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Comment leur vie a changé en reprenant des études à 35, 40 ou 50 ans

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Sylvie Laidet

29/01/2019

[Témoignages] La formation continue est de nouveau sur le devant de la scène avec la réforme du compte personnel de formation. Est-ce que reprendre des études et décrocher un diplôme peut changer la vie d’un cadre ? Voici 6 retours d’expérience sans filtre pour vous faire votre propre idée.

Nouveau job à l’étranger, création d'entreprise, virage de carrière, promotion interne... La formation tout au long de sa vie permet-elle de réaliser ses rêves ? C’est pour répondre à cette question que nous sommes allés à la rencontre de ceux pour qui ça l'a fait.

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Elle décroche un poste à l’étranger

Samira Boumediène, 40 ans, directrice marketing et communication Afrique, Moyen-Orient et Turquie de Symrise, Dubaï.

Le diplôme obtenu en formation continue 
Executive Master in Luxury Management à l’ESSEC en partenariat avec la SDA Bocconi School of Management, décembre 2018.

Pourquoi une telle démarche ? A l’étroit dans sa précédente entreprise spécialisée dans le monde du parfum de luxe et très axée BtoB, Samira Boumediène négocie une rupture conventionnelle. Entre octobre 2017 et décembre 2018, elle enchaine donc les cours, les déplacements, les rencontres top niveau. Le tout (environ 35 000 euros) à sa charge qu’elle a pu financer avec ses indemnités de départ.

Quels bénéfices pour sa carrière ? Dès le départ, son ambition est claire : se former pour upgrader son diplôme initial (un BTS force de vente) et décrocher un job à Dubaï. « Lors du cursus, il y avait une semaine de cours à Dubaï. J’ai choisi d’y rester trois semaines de plus afin de rencontrer des professionnels. Avec le statut d’étudiant, les mises en relation sont plus faciles », se souvient-elle. Stratégie gagnante. Elle multiplie les échanges avec des pros du luxe et du parfum, en BtoC cette fois, et décroche un poste en mai 2018. Donc avant même l’obtention de son diplôme. « Le cursus est dense et nécessite énormément de travail. Mais les cours, dispensés par des professionnels top niveau, sont très enrichissants. La promotion très multiculturelle – 21 nationalités sur 34 participants – permet de découvrir d’autres façons d’aborder le business. Ce qui m’est très utile aujourd’hui », souligne-t-elle enchantée. Elle a d’ailleurs commencé à économiser pour se lancer dans un autre programme... en formation continue.

 

J’ai découvert qu’il était possible de reprendre du plaisir dans une carrière.

 

Il crée son entreprise

Thomas Boisson, 44 ans, co-fondateur de Dooxy, Saint Clément les Places (69)

Le diplôme obtenu en formation continue

Executive MBA de l’EM Lyon

Pourquoi une telle démarche ? Après 15 ans comme manager chez un grand nom des télécommunications, cet ingénieur de formation constate qu’il a du mal à « expliquer les décisions stratégiques et les résultats financiers » à ses équipes. En interne, un manager lui conseille de se lancer dans une formation. « J’ai refusé, car j’estimais que mon bac+6 était suffisant », se souvient-il. Et puis, à la faveur d’un plan de départ volontaire, il reconsidère la question et se rend à une réunion d’informations de l’EM Lyon. « J’y ai découvert qu’il était possible de reprendre du plaisir dans une carrière. Qu’acquérir de nouvelles compétences en stratégie, en marketing, en finances mais aussi de confronter mon management intuitif à des bases plus solides, me serait utile », raconte-t-il. Il démarre alors son MBA avec en tête l’objectif de quitter l’univers des grands comptes, trop politiques, à la faveur de structures plus petites. Reprise d’entreprise, création, direction générale d’une PME, il ne sait pas encore exactement.

Quels bénéfices pour sa carrière ? Lors d’un module sur l’entrepreneuriat, il est marqué par une photo d’une personne dans un cercueil, légendée ainsi : « ça y est j’ai enfin monté ma boite ». En septembre 2015, il lance, avec une associé, Dooxy, une TPE spécialisée dans le conseil en transformation digitale. « Grâce au MBA, j’ai appris à maitriser des outils de pilotage qui me sont aujourd’hui utile dans mon entreprise. J’ai retrouvé plaisir à travailler dans un environnement en phase avec mes valeurs », conclut-il.

 

Il gagne en crédibilité et en visibilité en interne

Thierry Lartigue, 46 ans, chef de l’unité action sociale, référent handicap régionale et référent diversité et égalité de la Direccte Ile-de-France, Montreuil (93)

Le diplôme obtenu en formation continue

Le DIU Référent handicap secteur privé – secteur public de l’UPEC. (DIU signifie diplôme inter-universitaire)

Pourquoi une telle démarche ? « Il s’agissait d’abord de crédibiliser ma fonction car le métier de référent handicap n’était pas vraiment défini. Et puis, je voulais également me lancer dans la recherche sur le handicap psychique », argumente-t-il.  Après un an d’étude sur les bancs de l’université, des partiels réussis, un mémoire rédigé et la soutenance d’un cas pratique devant un jury, il termine major de sa promo et se voit remettre son DIU des mains de Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat en charge du Handicap.

