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Agriculture : 10 métiers à plus de 50 000 euros

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Gwenole Guiomard

21/02/2020

[Enquête] Et si vous alliez au Salon de l’agriculture (du 22 février au 1er mars 2020) avec votre CV ? On le sait peu mais l'agriculture et l'agroalimentaire vont recruter 5 000 cadres cette année et affichent enfin des salaires en hausse après dix années de vaches maigres. Chef de culture bio, roboticien agricole, CMO, CTO… Pénurie de candidats aidant, ces métiers recrutent au dessus du salaire moyen des cadres et vont même jusqu'à 80 000 voire 200 000 euros annuels pour les stars du secteur. Cadremploi a interviewé des experts pour comprendre qui recrute, à quels salaires, quels nouveaux profils sont particulièrement chassés et les stratégies de carrière gagnantes selon ces recruteurs qui attendent vos CV.

10 années fastes devant eux

Les cadres des secteurs agricole et agroalimentaire ont la banane. Le marché s’est retourné. Olivier Claux dirige MG Consultants, un cabinet de recrutement spécialisé dans les profils agri et agro réalisant une centaine de missions par an pour des postes d’experts et de dirigeants dont les salaires oscillent entre 40 000 et 150 000 euros brut par an. Il se souvient : « Il y a quinze ans, lorsque, DRH, je venais draguer des candidats dans les écoles, on était 10. Aujourd’hui, on est 150. » C’est dire que les candidats ont aujourd’hui l’embarras du choix. « Le marché est en leur faveur, poursuit l’expert. Et cela va continuer. Les diplômés Bac +5 ont devant eux au moins 10 années fastes ».

Même son de cloche à la Fédération UniAgro qui fédère les associations des anciens des 7 principales écoles d’agronomie française, soit un réseau de plus de 45 000 ingénieurs agro. Selon ce véritable lobby :

  • la moitié des ingénieurs agro gagne désormais plus de 53 000 euros brut par an
  • et la moyenne des salaires grimpe à 73 000 euros.
  • Des chiffres en forte hausse qui ont rattrapé puis dépassé le salaire médian des cadres (50 000 euros brut par an) pour se rapprocher de celui des ingénieurs à 57 700 euros (enquête 2019 de l’IESF).

 

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Des recrutements de cadres agri et agro en hausse

  • Dans l’agriculture

L'Apecita (Association pour l'emploi des cadres, ingénieurs et techniciens de l'agriculture) recensait 4 741 postes de cadres Bac +5 et plus en 2010 contre 5 429 en 2018. Soit une hausse de 14 % en 8 ans.

  • Dans l’agroalimentaire

En 2020, l’Apec prévoit 3 680 recrutements dans l’agroalimentaire. Ce chiffre était de 2100 en 2015.

 

Agriculture : 5 métiers qui paient bien leurs cadres

Ces métiers de l’amont du secteur sont touchés par les changements importants des dernières années poussés, par exemple, par l’exigence des consommateurs de « verdir » leur nourriture.

Métiers de la production

La fonction de chef de cultures biologiques émerge. « J’en cherche actuellement sans succès, commente le recruteur Olivier Claux. Le salaire prévu est de l’ordre de 50 000 euros brut par an pour un jeune ayant 5 ans d’expérience. C’est plutôt très bien payé pour un poste passionnant mêlant connaissances agronomique, commerciale, managériale et comptable ».

Métiers digitaux

De nouvelles fonctions apparaissent également dans le sillage de la digitalisation du secteur. Dans le cadre de l’agriculture de précision grosse consommatrice de data, le secteur recherche des roboticiens, des data scientists et autres informaticiens codant et développant des logiciels destinés à l’agriculture. Salaires

Métiers commerciaux

« Quelqu’un qui rentre du chiffre d’affaires percevra rapidement, sans diplôme super important, de 70 000 à 80 000 euros brut par an », ajoute le consultant en recrutement Florian Mantione, fondateur du Florian Mantione Institut (350 recrutements par an dont 10 % en agro-agriculture principalement en sud France).

Toute cette production agricole avant transformation est donc en plein bouleversement. C’est excellent pour les salaires même si les (très) gros émoluments sont à rechercher en aval, du côté de l’agroalimentaire.

Agroalimentaire : 5 métiers qui recrutent et qui paient bien les cadres

L’agroalimentaire est traditionnellement plus généreuse que l’agriculture en matière de salaires. Mais si elle desserre aujourd’hui les cordons de la bourse, c’est qu’elle manque de profils capables de répondre aux nouvelles exigences des consommateurs. Cette industrie recherche des experts de haut niveau et augmente ses salaires afin de les attirer.

 

Des métiers qui répondent aux attentes des consommateurs en matière d’éthique, de transparence et de santé. 

