Ces entreprises où l’on pouvait déjà être parent sans culpabiliser

Publié le 26 septembre 2018 Mis à jour le 30 septembre 2020 Sylvie Laidet

Ras-le-bol de ne pas voir vos enfants grandir ? Alors que le congé paternité va enfin passer de 14 à 28 jours à compter de juillet 2021, certaines entreprises ont déjà pris les devants et multiplient les dispositifs en faveur de la parentalité. Paiement intégral du congé paternité, flexibilité des horaires, temps partiel sur mesure, places en crèche, coaching parental…. Pour attirer et retenir leurs salariés, parents ou futurs parents (et ainsi assurer une certaine performance économique)… revue de détails des initiatives family friendly.
Ces entreprises où l’on pouvait déjà être parent sans culpabiliser

Un congé paternité rémunéré à 100%

Le principe ? Compléter la somme issue des indemnités journalières versée par la Sécurité sociale lors de la prise des 11 jours de congé paternité. Une mesure appréciée des pères pour qui la perte financière est un réel frein dans la pose de ces jours de congé. Du coup, certaines entreprises mettent la main au porte-monnaie en payant le complément.

Où ? C’est le cas de Bouygues Immobilier mais aussi de CSP, L’Oréal pour ne citer qu’eux. ManoMano maintient le salaire de ces collaborateurs pour un congé de naissance, même en cas d’adoption.

Du télétravail facilité

Le principe ? Permettre aux parents de mieux concilier vie pro et vie perso en bossant de chez eux (ou d’un tiers lieu) limitant ainsi les temps de transports par exemple. Un bon moyen de pouvoir s’occuper des enfants en début et fin de journée.

Revers de la médaille ? Il n’est pas rare que ces collaborateurs se reconnectent le soir après le coucher des enfants.

Où ? Web-Atrio et Plantronics facilitent le télétravail pour leurs collaborateurs, notamment ceux ayant des enfants. Chez BearingPoint, à partir du 5e mois de grossesse, les femmes peuvent pratiquer le télétravail jusqu’à 5 jours par semaine. Idem, à leur retour de congé maternité. Chez ManoMano, le télétravail est à discrétion à partir de l’annonce de la grossesse et passe à 3 jours par semaine jusqu’à trois mois après le retour du parent.

Des aménagements du temps de travail pointus

Le principe ? Autoriser les collaborateurs parents à faire concilier leurs horaires de boulot avec le timing de leur vie personnelle. Sur le sujet, on trouve autant de dispositifs différents que d’entreprises. A noter, l’existence d’horaires adaptés au système de garde alternée. « Dans un grand groupe belge, les parents fonctionnant avec ce système de garde ont la possibilité d’alterner une semaine de 20 heures avec une autre de 36 heures », illustre Fabienne Raynaud, président de Goods to know lors de la présentation avec l’ORSE de l’étude «Les hommes en entreprise : regards croisés hommes-femmes ».

Où ? Chez CSP, pas d’horaires imposés. « Chaque salarié s’organise comme il le souhaite. A partir du moment où le job est fait, les horaires de travail ne sont pas un sujet », explique Aurélie Feld, présidente de CSP. Chez Plantronics, chaque collaborateur travaille lorsqu’il le souhaite et où il souhaite.

 

Des temps partiels intelligents

Le principe ? Permettre aux collaborateurs parents (mais pas que) d’adapter au mieux leur temps partiel à leur mode de vie personnelle. Par exemple, un temps partiel « vacances » permet de concentrer ses jours de travail en dehors des vacances scolaires. Et ainsi de consacrer du temps à ses enfants durant ces périodes de congés.

Où ? BearingPoint propose des forfaits jours réduits. « Le principe est que le salarié choisissant la formule temps réduit à 95% est payé 95% de son salaire brut en contrepartie de l’acquisition de 13 jours de congés supplémentaires à prendre quand il le souhaite. Par exemple pendant les vacances scolaires. Instaurée depuis 7 ans, cette formule séduit autant les hommes que les femmes - 40% de bénéficiaires sont des hommes. Les temps partiels plus traditionnels restent à 95% féminins », détaille Katy Naujoks, DRH. Mise en place également d’un « forfait réduit » à La Banque de France et de temps partiels annualisés à FranceTélévisions.

 

Des horaires de réunions sous haute surveillance

Le principe ? Exit les meeting à 8h ou 18h30 (voire plus tard), horaires auxquels les parents, notamment ceux ayant de jeunes enfants, doivent accompagner ou récupérer leur progéniture. De ne pouvoir y assister (notamment pour les femmes) pouvaient notamment pénaliser leur évolution de carrière car perçues comme peu disponibles et peu investies. En encadrant les horaires de réunion, les entreprises entendent gommer cette discrimination.

