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76 % des talents digitaux français prêts à s’expatrier pour leur carrière

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Cadremploi et BCG

15/05/2019

[Etude] Les talents digitaux sont plus enclins à s’expatrier que les autres pour développer leur carrière ? C’est ce que révèle une étude mondiale inédite réalisée par BCG et Cadremploi, intitulée « Decoding Digital Talent ». Deux tiers des talents du numérique sont prêts à déménager dans un autre pays pour leur carrière contre 55 % pour les talents « non-experts digitaux ». Cette tendance est encore plus significative en France, où 76 % des talents digitaux souhaitent s’expatrier alors que notre pays est reconnu pour la qualité de ses universités sur les sujets digitaux et Intelligence artificielle.

Une transformation digitale réussie ne peut se faire sans talents digitaux. Ceux qui codent, développent, programment etc. sont des profils très recherchés par les entreprises. Ils sont également les plus disposés à s’expatrier.

Une véritable concurrence internationale entre les entreprises et les pays s’est installée pour attirer mais aussi fidéliser ces experts digitaux. Qui sont ces talents digitaux ?  Comment les attirer et les retenir ? Voici les principales conclusions de l’étude mondiale réalisée par BCG et Cadremploi, intitulée « Decoding Digital Talent »*, auprès de 27 000 experts du numérique dans 180 pays, dont 584 en France.

 

Deux talents digitaux sur trois dans le monde prêts à s’expatrier pour développer leur carrière

Ils sont 67 % prêts à quitter leur pays d’origine pour de meilleures opportunités de carrière. Un chiffre supérieur de 12 % par rapport à la moyenne des talents mondiaux non digitaux. Cette proportion peut même monter à 75% dans certains pays comme l’Inde, le Brésil, mais aussi le Royaume-Uni, le Canada. A l’inverse, en Chine, moins d’un expert digital sur quatre envisagerait une telle démarche.

En France, 76 % des experts digitaux français souhaitent travailler à l’étranger pour développer leur carrière, soit 8 points de plus que la moyenne nationale pour les talents dont l’expertise n’est pas digitale (68%), 9 de plus que la moyenne mondiale de ces profils (67%). Alors même que les universités françaises en Intelligence artificielle sont classées parmi les meilleures au niveau mondial (1), la France peine à retenir ses talents au sein de son territoire.

 

La France, loin derrière les Etats-Unis et l’Allemagne comme destination digitale de choix

Etats-Unis, Allemagne et Canada sont dans le trio de tête des destinations les plus attractives suivies de l’Australie et du Royaume Uni. La France, quant à elle, arrive en 7e position.

Un classement quasi identique à celui de l’ensemble des talents intéressés par la mobilité professionnelle. Malgré une volonté de s’afficher comme championne du digital, la France peine donc à se démarquer. Elle est la 10e destination pour les experts digitaux des continents Asie et Pacifique.

On note néanmoins une (légère) remontée de la France dans le classement des experts en Intelligence artificielle. En effet, pour les 3 666 experts en AI interrogés dans l’étude, la France arrive en 6ème position des pays les plus attractifs. Un classement encourageant, alors que le gouvernement français a multiplié les initiatives sur les sujets d’intelligence artificielle ces derniers mois mais qui montre l’étendue du chemin restant à parcourir.

De leur côté, les talents digitaux français en quête de mobilité sont globalement plus enclins à choisir des pays ou des villes francophones. Ainsi, la Suisse est le pays le plus attractif pour les talents digitaux français. Genève et Montréal sont les deux villes qui sont en tête de classement chez ces derniers. La langue et la culture restent des critères prédominants pour les talents digitaux.

 

Talents digitaux, mode d’emploi 

Les experts digitaux ont de nombreux points communs. D’après les résultats de cette étude, ce sont très majoritairement des hommes (68%), hautement diplômés (80 % possèdent un diplôme universitaire) avec peu de responsabilité de management. Contrairement aux idées reçues, ils souhaitent travailler dans une grande entreprise plus qu’une startup. 

 

Parmi les critères importants pour leur emploi, les talents digitaux accordent une importance très significative au développement de leur compétence et au contenu de leur mission plus que la sécurité de leur emploi ou encore la relation avec leur hiérarchie. Un constat qui s’explique par l’obsolescence rapide – 18 mois en moyenne - des compétences digitales face à l’accélération technologique.

 

Entreprises et gouvernements : comment gagner la bataille du numérique

Dans ce contexte de « mercato » mondial, les entreprises doivent s’assurer de rester attractives pour ces talents digitaux.

« Conscients de l’obsolescence de leurs compétences, les experts digitaux attendent de l’entreprise qu’elle leur offre un terrain d’expérimentation et les moyens de continuer à apprendre. Pour les entreprises, cela signifie qu’elles doivent revoir leur modèle de formation mais aussi leur modèle managérial afin de répondre aux attentes de ces talents. Celles qui engageront cette transformation réussiront à attirer et fidéliser ces talents, plus enclins à la mobilité professionnelle que les autres. » déclare Vinciane Beauchene, Directrice Associée au BCG.

Au-delà du recrutement, les entreprises devront engager une transformation massive de leur fonctionnement vers des modes plus agiles, avec des managers positionnés comme des facilitateurs, qui leur offrent de l’autonomie et des opportunités de développement.  Pour faire face à la pénurie, les entreprises devront aussi former leurs salariés à ces nouvelles compétences digitales.

Pour les gouvernements, des programmes de formations, notamment auprès des femmes, peuvent être déployés pour augmenter le nombre d’experts digitaux. De même les compétences digitales doivent être dispensées à tous les niveaux des formations académiques.

 « Les experts digitaux sont des ressources rares pour les entreprises. Nous estimons qu’en 2020, un tiers des compétences attendues chez les salariés en 2020 n’existent pas aujourd’hui (2). Or ces talents sont une population très mobile, qui n’hésite pas à faire jouer la concurrence en termes d’employeurs ou de territoires. Aujourd’hui, il est essentiel pour les entreprises et les gouvernements de se pencher sur la question de leur attractivité vis-à-vis de ces talents du numérique. Que ce soit à l’échelle des territoires – national, régional – ou de l’entreprise, favoriser le développement d’un écosystème digital dynamique réunissant centres de recherche, entreprises et startups, peut aider à attirer ces talents.» poursuit Vinciane Beauchene.

 « La manière dont les entreprises, les pays et les individus adapteront leurs stratégies à la pénurie de compétences numériques sera cruciale dans les années à venir », déclare Pierre Antebi, Directeur du Business Marketing de Cadremploi et co-auteur de l’étude. « Les recruteurs sont déjà en première ligne de cette bataille. Leur tâche quotidienne est de trouver, d’attirer et de retenir des experts du numérique dans leurs propres pays et, de plus en plus, à l’international. »

« Au-delà du constat, Decoding Digital Talent renseigne les recruteurs sur les motivations de la mobilité des talents digitaux, utiles tant pour les attirer que pour les fidéliser » insiste Pierre Antebi.

(1) Source: Elsevier Artificial intelligence report 2018, Top 5 institutional contributors per region by number of AI publications (all document types), 2013-2017 from SciVal;

(2) Etude Gartner

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* Méthodologie de l'étude

Enquête menée auprès de 366 139 répondants dans 197 pays par le BCG et The Network. Les répondants sont inscrits sur les sites de recherche d’emploi de The Network (Cadremploi en France). Cette étude a pris en compte les 27000 talents digitaux – personnes disposant de compétences dans les domaines de l’Intelligence Artificielle, de la robotique, du digital marketing (etc.) - ayant répondu à l’enquête dans 180 pays.

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