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Coralie Rachet, DG France de Robert Walters : « Nous négocions des salaires à la hausse pour nos candidats »

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Propos recueillis par Sylvia Di Pasquale

27/01/2020- réactualisé le 30/01/2020

[Podcast] Décrocher le salaire du "haut" de la fourchette (et non du "bas"), vous en rêvez ? Nous avons interrogé la DG France de Robert Walters à l’occasion de la parution de l'étude annuelle de rémunération* du cabinet. Dans cette interview, Coralie Rachet expose les arguments qui tiltent en faveur des candidats. Et explique comment un cabinet de recrutement peut négocier à votre place un salaire à la hausse au moment d’un changement de poste.

Comment décrocher un salaire du "haut" de fourchette (et non pas du "bas") ?

Coralie Rachet est formelle : « Changez de poste ! Car les hauts de fourchette se décrochent en prenant des risques. » La récente étude de rémunération publiée par Robert Walters* indique des montants sur lesquels vous pouvez vous appuyer, même s’ils méritent d’être affinés en fonction de la localisation notamment.

Pour atteindre les salaires les plus élevés dans votre fonction, quel que soit votre secteur, l’experte en recrutement conseille de définir ce que vous faites de différenciant dans votre entreprise :

  • Vous avez géré avec succès des projets transverses, parlez-en !
  • Vous avez automatisé des tâches dans votre service et libéré du temps utile à vos collaborateurs, chiffrez-le et parlez de ROI.
  • Si vous occupez une fonction technique, détaillez votre habileté à coopérer avec d’autres services. C’est différenciant car c’est souvent ce qui manque à ces profils.
  • Autre argument qui tilte pour viser le haut de la fourchette : votre capacité à coopter. C’est-à-dire à attirer des talents dans l’entreprise, voire dans votre équipe et à leur donner envie de travailler avec vous.
  • Si vous avez travaillé sur des plans de succession, parlez-en aussi car cela vous valorise.

 

Nous connaissons les intérêts des deux parties.

 

Un cabinet de recrutement peut-il m'obtenir un salaire plus haut que si je passe en direct ?

« Oui, c’est notre job, sourit Coralie Rachet. On est hyper efficace sur ce sujet car nous sommes neutres ». Même si c’est le client qui paie au final ? « Oui car nous connaissons les intérêts des deux parties », argumente la DG. D’ailleurs 70% des entreprises ont réévalué les salaires proposés, notamment grâce à nos conseils.»

  • « En amont, nous évaluons avec le candidat son juste prix dans une optique de gestion de carrière. Nous sommes un agent de candidat, comme dans le sport de haut niveau. » Le cabinet aide le cadre à évaluer sa valeur sur le marché, le conseille sur sa compatibilité à tel ou tel secteur ou l’incite à renforcer ses compétences notamment. Inutile de mentir sur votre salaire, le cabinet connait tout votre package et l’a décomposé. « Le candidat évite ainsi d’aborder ces sujets avec le futur employeur, nous le faisons à sa place. »

  • « Côté clients, nous les confrontons à la réalité. Pour attirer sur des fonctions clés, nous les poussons à investir quand c'est nécessaire , reconnaît Coralie Rachet.  Nous nous assurons qu’il ne fait ni du rabais, ni de l’inflation de salaire. Ce que nous déconseillons à nos clients : négocier outre mesure le salaire d’un candidat qui n’est pas un bon négociateur. Ça peut donner au client la satisfaction d’avoir fait une bonne affaire mais ça ne fait pas les bons recrutements, au contraire cela peut créer des frustrations. Et des départs anticipés. »  

 

Y-a-t-il des soft skills qui donnent de la valeur à un candidat ?

L’authenticité. Mais aussi la capacité à être concret et factuel. Sur la forme, nul besoin de faire son auto-promotion, conseille Coralie Rachet. Les recruteurs voient les mini signaux et n’ont pas besoin qu’on les leur surlignent. « L’humilité est une qualité qui donne envie », estime-t-elle. Faites plutôt parler les patrons ou vos pairs qui ont fait un bon feedback sur vous.  

