Aéronautique : ça plane pour l’emploi des cadres, malgré un environnement incertain

Publié le 16 juin 2019 Sylvie Laidet

Décollage immédiat pour le salon international du Bourget (du 17 au 23 juin), grand-messe des secteurs aéronautique et spatial. L’occasion pour tous les fabricants, équipementiers et assembleurs de dévoiler leurs innovations, de remplir leurs carnets de commandes (en baisse ces derniers mois) pour les années à venir mais aussi de faire le plein de candidats. Le secteurannonce vouloir en effet recruter 15 000 nouveaux talents. Et notamment beaucoup de cadres pour les avions d’aujourd’hui mais surtout de demain. Interviews de recruteurs.
Aéronautique : ça plane pour l’emploi des cadres, malgré un environnement incertain
  1. Une filière qui compte plus de 40 % de cadres
  2. Des cadres pour réaliser l’avion de demain (et d’après demain)
  3. Des cadres pour piloter les datas

Une filière qui compte plus de 40 % de cadres

Sur les 200 000 salariés du secteur aéronautique et spatial*, 43 % sont cadres et ingénieurs. C’est l’un des taux d’encadrement les plus élevées de l’industrie. Et ces données ne sont pas prêtes de piquer du nez. Au contraire, la filière table cette année encore sur 15 000 recrutements (dont 70 % en CDI), dont une majorité d’ingénieurs.

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Safran embauche par exemple 1500 ingénieurs et cadres chaque année. « Nous recherchons des ingénieurs plutôt généralistes capables, dans le futur, de s’adapter à l’évolution de leur métier car la transformation digitale est bien réelle », souligne Gilles Garczynski, directeur des talents chez Safran. Outre des compétences « hard », le motoriste accorde une importance croissante aux softs skills des candidats. Capacité à travailler ensemble, à écouter, à communiquer, leadership en mode hiérarchie mais aussi transverse, l’équilibre entre les savoir-faire techniques et les savoir-être est visiblement devenu capital.

70 % des 15 000 embauches prévues sont des CDI

 

Des cadres pour réaliser l’avion de demain (et d’après demain)

You have a dream, un avion tout électrique ? Il va falloir patienter : certains parlent de 2060, car le problème de la puissance des moteurs n’est pas prêt d’être résolu. D’ici là, tous les professionnels du secteur planchent sur un avion plus électrique. « Pour cela, nous recherchons des ingénieurs en énergie pour mettre au point des batteries plus performantes, explique Philippe Dujaric, directeur des affaires sociales et de la formation du GIFAS. Par exemple, des ingénieurs en matériaux composites afin d’alléger l’avion et donc de réduire l’impact du transport aérien sur l’environnement. La transition énergétique est au cœur de la filière. 80 % des axes de recherche et développement sont liés à la réduction des émissions de CO₂ ». Et pour cause, les grands acteurs du secteur se sont engagés devant l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à diviser par deux ces émissions d’ici à 2050, sans quoi ils devront mettre la main au porte monnaie. Des avancées sont également attendues dans le domaine militaire avec le système de combat aérien européen du futur, le Scaf. Soit un nouvel avion de combat autonome qui remplacerait à terme le Rafale et l’Eurofighter. Encore de belles opportunités à saisir car les premières maquettes sont en cours mais les études amont se poursuivent.

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Des cadres pour piloter les datas

Pour gagner en productivité, plus question de laisser un avion en panne cloué au sol pendant des heures (voire des journées) entières. Francis Pollet, directeur de l’IPSA, école d’ingénieurs de l’air et de l’espace, observe :  « Grâce à l’intelligence artificielle et à l’analyse des data, un technicien est aujourd’hui capable de fournir les pièces de rechange dès l’atterrissage de l’avion et d’effectuer la réparation. Pour cela, les fabricants de moteur par exemple, ont besoin d’informaticiens spécialisés dans le traitement des données et de data scientists ». Et Philippe Dujaric de renchérir : « La maintenance en réalité augmentée est une nouvelle approche et un enjeu de taille pour les constructeurs ». Chez Safran, on explique même que l’avion est devenu un système global. « Nous sommes des apporteurs de solutions globales et plus uniquement de fournisseurs d’équipements. Notre mission est d’aider les opérateurs à faire fonctionner leurs avions le mieux possible. Le management de la donnée est clé », insiste Gilles Garczynski, directeur des talents chez Safran. Encore un secteur où les data analystes et autres data scientists, vont avoir l’avantage pour négocier leur embauche.

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* Source adhérents Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales /GIFAS

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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