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Ces entreprises françaises passées à la semaine de 4 jours payée 5 jours

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Sylvie Laidet

22/01/2020

INSPIRATION - Travailler moins, pour gagner autant ? Et donner un jour de temps libre supplémentaire dans la semaine à ses employés ? Deux PME françaises ont opté pour la semaine de travail de 4 jours sans baisse de salaire. Nous avons interrogé les boss de Yprema et de Love Radius sur les différentes formules qu’ils ont choisies ainsi que sur les avantages et les inconvénients de faire le même boulot en moins de temps. Zoom sur ces 2 boîtes qui ont osé révolutionner la répartition du temps de travail de leurs salariés. Et qui, avec le recul, ne le regrettent pas.

Pour tout vous dire, au départ, nous souhaitions rebondir sur la proposition de la Première ministre finlandaise en faveur d’une semaine de travail de 4 jours ou d’une journée de 6 heures. Mais l’info, reprise en boucle, n’était en fait pas vraiment « nouvelle ». Sanna Marin en avait émis l’idée en août 2019 lors du congrès de son parti le SPD, alors qu’elle était ministre des Transports et de la Communication.

 

Réduire le temps de travail sans toucher au salaire

 

Et puis, au vu des témoignages recueillis auprès de 2 entreprises tricolores passées à la semaine de 4 jours, la rédaction de Cadremploi a quand même eu envie de vous faire profiter du bilan de ces rares entreprises françaises qui permettent à leurs salariés de travailler moins en gagnant autant.. A étudier et à partager sans modération si votre employeur réfléchit à répartir différemment le temps de travail pour ses employés et cadres…Ou si vous cherchez à changer de vie.

 

Yprema, un pionnier satisfait de la semaine de 4 jours depuis… 22 ans

 

L’activité : entreprise industrielle écolo spécialisée dans le recyclage de matériaux de déconstruction

 

Le jour off est tournant et les postes sont poly-compétents

 

C’est en 1997 que cette petite entreprise industrielle passe 80 % de ses employés à 35 heures sur 4 jours. A l’époque, la loi de Robien permet aux entreprises de réduire le temps de travail des salariés en contrepartie d’allègement de cotisations pendant 7 ans. Banco, les collaborateurs de la PME francilienne, pionnière dans ce qu’on n’appelait pas encore l’économie circulaire, se mettent alors à bosser 8h45 par jour… sur 4 jours par semaine.

Quel est le jour « off » ?

Pas question de fermer la société le lundi, ni n’importe quel autre jour de la semaine. L’entreprise reste ouverte toute la semaine, mais le jour « off » est tournant. Certains sont absents le vendredi, d’autres le mercredi, etc.

Comment compenser ?

« Pour optimiser les absences, nous avons mis en place des postes « poly- compétences ». Des salariés ont été formés afin d’être capables d’assurer 4 postes différents sur une semaine. Sur les fonctions support, on est organisé en binôme avec des jours de repos différents », détaille Susana Mendes, secrétaire générale d’Yprema.

Les commerciaux, tenus par un engagement qualité de répondre aux clients dans la demie journée, sont passés à la semaine de 4,5 jours (+10 jours de congés supplémentaires). Idem pour la direction.

Quel bilan ?

22 ans après ce passage aux 4 jours hebdo, pas question de faire machine arrière. L’entreprise tourne au final 5 jours, 44 heures par semaine. Les salariés ont gagné en compétences afin de pouvoir assurer en l’absence de leur binôme et profitent d’un jour de repos supplémentaire. Et last but not least, ils se déplacent moins donc ils participent à réduire les émissions de CO2. Une boîte verte et vertueuse, qui dit mieux ?

 

Chez Love Radius, on bosse 4 jours par semaine, 4 mois par an

L’activité : TPE fondée à Paris en 2007, spécialisée dans le portage physiologique.

 

On ne travaille pas le vendredi de mai à fin août.

 

Quel est le jour off ?

En ce moment, vous pouvez encore joindre les salariés de cette PME toulonnaise le vendredi, mais cela ne pas durer. De mai à fin aout, les 20 collaborateurs de Love Radius, spécialiste dans la vente de porte-bébés, passent en mode estival et ne travaillent pas le vendredi. A eux le rythme idéal de 4 jours de boulot, et 3 jours de repos. Le tout sans perte de salaire.

Pourquoi ce choix ?

Une aubaine qui est en effet un peu le fruit du hasard. « A la faveur d’un mois de mai riche en ponts, j’avais l’impression que ces semaines raccourcies étaient compliquées à vivre pour les salariés obligés de faire le même boulot en moins de temps. Or, leur retour était positif. Ils s’étaient organisés pour absorber le volume de travail sur moins de jours », se souvient Olivier Sâles, PDG de Love Radius. Et les collaborateurs en redemandaient. Après avoir épluché la littérature sur cet épineux sujet de la réduction du temps de travail avec maintien de salaire, le boss décide d’étendre cette néo-organisation de mai à fin août.

Comment compenser ?

« Concrètement, les salariés s’auto régulent. On fait moins de pauses, on est plus concentrés sur le résultat, donc la productivité augmente, etc. Et le vendredi, c’est repos pour tous. Un réel principe d’égalité », détaille-t-il.

Les changements d’organisation adoptés

Pour pérenniser cette organisation, Love Radius a dû veiller au fractionnement des tâches à l’échelle de la semaine. Et ce, afin que chacun puisse quitter l’entreprise le jeudi soir, avec le sentiment du devoir accompli. En termes de management, ce système impose des réunions moins fréquentes mais plus denses. « Avant chaque passage à la semaine de 4 jours, je fais une piqure de rappel sur cette période particulière de l’année afin que chacun anticipe bien la modification de sa propre organisation », souligne-t-il.

Et pourquoi pas toute l’année ?

Satisfait de ce processus émanant de son équipe, Olivier Sâles n’entend pourtant pas le généraliser aux 8 autres mois de l’année. « On perdrait ce contraste entre les périodes. Et ce serait dommage. Travailler un 5e jour par semaine nous donne du temps pour prendre du recul sur certains dossiers, de solder notre to do list… On respire », argumente-t-il.

Donner du temps plutôt que de l’argent

Au final, ce système permet à la vingtaine de salariés de profiter de 17,3 jours de temps libre en plus durant lesquels ils sont en fait dispensés de boulot. « Un avantage hyper concret», ajoute-t-il. Et une alternative à de la reconnaissance financière. Ce dirigeant qui détonne dans le paysage économique français reconnait que de toute façon, son entreprise n’aurait pas les moyens de payer des primes et surtout les charges sociales qui s’y rapportent. Cette semaine des 4 jours tombe donc à point nommé.

 

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