1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'actualité de l'emploi >
  4. Coronavirus - Les recrutements sont-ils tous à l'arrêt ?

Coronavirus - Les recrutements sont-ils tous à l'arrêt ?

coronavirus---les-recrutements-sont-ils-tous-a-larret--

G. Guiomard, M. Holtz, S. Keo, S. Di Pasquale

21/03/2020- réactualisé le 23/03/2020

TÉMOIGNAGES - Depuis l’annonce des mesures de confinement pour éviter la propagation du coronavirus, l’activité économique est au ralenti en France. On ne va pas se mentir : la grande majorité des recrutements ont été gelés cette semaine. Et pourtant, certaines entreprises n’ont pas stoppé leurs recrutements de cadres. Elles préparent l’après-crise sanitaire et ne veulent pas interrompre des processus en cours. Notamment pour des métiers pénuriques et les secteurs non concernés par le confinement. Nous voulions vous faire partager ces échanges avec les professionnels du marché du recrutement qui détaillent l’impact de la crise sanitaire sur leurs missions de recherche de profils. Voici leurs témoignages qui prouvent que certains d'entre vous peuvent toujours recevoir l'appel d'un chasseur.

Les professionnels du recrutement parlent l’impact de la crise sanitaire sur leurs missions de recherches de profils.

Les professionnels interviewés :

  1. Hymane Ben Aoun, Aravati
  2. Isabelle Bastide, Page group
  3. Laurent Da Silva, Spring Professional, Badenoch + Clark (groupe Adecco)
  4. Gwenaël Perrot, Groupe Lincoln
  5. Lionel Deshors, groupe CCLD
  6. Stéphane Salto, recruteur indépendant à Lyon
  7. Eric Gandibleu, Maesina
  8. Maryvonne Labeille, Labeille Conseil
  9. Antoine Morgaut, Robert Walters
  10. Ollivier Lemal, EIM (management de transition)

Hymane Ben Aoun

Dg d’Aravati, groupe TeamInside

[Au 20/3/2020] Passée en une semaine du télétravail à temps partiel sur la base du volontariat à temps complet, l’équipe de chargés de recherche du cabinet Aravati enchaînent réunions, pauses récréations et planning. « En visioconférence bien sûr », explique Hymane Ben Aoun.

Une agilité testée et adoptée pendant les récentes grèves. Grâce à cette dématérialisation des taches, le cabinet reste disponible pour toute demande. Sur les 36 missions en cours, une seule a été annulée concernant un poste de responsable des partenariats chez Hub Institute, dans le domaine de l’événementiel. A date donc, l’activité tourne au ralenti mais tourne tout de même. « Un client a rencontré en visioconférence trois candidats pour un poste de manager e-commerce pour une marque de mode. Mais il bloque tout, tant qu’il ne peut les voir physiquement, même s’il a déjà une préférence pour l’un d’entre eux », raconte Hymane Ben Aoun. Patience donc.

Mais ce confinement réserve encore des surprises. « Hier, j’ai eu une nouvelle demande de chasse pour un poste de commercial en province. Ma cliente veut être prête au moment où son activité reprendra. Dans la même journée, un patron m’a appelé pour m’annoncer que nous avions remporté un appel d’offre. Dès que la situation sera débloquée, nous aurons les recrutements », assure la DG d’Aravati. Parallèlement, certaines missions continuent en social media, notamment, chez L’Oréal Paris ou pour un opérateur télécom sur un poste de management de transition sur la TV adressable.

De quoi occuper et rémunérer les collaborateurs en attendant un regain d’activité dans « le secteur du commercial, le business des partenariats – dès qu’il va falloir communiquer à nouveau – et l’e-commerce », estime la dirigeante du cabinet. S.K.

 

Isabelle Bastide

DG France de PageGroup

[Au 20/3/2020] Chez Page Group, les collaborateurs sont également passés en télétravail intégral et communiquent via « Skype, Whatsapp ou encore Teams, qui permettent d'échanger également en visioconférence et de garder le lien », explique Isabelle Bastide. 

La DG de PageGroup reconnait que les premiers impacts économiques se font sentir, « mais les mesures de confinement mises en place laissent espérer un retour à la normale à échéance d'un mois ou deux. Les entreprises doivent donc rester "armées" tant pour contrecarrer les effets du retournement économique temporaire que pour mieux rebondir dès la sortie de crise. » C’est pourquoi certaines continuent de recruter : « typiquement, sur les métiers de la vente en ligne et les métiers qui y sont liés (marketing digital, IT, logistique, relation client, ...), les recrutements ne faiblissent pas et nous continuons d'enregistrer des demandes pour répondre à la demande des consommateurs, confinés chez eux.

Isabelle Bastide note aussi un rebond sur des profils juridiques. « Il s’agit d'encadrer au mieux tant la gestion des ressources humaines en lien avec la crise sanitaire que les répercussions des mesures annoncées par le gouvernement. »

Les entretiens d’embauche se feront en video, une pratique courante depuis plus de 2 ans chez PageGroup. « Disons que seul le décor de fond peut changer, le consultant comme le candidat se trouvent dans leur environnement privé au lieu d'une salle d'entretien plus formelle et plus neutre. » Isabelle Bastide reconnaît comme ses confrères une visibilité limitée. « Tous les secteurs ne réagissent pas de la même manière. Quant à savoir si le volume de projets de recrutement va connaître un ralentissement ou non au global, l'avenir nous le dira. Cela dépendra notamment de la durée de la crise sanitaire ! » S. D. P.

