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Comment ce cadre a quitté Paris pour Bourges

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Farah Sadallah

09/05/2017

Des temps de transport trop longs et une famille qui s’agrandit ont amené Guillaume, ingénieur de 38 ans, à vouloir quitter Paris. C’est ainsi qu’il a demandé une mutation à Bourges, malgré une carrière prometteuse dans la capitale. Cadremploi ouvre avec ce premier portrait un dossier sur les cadres qui ont quitté Paris pour aller vivre en région.

Guillaume, originaire de la Creuse et adepte des villes paisibles, ne semblait pas prédestiné à déménager à Paris. Après y avoir rencontré sa femme, il y fait pourtant carrière pendant treize ans. Mais l’ingénieur, chef de projet dans le transport et la billettique, n’a pas résisté longtemps à l’appel de la région. C’est le cas de beaucoup d’autres cadres parisiens. Selon une étude menée par Cadremploi en juillet 2016, 80 % d’entre eux envisagent une mobilité régionale. Plusieurs raisons ont convaincu Guillaume et sa famille de quitter Paris pour Bourges, une ville moyenne située à 250 km au sud de Paris.

>> À lire aussi aussi : Parcours France, un rendez-vous pour ceux qui veulent partir travailler en régions

 

L’enfer du temps passé dans les transports à Paris

Quand il rejoint sa femme à Paris, Guillaume se rend vite compte des inconvénients d’une grande ville, à commencer par le temps passé dans les transports pour se rendre à son travail, jusqu’à 1h15 quotidienne.

Pourtant « il est très confortable de commencer sa carrière dans la capitale, on grimpe rapidement les échelons », affirme Guillaume. Les perspectives d’évolution au sein d’une entreprise sont un point fort de Paris et le couple en a bénéficié. Mais cela ne les a pas convaincus de rester.

L’arrivée de leur deuxième fille les fait réfléchir à un départ en région. L’appartement commence à se faire petit et Guillaume souhaite se rapprocher de ses parents habitant toujours la Creuse. Il mise donc sur Bourges, d’autant plus qu’ils ont déjà des amis là-bas. Ses collègues tentent de le décourager. Mais Guillaume n’en tient pas compte, contacte sa RH et demande sa mutation à Bourges, en ne sachant pas si des postes y sont ouverts. La réponse positive des ressources humaines arrive un mois après. Et Trois à quatre mois plus tard, juste avant la rentrée scolaire des enfants, la famille déménage à Bourges, chef-lieu de 68 000 habitants du département du Cher.

 

Un changement pas si facile pour la carrière de sa femme

Guillaume est muté par sa maison mère, la Société pour l’informatique industrielle (SII) dans l’une des agences régionales. L’avantage avec cette mutation, c’est qu’elle n’a pas été un choc au niveau professionnel. L’ingénieur a conservé la même direction, le même type de management et le même salaire parisien. Et il continue de travailler avec ses collègues parisiens à distance. Tout en ayant un rythme de travail moins speed et moins stressant.

En revanche, le changement de situation s’est avéré plus complexe pour sa femme.  « Elle n’a pas retrouvé de travail dans son secteur de prédilection. Elle s’est donc mise à son compte et travaille à distance », raconte l’ingénieur. Sa femme est responsable qualité produit et logistique, et fait désormais des audits dans les entreprises, une compétence assez rare dans la région selon son mari. Ce qui est plutôt confortable pour elle. Mais « la vie en entreprise lui manque », confie Guillaume. Elle retrouve néanmoins cette ambiance au sein d’une association, qui réunit dans un espace de coworking, des personnes indépendantes comme elle.

 

Un cadre de vie qu’il voulait similaire à celui de la Creuse de son enfance

Cela fait maintenant trois ans que Guillaume et sa famille vivent dans une grande maison avec un jardin à Bourges. Un cadre de vie qu’il voulait similaire à celui de la Creuse. Le couple ne regrette pas ce déménagement. « Nous aimons notre nouvelle vie ici. Tout le monde se connaît, il y a des petits commerces et beaucoup plus d’artisans. Nous vivons plus sainement, au calme et sans le stress des embouteillages », raconte Guillaume qui ne met plus que cinq minutes pour aller au travail.

