97 % des salariés épanouis quand ils travaillent dans une équipe mixte

Publié le 10 novembre 2016 Quentin Velluet

L’égalité homme-femme n’est plus seulement une revendication sociale. Une étude vient de confirmer qu’elle était aussi un levier de performance des entreprises.
97 % des salariés épanouis quand ils travaillent dans une équipe mixte

La mixité ne sera bientôt plus l'un des sujets fétiche des cyniques. L’étude Gender Scan* menée par le cabinet Global Contact, vient de confirmer par les chiffres que les équipes mixtes sont les plus performantes : 81 % des patrons et managers estiment que leurs résultats sont meilleurs que ceux des équipes non-mixtes. Et composer des équipes de 40 % à 60 % d’hommes ou de femmes augmente également la satisfaction des collaborateurs. D’après l’enquête, les salariés appartenant à des équipes mixtes se déclarent à la fois plus épanouis (97 % pour les mixtes contre 83 % pour les non-mixtes), mieux accompagnés et d’avantage utiles. Mieux, les collaborateurs et collaboratrices évoluant dans ces groupes assurent également se sentir plus respectés. De quoi convaincre dirigeants et managers de lutter contre les discriminations.

L’ambition des femmes au rendez-vous

Et qu’on ne nous resserve pas l’argument de l’autocensure, car les Françaises sont les championnes de l’ambition : 64 % d’entre elles souhaitent atteindre une fonction de direction au cours de leur carrière, selon une récente étude** du cabinet de recrutement Hays. Reste qu’en France, certains secteurs persistent à donner un sexe aux métiers.

Plafond de verre blindé dans l’innovation et les secteurs scientifiques et techniques

Comme dans l’industrie, où les femmes représentent un peu moins du quart des effectifs. Idem dans les entreprises des secteurs scientifiques, techniques et de l’innovation (STI) où même les bons élèves du Global 100***, reconnus par l’ONU pour leur engagement en faveur de la responsabilité sociale et environnementale, ne comptent que 24 % de femmes. Plus haut dans la hiérarchie, elles sont seulement 14 % à siéger aux comités exécutifs et 18 % aux conseils d’administration. À ce stade, le fameux plafond de verre ressemble plus à une vitre blindée.

Les entreprises cherchent des solutions

Pour éviter les discriminations, nombre de grandes entreprises réfléchissent à la question de la mixité et mettent en œuvre des solutions. À l’image d’Accenture, qui fait partie de la petite majorité (53 %) d’entreprises des secteurs des STI à proposer du mentorat à ses collaborateurs. Chacun, à son arrivée dans la société de conseil aux entreprises, se voit attribuer un conseiller en carrière. Ce dernier n’est ni un dirigeant, ni un RH mais un collaborateur qui conseille et se fait l’avocat de son "filleul". Il promeut son travail et négocie avec la hiérarchie son évolution de carrière. Autres acteurs d’influence, les réseaux féminins, promeuvent la vigilance et coachent les collaboratrices volontaires.

 

Et puisqu’elle se veut tournée vers la technologie, l’entreprise Accenture teste également des solutions plus innovantes. Elle propose à ses collaborateurs, de jouer, lors d’ateliers, au Gender Swap, un mini-jeu d’immersion censé les faire réfléchir sur leurs préjugés. Muni d’un casque de réalité virtuelle, le cobaye doit mener une discussion avec un collaborateur qui hésite à accorder une promotion à une certaine Emma, parce qu’elle vient d’accoucher de son second enfant. En fonction des propos choisis par le joueur parmi plusieurs options, le jeu détermine si ce dernier a répondu plutôt comme un homme ou comme une femme et s’il a véhiculé consciemment ou non des stéréotypes sexistes. Un bon moyen d’éveiller les consciences en quelques minutes.

Mais ces innovations paraissent légères comparé à des stéréotypes bien ancrés et vieux comme le monde. Et si rien ne change, ils auront encore de longs jours devant eux. Pour rappel, le Forum économique mondial a récemment estimé que la parité ne serait atteinte qu’en 2186.

 

*Enquête menée de mars à août 2016 en partenariat avec l’Unesco dans 50 pays, auprès de 4 441 hommes et femmes âgés de 18 ans et plus.

**Enquête menée de novembre 2015 à janvier 2016 qui a interrogé 11 500 femmes et hommes à travers 25 pays.

***Le Global 100 sont les 100 premiers groupes mondiaux cotés en bourse et identifiés par l’Organisation des Nations Unies comme les plus engagés en termes de responsabilité sociale et environnementale.

Quentin Velluet
Quentin Velluet

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