 

Laurent Da Silva

Directeur des activités Recrutement cadre et travail temporaire spécialisé de The Adecco Group en France (Spring Professional, Badenoch + Clark)

[Au 20/3/2020] En tant que patron des activités recrutement et management de transition, il est en première ligne et ne cache pas l’étendue des dégâts. « Nous digérons le tsunami. Tous mes confrères en conviennent, nous enregistrons une baisse de 60 à 70 % de l’activité recrutement en ce moment ». Et pourtant, jusqu’à vendredi dernier, tout se passait à peu près bien. « Nous signions encore de nouvelles missions, malgré l’annonce de fermeture des écoles ». Et puis lundi, la chute est arrivée, brutale et impressionnante. La majorité des recrutements ont été suspendus ou annulés. »

Pourtant, dans cet océan de reports et d’annulations de recrutements, quelques ilots de missions subsistent. « Dans l’agroalimentaire, la logistique, l’industrie et, surtout, dans l’IT notamment la cybersécurité. » Une demande digitale normale en ces temps de développement maximum du télétravail, ou plus que jamais la sécurité informatique, devenue nomade, doit être adaptée.

« Dans l’intérim management, nous  recherchons aussi des managers de transition capable de démarrer immédiatement sur des secteurs clés de l’économie : dans l’agroalimentaire, la logistique, la téléphonie par exemple car il faut assurer la continuité économique. Comme en Italie qui a réussi à maintenir 90 % de sa production industrielle, même si elle tourne à minima. »

Laurent Da Silva constate que « certains recruteurs, anticipant déjà l’après-crise, sont prêts à poursuivre des recrutements avec « arrivée en septembre » même s’il précise qu’ils forment une minorité.

Encore faut-il être à même de trouver des candidats. « C’est vrai que les candidatures sont en très grosse baisse. Les candidats n’ont pas l’esprit à postuler et cela se comprend. De plus, nombre de cadres qui souhaitaient changer d’entreprise font marche arrière, parfois à quelques jours seulement de leur prise de poste ».

Mais d’autres restent ouverts au changement, explique Laurent Da Silva. « Il faut prendre le temps de leur expliquer et de les rassurer que ce n’est pas un poste pour avril mais pour septembre. La crise sera derrière nous et on sera en train de profiter d’un plan Marshall pour l’économie. Certains poursuivent la discussion, de toute façon ça ne les engage à rien. » En attendant, Laurent Da Silva  prévoit un mois d’avril plus sombre encore que ce mois de mars. S.D.P.

 

Gwenaël Perrot

Associé au sein du cabinet Lincoln

[Au 20/3/2020] « A ce stade, estime Gwenaël Perrot, il n’y a pas un secteur qui est plus touché qu’un autre. » Ce vendredi 20 mars, dans ce cabinet qui couvre les secteurs de l'industrie, des services, de la distribution et de l'immobilier, les missions continuent mais l’attentisme règne comme chez ses confrères. « Nous sentons que les recruteurs se disent qu’il ne faut peut-être pas tout arrêter du jour au lendemain même si on ne sait pas quand il y aura un après. » Parmi les bonnes nouvelles reçues ce matin, « un grand groupe hôtelier recherche un profil de middle manager en finance, un groupe media recherche son patron de la stratégie digitale… » Les entreprises qui poursuivent leurs recrutements ne voient pas d’inconvénients à finaliser leurs embauches sans même avoir rencontré les candidats, confirme le consultant, « et cela concerne des profils de haut niveau, sauf les cadres dirigeants. » Switcher les entretiens physiques en entretien visio n’est pas une nouveauté. « On verra en fonction de la durée de la crise comment on finalise. » Car les freins viendront sans doute des candidats qui hésiteront sans doute à démissionner compte tenu du contexte. M.H.

Lionel Deshors

Président du cabinet de recrutement groupe CCLD (recrutements dans les fonctions commerciales).

[Au 20/3/2020] Lionel Deshors aborde cette crise du coronavirus relativement « confiant ». Egalement président délégué de DCF Grand Paris (Dirigeants commerciaux de France), il connaît bien le marché.

« CCLD est un cabinet de recrutement spécialisé dans la fonction commerciale pour des grands groupes. Ceci explique pourquoi 70 % des 550 missions ouvertes vendredi dernier sont toujours ouvertes une semaine plus tard. Nos clients-employeurs entendent poursuivre leurs recherches de candidats. J’observe chez eux un volontarisme pour maintenir leurs activités de recrutements. Ils ont conscience que tout arrêter leur serait préjudiciable et demanderait, en fin de crise, 3 mois pour revenir à la normale ».