6

commentaires

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Lili

30/05/2017

à 17:42

Facile quand on vise une ville pas trop attractive, qu'on est ingénieur, qu'on a un conjoint qui paye les pots cassés... ou qui s'en sort pas trop mal. En espérant que l'entreprise de Mr tienne le coup car quand on est licencié dans une ville moyenne, difficile de rebondir.

Mais le risque mérite largement d'être pris. Le jour où la fuite des cadres deviendra réelle, j'espère que les entreprises parisiennes et franciliennes cesseront de vouloir à tout prix s'empiler à Paris alors que leurs salariés n'en peuvent plus.... Après tout, les postes de cadres en milieu vraiment rural peinent à trouver preneurs, comme quoi les cadres savent refuser d'aller là où est le travail. S'ils refusaient vraiment Paris, ou cherchaient vraiment à partir?

10 ans de recherche de mobilité géographique vaine pour ma part, car métier rare + secteur compliqué + cible géographique attractive = grosse galère.... Heureusement que je n'ai pas de famille à rejoindre, un chouette boulot et que j'aime bien Paris aussi.

Je pourrais vous en raconter, des histoires de divorces, de célibat géographique au long cours (des années....), de chômage interminable, de boulots pour lesquels on est surqualifié, parce que quitter Paris (ou parvenir à ne pas y aller) est tellement difficile....

> Répondre

JeMarche

13/05/2017

à 23:08

Originaire de cette même Creuse que Guillaume, je suis allé à Paris pour poursuivre mes études...et j'y suis resté 25 ans.

Aujourd'hui, je travaille à Orléans. Fini les sympathiques transports parisiens, la pollution, les appartements étroits.
Je vis dans un beau et spacieux duplex rénové, 20 minutes pour me rendre à mon travail, un poste intéressant, à responsabilité, des locaux neufs, modernes. Et j'ai augmenté de +36% mon salaire par rapport à mon dernier poste parisien. Comme quoi, quand on a des compétences, et qu'on accepte de bouger, la province peut offrir des salaires plus élevés la région parisienne. Oui, c'est possible.

Je ne regrette rien. Paris est une belle ville que j'adore. 1H sépare les 2 villes.
Etonnamment, je profite aujourd'hui plus de Paris que lorsque je l'habitais. Il est vrai qu'avec un tel gap sur mon salaire, et un loyer 2 fois moins cher pour 2 fois plus de surface, mon pouvoir d'achat a fortement augmenté.

Mon conseil : ne comptez pas sur les fumeux cabinets de consulting en mode StartUp, en forte croissance (disent-ils). Mise à part rentrer votre CV dans leurs bases de données et vous faire miroiter un poste de "rêve" qui n'existe pas.
Faites marcher votre réseau, cherchez vous-même de belles entreprises. C'est beaucoup de travail, de recherches, d'énergie, mais ça peut transformer votre vie professionnelle, et personnelle. C'est comme la chute libre, osez vous lancer pour connaître de belles et bonnes sensations.

> Répondre

Primastone Consultant

11/05/2017

à 17:34

Bon choix .
Il est vrai que commencer sa carrière professionnelle à Paris / RP " booste" considérablement son évolution professionnelle.
C'est par la suite que cela se complique un peu ......notamment sur le plan familial , achat de sa résidence principale etc...
Beaucoup de cadres parisiens souhaitent aller travailler en province.
Il y a de belles " pépites " souvent ignorées.
J'ai beaucoup d'exemples.
Primastone Consultant.

> Répondre

Laurentsyl

10/05/2017

à 12:29

Bravo! C'est un très bon choix, tant mieux si tout se passe bien. Connaissant Bourges, c'est une ville et une région très agréable... et le Printemps de Bourges...
Peut-être qu'un jour aussi...

> Répondre

En réponse à Laurentsyl

FabriceBO

11/05/2017

à 11:29

Cher Laurensyl, il ne faut pas hésiter, au moins à se renseigner. Beaucoup de postes sont à pourvoir, 10 dans la société citée dans l'article (que je manage) , des centaines dans l'industrie locale. Et la CCI du Cher, très active, aide les conjoints à trouver un poste.

> Répondre

En réponse à Laurentsyl

Ordage

11/05/2017

à 08:33

Un retour aux sources par le biais d'une mutation au sein de la même société en province , un beau retour d'expérience.

Au plaisir de lire un retour d'expérience d'un profil en transition professionnelle dont le projet est une mobilité régionale.

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