Coronavirus : le DRH du groupe Rémy Cointreau raconte sa semaine sur le front

Publié le 23 mars 2020 Sylvia Di Pasquale

PODCAST - Alors que la France vit au rythme du coronavirus, nous avons joint par téléphone Marc-Henri Bernard, le DRH du groupe Rémy Cointreau, une multinationale de 2000 personnes qui produit et distribue des spiritueux à travers le monde. Il nous raconte sa première semaine très particulière où il a dû organiser, depuis chez lui, les mises au chômage partiel et le passage au télétravail des 750 salariés basés en France. Tout en participant, en parallèle, aux réunions des cellules de crise qui préparent déjà l'après confinement.
Coronavirus : le DRH du groupe Rémy Cointreau raconte sa semaine sur le front

Le groupe Rémy Cointreau fabrique et distribue des marques de spiritueux d’exception. Il emploie 2000 personnes à travers le monde, dont 750 en France.  98% de son chiffre d’affaires est réalisé à l’international.

Fermeture des sites de production et passage en télétravail des salariés

Les sites de production sont fermés depuis mardi dernier. « Cela représente un effectif de 400 personnes pour le site d’Angers, et 200 à Cognac ». Une fermeture que le DRH du groupe, Marc-Henri Bernard a géré à distance. « La moitié du personnel de ces sites est en télétravail – 200 personnes à Cognac et 120 à Angers – et l’autre partie est en chômage partiel, puisque les métiers d’opérateurs de production ne peuvent se faire à la maison. »

Garder le lien

Depuis, il est en contact permanent avec son équipe de la DRH centrale (5 personnes hors équipe talents), mais aussi avec tous les DRH des sites du groupe. Il s’agit de garder sur le pont des fonctions stratégiques (support informatique) et de gérer le télétravail à temps partiel d’autres fonctions support au ralenti (chef de produit qui travaille avec l’Asie par exemple).

Cellules de crise France et monde

Le plan de continuité d’activité a été activé il y a plus de trois semaines. Le directeur des ressources humaines de Rémy Cointreau participe aux cellules de crise «  mises en place début de semaine dernière ». Et les décisions s’y prennent au jour le jour, en fonction des mesures de confinement.

Comex quotidiens

Il participe aussi aux réunions du Comex devenu quotidiennes. « On les tient à 13h30, pour que nos collègues chinois ou américains n’aient pas besoin de se lever en pleine nuit pour se brancher sur Skype. » Dans ces réunions s’élabore déjà l’après crise, « que nous n’envisageons pas avant 30 jours, voire 45 ».

Préparer l’après-confinement

Un après qu’il convient de préparer minutieusement. Car on ne redémarre pas une unité de production en manipulant un simple interrupteur. « Il y a au moins 3 jours de remise en route ». Des opérations qu’il prévoit avec ses collègues du comex. « Des collègues que je n’ai jamais vus aussi souvent », sourit le DRH confiné. Comme quoi l’éloignement favorise parfois le rapprochement.

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Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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