69 % des PME françaises ont recruté en CDI ces six derniers mois

Quentin Velluet

Alors qu’elles se plaignent régulièrement de leurs difficultés à recruter, une étude récemment publiée par Randstad révèle que 69% des PME françaises qui ont embauché ont tout de même réussi à signer des CDI durant ces six derniers mois.
69 % des PME françaises ont recruté en CDI ces six derniers mois

Pénurie de compétences, difficulté à trouver les bons profils au niveau local, manque de motivation des candidats… Les petites et moyennes entreprises expriment souvent leurs difficultés à trouver le candidat parfait qui saura s’intégrer à leur structure. Pourtant, une étude Ipsos menée fin 2015 auprès de 503 responsables du recrutement pour Randstad, l’un des géants du travail intermédié, semble les contredire. Ses auteurs démontrent que 69 % des PME ont signé des contrats à durée indéterminée (CDI), parmi celles qui ont recruté depuis moins de six mois.

Le pessimisme des PME s’exprime également sur leur recrutement dans le futur. Plus de la moitié d’entre elles considère qu’embaucher des collaborateurs ne sera probablement ou certainement pas plus facile dans les années à venir. « Non pour des raisons structurelles, mais plus sur leurs difficultés à trouver et attirer des talents », explique Eric Toussaint, directeur marketing adjoint de Randstad France. Les cadres seraient donc de moins en moins attirés par ce type d’entreprises puisque 38 % des PME interrogées ont fini par abandonner faute de candidats.

A l’heure de la remise en cause du CDI, les PME sont gage de sécurité et cet heureux paradoxe du recrutement confirme une réelle demande de la part d’un vivier qui représente 99,8 % des entreprises en France et 48,7 % de l’emploi salarié, d’après les chiffres du ministère de l’Économie et des Finances. Selon les recruteurs interrogés, leurs structures sont susceptibles d’attirer grâce à leur dimension humaine dans le management et les relations interpersonnelles. Cela s’en ressent naturellement dans leur manière de chercher les candidats : 66 % d’entre eux font confiance à leurs collaborateurs en privilégiant la cooptation et le bouche-à-oreille, alors que Pôle emploi et les offres sur Internet sont reléguées respectivement à la troisième et quatrième place des canaux de recrutement les plus efficaces d’après l’étude.

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Les PME vues par leurs recruteurs : un révélateur de leurs attentes

Pour réussir à intégrer une PME, rien ne vaut le réseau personnel ou professionnel, semble-t-il. De plus, il faut savoir faire sa cour en tenant compte des informations que révèle en filigrane ce  sondage. En effet, les recruteurs de PME aiment souligner leurs différences par rapport aux « grandes » : leur taille humaine, l’ambiance de travail plus chaleureuse, un management plus humain et des chaînes de décision plus courte, en passant par l’autonomie proposée aux collaborateurs (voir graphique). Aux candidats séduits par ces charmes de peaufiner leurs arguments  afin de séduire leurs interlocuteurs.

« Un candidat qui met en avant ses qualités humaines, c’est évidemment ce que les patrons de PME ont envie d’entendre », affirme Eric Toussaint. En effet, l’enjeu d’intégration des nouveaux éléments est beaucoup plus important dans les structures de petites tailles. « Dans un grand groupe, l’erreur de recrutement est beaucoup moins grave car un salarié mal intégré se fond dans la masse. Dans un effectif réduit, l’impact est plus visible », analyse l’expert de Randsatd.

« Ces entreprises recherchent des profils adaptables et curieux, capables d’élargir leur périmètre de poste », explique Eric Toussaint. En d’autres termes, place aux touche-à-tout audacieux qui chérissent leur liberté.

 

Quentin Velluet
Quentin Velluet

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