l'année (4 mois) et à assurer une "garantie minimale mensuelle de rémunération" (jusqu'à 1,25 Smic pour les cadres) en cas de longue période non travaillée.

L'objectif est donc bien de fidéliser ces intérimaires hautement disputés qui pourraient être tentés de pousser la porte d'une agence concurrente.

Nathalie Alonso © Cadremploi.fr

Nathalie Alonso
Nathalie Alonso

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