 

Faut-il parler salaire dès le premier entretien ?

Si décrocher une meilleure rémunération est votre critère prioritaire, il faut être capable de justifier cette attente dès le premier entretien, sans attendre les suivants. Même s’il faut s’adapter à son interlocuteur car tous ne sont pas capables d’entendre la même chose… Profitez de l’overview du premier entretien – sur vos expériences et vos compétences  – pour aborder le sujet de la rémunération :  où vous en êtes en termes de rémunération, quel est votre package actuel et celui que vous visez. C’est à ce moment-là qu’il faut exposer vos attentes – vous en avez le droit – afin qu’il n’y ait pas une déconnection trop forte entre vos attentes et ce que propose l’entreprise.

 

Nous sommes un agent de candidats, comme dans le sport de haut niveau.

 

 

Est-ce vrai que je peux gagner plus si je change de job en 2020 ? A quelles conditions ?

« Mon conseil est de tester d’abord l’interne avant de songer à partir. Si le salaire est un sujet crucial pour vous, exprimez-le d’abord à votre employeur actuel sans être menaçant ! Je préconise la méthode douce. Dites que vous êtes à tel niveau de rémunération, que c’est un sujet important pour vous et qu’il pourrait être la cause d’un départ.»

Si vous changez de poste en 2020, vous pouvez viser en moyenne 10% de rémunération en plus. Dans certains métiers comme l’immobilier, on monte à +22% avec des bonus garantis.

 

Dans quel cas refuser un poste à cause d'un salaire trop bas ?

Globalement, Coralie Rachet conseille de ne pas accepter un salaire trop bas. Cependant elle recommande de réfléchir dans plusieurs cas :  

  •  Le poste vous permet d’acquérir de nouvelles compétences qui vont valoriser votre profil.
  • Le poste offre une promotion à moyen terme. « J’ai un exemple récent de DRH adjoint qui a pris un poste qui lui permet de se projeter en tant que DRH. Le rôle du cabinet dans ce cas est de challenger le client pour rassurer le candidat :  Est-ce un départ en retraite ? Quel plan de succession est en cours ? etc.»
  • Le poste vous permet de gagner en pouvoir d’achat car il se situe dans une région qui vous fait rêver et où le coût de la vie est moindre (prix de l’immobilier, des frais de garde d’enfant, etc.)

« Ce que j’observe actuellement, c’est qu’une mobilité Paris-Province ne fait pas baisser la rémunération mais la stabilise. »

 

Chercher un poste « qui a du sens », est-ce qu’on peut en parler ?

« Oui et je questionne systématiquement ce sujet de quête de sens pour vérifier que le candidat n’essaie pas de coller à une mode. Si sa fibre humaniste est très forte, je lui rappelle qu’il est sain d’avoir des activités parallèles à son travail, dans des associations par exemple. Certaines entreprises, comme PwC par exemple, permettent d’ailleurs à leurs salariés de s’impliquer pro bono dans des associations sur des sujets sociétaux. Aujourd’hui, tous les secteurs travaillent sur leur raison d’être. Aux candidats d’exprimer leurs envies de s’impliquer dans des actions responsables pour la planète, la diversité, etc.»

Y-a-t-il des employeurs qui négocient à la hausse les salaires des profils « rares » ?

Oui, confirme Coralie Rachet. « En 2020, les entreprises individualisent davantage les rémunérations. Nous voyons des surenchères sur des profils rares, même dans les grandes entreprises dotées de grilles de salaire. Néanmoins, les PME gardent plus de flexibilité. C’est plus facile pour elles de faire des exceptions. D’ailleurs, c’est aussi plus faciles pour elles de recruter car les jeunes sont beaucoup moins attirés par les start-up. Les promesses ont été déçues. »

* Etude de rémunération 2020 Robert Walters, janvier 2020.

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