Quels bénéfices pour sa carrière ? Pari réussi pour Thierry Lartigue. Depuis l’obtention de son DIU, il a gagné en visibilité et en crédibilité sur le sujet du handicap au sein de la fonction publique. Il est ainsi davantage consulté sur des projets handicap transverses. En terme d’avancement, les choses en cours. Donc à suivre. Depuis 2 ans, il est également intégré l ‘équipe pédagogique de ce DIU et vient de participer à la rédaction de l’ouvrage collectif à paraître en mars « Professionnaliser le référent handicap » (Editions Législatives). Très surpris par tant d’opportunités, Thierry Lartigue ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers. Il est en passe de décrocher la certification « Santé mentale et impact dans l’environnement social et professionnel » dispensée par l’organisme de formation Alfapsy.

Retourner apprendre est une immense source d’épanouissement personnel.

Il bétonne son CV

Franck Hervé, 40 ans, chef de produits ophtalmiques chez CORDIR (Krys Group), Bazainville (78)

Le diplôme obtenu en formation continue

MBA spécialisé en management du marketing digital, Institut Léonard de Vinci.

Pourquoi une telle démarche ? C’est pour upgrader son titre professionnel (niveau Bac+4) et décrocher un bac+5 que Franck Hervé pose un CIF-CDI et co-finance son MBA. « Je voyais qu’autour de moi, toutes les jeunes nouvelles recrues affichaient un bac+5. Quitte à me former, j’ai opté pour une spécialisation que je ne connaissais pas vraiment, le marketing digital », se souvient-il. Pendant 13 mois, il a donc alterné une semaine de cours par mois avec son boulot.

Quels bénéfices pour sa carrière ? Des résultats de son MBA, Franck voit déjà plusieurs retombées positives pour lui. « Sortir du monde professionnel, retourner apprendre est une immense source d’épanouissement personnel. J’ai découvert les entrailles d’internet, les rouages de la publicité en ligne, la robotique, etc. », illustre-t-il. Il a par ailleurs obtenu une mobilité en interne. De chef de produits ophtalmiques, il va passer chef de projet marketing (au 1er mars 2019), avec 10 à 20 % de missions en lien avec le digital. Même s’il ne veut pas nécessairement lier sa mobilité à son MBA, il est certain que cette formation va lui faciliter la tâche au quotidien. Enfin, durant son cursus, le jeune quadra a évidemment étoffé son réseau professionnel. Il échange quasi quotidiennement avec les membres de sa promo et participe aux évènements trimestriels organisés par les alumni de l’école.


Il décroche un nouveau job

Ahmed Louahlia, 51 ans, responsable pays de la planification chez Ikea, Plaisir (78)
Le diplôme obtenu en formation continue

Master Administration des entreprises de l’IAE de Caen

Pourquoi une telle démarche ? Après 15 ans passé comme ingénieur dans l’industrie, Ahmed Louahlia se retrouve sur le carreau à 40 ans après un licenciement économique. « Je ne souhaitais plus être salarié mais me mettre à mon compte. Un bilan de compétence réalisé avec l’association normande ANCRE, met en lumière mes forces et mes faiblesses. Et notamment, la nécessité de renforcer mes connaissances en gestion, comptabilité, administratif », se souvient-il. Pendant un an, il suit les cours à l’IAE de Caen. Le tout financé par la Région, Pôle emploi et le solde sur ses deniers personnels. Diplômé en juin 2010, il se rapproche de la CCI et de la Chambre des métiers pour reprendre une entreprise. Son objectif : booster la domotique dans les maisons. Et puis, la CCI lui recommande de contacter Ikea, en passe d’ouvrir un magasin à Caen. Il postule pour un poste de responsable administratif et financier et est embauché en 2011.

Quels bénéfices pour sa carrière ? Ce diplôme lui a d’abord permis d’élargir le spectre de ses compétences et donc de postuler sur des fonctions autres que purement techniques. « A cet âge-là, on aborde la formation différemment. On sait précisément ce que l’on vient y chercher et on est capable de se projeter dans le concret », insiste-t-il. Convaincu que rien n’est jamais acquis et que l’essentiel est de « bouger et se remettre en question », il continue aujourd’hui à se former. Notamment en développement personnel pour renforcer son leadership et sa communication.

 

Elle découvre un nouveau métier

Christelle Thomert, 34 ans, scrum master chez Aubay France, Gennevilliers (93)

Le diplôme obtenu en formation continue

Master 2 en organisation et conduite du changement au CNAM

 Pourquoi une telle démarche ? A l’époque, son job de chargée de clientèle en assurance ne lui convient plus vraiment. A la faveur de l’implémentation d’un CRM dans son entreprise, elle découvre la conduite du changement. Et décide de partir en formation continue via un CIF. Après 6 mois de formation au CNAM, 6 mois de stage chez PSA et la soutenance de son mémoire, le tout en cherchant un nouveau job, elle décroche son M2.

Quels bénéfices pour sa carrière ? « Impossible de devenir consultante en conduite du changement dans une ESN sans bac+5. Mon master m’a donc clairement ouvert les portes de ce type de fonction », raconte-t-elle volontiers. Outre les compétences techniques, son retour sur les bancs de l’université, a dopé son capital confiance et a développé chez elle la posture de consultante. A la clé, un gain salarial de l’ordre de 30 %. De fil en aiguille, la jeune femme découvre de nouveaux modes de travail. Notamment la méthode agile. Elle est désormais scrum master et ambitionne de devenir coach agile.

 

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