 

Les métiers stars du digital

L’agroalimentaire manque de CMO (chief marketing officer) et de CTO (chief technical officer) et desserre les cordons de la bourse pour en attirer. Le chasseur de têtes Pascal Daoglio du cabinet DHR international (50 bureaux dans le monde et 20 % des missions concernant la grande consommation) confirme que « les nouveaux profils extrêmement recherchés dans le secteur sont ceux qui savent répondre aux attentes des consommateurs en matière d’éthique, de transparence et de santé. »

Le CMO

Les Chief marketing officer sont en charge du digital marketing et doivent « instagrammer » leur marque, explique Pascal Daoglio du cabinet DHR International. Leurs salaires atteignent les 120 000 à 200 000 euros brut par an pour peu qu’ils aient du talent, une capacité de travailler à l’international et qu’ils disposent d’une forte expérience. »

Le CTO

Le Chief technical officer, ou directeur des technologies, pilote les innovations techniques et déploie les technologies ad hoc pour l’entreprise. « Il doit proposer les solutions techniques pour délivrer aux consommateurs des produits sains, insiste Pascal Daoglio. C’est l’autre poste phare de ces nouveaux métiers travaillant dans la food tech, l’agrifood et autres start-up financés par des fonds de pension ou rachetés par des grands groupes à l’instar de Danone détenant 95 % des parts de Michel et Augustin depuis 2019 ».

Métiers d’ingénieurs

L’innovation est essentielle dans cette nouvelle agriculture. Là encore, les employeurs sont prêts à dérouler un tapis rouge financier de l’ordre de 100 000 à 120 000 euros par an pour débaucher des ingénieurs provenant des meilleures écoles françaises ou internationales. « Le secteur recherche de nouveaux profils pour réaliser de nouveaux produits biologiques, végans, sans gluten voire à base d’insectes, ajoute Astrid Perez, consultante en recrutement chez Fed ingénierie (le cabinet réalise dans ce secteur 274 recrutements par an).

  • Dans ce cadre, des ingénieurs automaticiens sont recherchés. « Ces fonctions ouvertes aux jeunes rémunèrent leurs cadres de l’ordre de 45-50 000 euros brut par an pour 4-5 ans d’expérience, assure Astrid Perez. Ils arrivent donc rapidement au salaire médian des cadres. »
  • « Puis les rémunérations grimpent avec des directeurs techniques percevant plus de 90 000 euros brut par an avec une dizaine d’années d’expérience », note Astrid Perez.
  • « Enfin les directeurs industriels émargent, eux, à 100 000 euros brut par an ».

 

Les parcours agro-agri qui paient

=> Passer par un grand groupe

Dans ce type de carrière, le passage par un grand groupe est un sésame pour doper son salaire : « on démarre chez la multinationale Nestlé à 35-38 000 euros brut par an et chez l’entreprise de taille intermédiaire Brossard à 28-30 000 euros brut par an », confie un chasseur.

=> Etre mobile et agile

Bien sûr, mieux vaut être mobile toute France et peu réticent aux organisations en 3/8 ou 5/8.  Les parcours appréciés comprennent aussi des changements de poste :  devenir chef d’équipe, de production, de recherche et développement ou de maintenance.

=> Changer d’employeur régulièrement…

Dans ces secteurs, les augmentations de salaire s’obtiennent lors des changements d’entreprise.  « La majeure partie des agros ont travaillé pour 3 à 4 employeurs dans leurs vies, confirme Mathieu Baron d’UniAgro.

=> … mais ne pas privilégier seulement le salaire

Pour le chargé de mission Olivier Gloker, de l’Apecita, « bien négocier son salaire nécessitera d’éviter, cependant, les comportements de ‘’mercenaire’’, sous peine d’éveiller la méfiance des recruteurs, de négocier le ‘’combien’’, certes, mais aussi le ‘’quoi’’ : formation, période d’essai, temps de travail, moyens à disposition, évolution ». Le recruteur Florian Mentione insiste également : « Les candidats en agro-agri doivent se rappeler une chose : il ne faut pas choisir son entreprise du fait du seul salaire. L’intérêt de la fonction, le mode de management, le projet d’entreprise doivent présider au bon choix. La rémunération vient ensuite ».

Pourquoi agriculture et agroalimentaire ont besoin d’encadrement

Depuis ces années 2005-2010, trois phénomènes sont venus rebattre les cartes et permettre aux cadres du secteur agri-agro de se retrouver du bon côté du manche.

  • Tout d’abord, la démographie leur est désormais favorable. De nombreux baby-boomers de ces secteurs prennent en ce moment leur retraite.
  • Ensuite, les consommateurs exigent de profonds changements quant à la façon de produire leur nourriture.
  • Enfin, à son tour, le secteur se digitalise et voit se créer de très nombreuses start-up exigeant de nouvelles compétences et créant de nouveaux métiers.

Revoir notre live au Salon de l'agriculture "Recrutements dans l'agriculture : des cadres vachement recherchés"

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