Où ? Dans la plupart des grandes entreprises, l’engagement a été pris. Est-il tenu au quotidien ?

 

Forum interne en ligne entre parents salariés

Le principe ? permettre à des collaborateurs parents d’échanger des bons plans, des coordonnées de baby-sitters, des conseils, de poser des questions…

Où ? mc2i a ainsi créé un espace qui leur est dédié sur son intranet.

 

Des places en crèche réservées

Le principe ? Déstresser les futurs parents sur le mode de garde de leur enfant à venir. Pour cela, les entreprises réservent un certain nombre de places en crèche. A charge pour les collaborateurs de postuler pour un berceau proche de son domicile ou de son travail. L’avantage : la place étant pré-réservée par la boîte, le salarié n’est pas en concurrence avec tous les autres parents candidats mais seulement avec ses potentiels collègues. Donc plus de chance de décrocher une place.

Où ? Chez BearingPoint mais aussi Renault, L’Oréal, Société Générale, SFR, Casino, etc. Les réseaux de crèches privées sont très friands de ce type de partenariat.

 

Des Cesu cofinancés pour les salariés

Le principe ? Votre employeur vous remet des Chèques Emploi Service Universels (Cesu) avec lesquels vous pouvez directement payer des salariés à domicile. Par exemple une nounou, des baby-sitters, des profs pour des cours particuliers, etc. Un coup de pouce financier non négligeable car avec ces Cesu, vous ne payez aucune charge sociale.

Où ? Chez Bouygues Immobilier, Capgemini et Carrefour par exemple.

 

Du coaching parental offert

Le principe ? Aider les collaborateurs parents et futurs parents à endosser ce rôle et à concilier au mieux vie pro et vie perso sans culpabiliser. « Cela peut passer par la mise en place de permanence avec des médecins, par exemple des pédiatres. Mais aussi par la possibilité d’accéder à une hotline pour poser toutes les questions relatives à la parentalité », souligne Jérôme Ballarin, président de l’Observatoire de l’équilibre des temps et de la parentalité en entreprise (OPE). Autre tendance : les conférences et ateliers souvent proposés sur le temps méridien autour de la thématique de la parentalité. « On travaille par exemple sur comment être parents et travailler, comment mieux profiter du temps avec ses enfants après le travail, comment gérer les écrans à la maison, etc », illustre Anne Peymirat, fondatrice de Calmer Parenting. 

Où ? EDF, TF1, Wavestone, Casino, BNP Paribas, Société Générale.

 

Des congés offerts

Le principe ? Donner plus de temps aux parents pour profiter ou s’occuper de leurs enfants. Cela passe en général par un allongement du congé paternité ou un congé de parentalité. Mais aussi des jours de congés supplémentaires pour enfants hospitalisés (Bouygues Immobilier).
Où ? Aviva France propose par exemple un congé de parentalité unique de 10 semaines (payé) pour le parent conjoint (homme et femme). Ikea France a porté à 5 semaines la durée des congés liés à l’arrivée d’un enfant. ManoMano instaure un mois de congé de naissance pour les pères ou co-parent et un mois de congé additionnel pour les mères. Depuis le 1er janvier 2020, les salariés de Novartis France, quel que soit leur genre, statut marital, et fonction dans l’organisation (cela concerne également les parents d’enfants adopté, PMA et GPA inclus), peuvent bénéficier de 16 semaines de congé parentalité« On manque de temps pour soi, on manque de temps pour sa famille et on fait un peu le papa Shiva avec 20 bras qui essaie de tout porter en même temps. Là, c’est l’occasion d’avoir un vrai moment de qualité en famille », explique Arthur Bellamy, directeur de la franchise cardio-rénal et métabolisme et membre du codir, dans l’une des vidéos où il a décidé de partager ses 4 mois d’expérience après la naissance de sa fille. Egalement depuis le début de l’année, chez eBay, tous les pères, co-parents ou parents adoptants, peuvent profiter de 12 semaines de congés rémunérés à 100% de leur salaire.

 

Des rémunérations variables maintenues.

Le principe ? Ne pas pénaliser l’avancement des femmes durant leur congé maternité voire leur congé parental.

Où ? Malgré l’absence prolongée durant une partie de l’année, CSP verse l’intégralité de leur variable à ces collaboratrices mamans. Un mois avant le départ en congé maternité et 3 mois après le retour, BearingPoint neutralise les objectifs de ces collaboratrices afin qu’elles jouissent d’un départ et d’un come back sereins.

 

Une salle d'allaitement bien équipée

Le principe ? Mettre à disposition des salles adaptées proposant tout le confort et l'intimité pour les mamans qui maintiennent l'allaitement après la reprise de leur activité salariale (canapé, coussins, frigo à bonne température pour conserver le lait tiré, matériel adéquat pour nettoyer les appareils ...).

Où ? mc2i par exemple.

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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