Car l’ensemble des entreprises de France connait des difficultés à recruter des forces commerciales essentielles au développement des chiffres d’affaires. Le marché de l’emploi de ces cadres est même pénurique avec quelque 150 000 commerciaux à recruter chaque année. « Bref, nos clients, qu’ils travaillent dans la banque, la grande distribution ou dans des secteurs confinés comme la cosmétique ou la distribution spécialisée ont donné l’ordre de poursuivre leurs recrutements. D’autant plus que cela fait 5 ans qu’ils acceptent de recruter par visio-conférence sans voir leurs candidats de visu. C’est aussi notre cas. Nous venons, cette semaine, de conclure deux embauches de candidats pour des postes de consultants en recrutement que nous n’aurons pas rencontré physiquement. C’est devenu quelque chose de classique et nos analyses statistiques montrent qu’il n’y a pas d’écart entre des candidats rencontrés en face à face par rapport à des candidats analysés par écran interposé. Enfin, ce vendredi 20 mars, 5 jours après les mesures de confinement, nous avons reçu deux missions à réaliser : l’une concerne un directeur d’agence pour un grossiste en agroalimentaire et l’autre un commercial grand compte pour une société de de facillity management. Dernièrement, le géant de la distribution Lidl nous a aussi confié une mission de recherche d’un responsable de développement immobilier. Toutes ces missions ne sont pas concernées par la crise actuelle ». G.G.

 

Stéphane Salto

Consultant indépendant à Lyon

[Au 20/3/2020] En région aussi, la situation est tendue. Stéphane Salto, recruteur indépendant basé à Lyon, en témoigne. « C’est difficile, évidemment, mais je remarque que de nombreux projets de recrutement ne sont pas annulés mais gelés. » Des gels qui témoignent d’une certaine confiance en l’avenir de la part des entreprises. « En attendant la reprise, on ne rencontre plus de candidats. »

En revanche, certains secteurs, et certains métiers n’attendent pas, car leurs projets se bâtissent à moyen terme, bien au-delà d’un confinement. C’est le cas de la promotion immobilière selon lui : « des directeurs de projet, de programme et de développement foncier sont toujours en cours de recrutement ». D’autres secteurs recrutent pour continuer d’assurer leur service à très court terme, comme les télécoms. « Ils recherchent des informaticiens plutôt spécialisés dans le hardware, car ils doivent faire face immédiatement à des problèmes d’infrastructures très sollicitées en ce moment ». Des postes à pourvoir pour des managers de transition opérationnels immédiatement. M.H.

 

Eric Gandibleu

Président de Maesina international search (200 missions par an dont 50 % en commercial et 50 % en marketing)

[Au 20/3/2020] « Je suis surpris et ravi. 90 % de nos missions ont été confirmées. Elles ne sont pas stoppées mais mises en stand-bye. Nos donneurs d’ordre, contactés dès lundi, nous ont précisé, toute la semaine, que l’on devait poursuivre les missions en cours. Rien n’est gelé. C’est l’essentiel. Par contre, depuis cette semaine, aucune nouvelle mission n’est rentrée. C’est le calme plat et nos consultants, tous équipés pour travailler à distance, recherchent des candidats, en interviewent. Ces derniers sont aussi dans l’expectative. 20 % environ ont annulé nos entretiens d’embauche ne sachant pas à quelle sauce ils allaient être mangé. Finalement, ce pourcentage est assez faible ».

Pour le patron de Maesina, l’avenir ne s’annonce cependant pas rose. « Je suis persuadé que cette crise va conduire à un gel des embauches. J’ai connu toutes les crises du recrutement. En 1991, les entreprises-clientes étaient mal organisées, peu rentables. Le gel des recrutements a été brutal. Nous avons beaucoup souffert. En 2000, la crise a été passagère alors que celle de 2008 a été d’une très grande brutalité, un véritable cataclysme avec notre CA ayant diminué de 70 % de septembre 2008 à septembre 2009. Celle de 2020 est plus difficile à définir. Le gel des recrutements n’a pas été décrété. C’est un bon signe. Je touche du bois pour que les entreprises ne fassent pas de stop and go. Et qu’elles comprennent que l’arrêt brutal des embauches puis leur redémarrage, est une très mauvaise façon de faire. Notre économie a besoin de compétences de haut niveau mais un client vient de me préciser aussi que son CA de la semaine dernière a chuté de 90 %. Conclusion : s’il n’y a pas d’argent, les recrutements ne se feront pas. Reste qu’il faut demeurer optimiste. Aucun de mes clients ne m’a ordonné de tout arrêter. J’en suis le premier content mais aussi le premier surpris ». G.G.

 

Maryvonne Labeille

PDG de Labeille conseil (100 missions par an dans l’hôtellerie-restauration-tourisme, retail, agroalimentaire et santé). Elle est aussi vice-présidente de Syntec Conseil en recrutement.

[Au 20/3/2020] « L’ensemble de mes équipes est en télétravail et bientôt en chômage partiel. Depuis mercredi 18 mars, nous maintenons nos missions en cours. C’est bien, mais la baisse d’activité ayant débuté avant les mesures de confinement, notre CA de mars devrait baisser de 50-60 % en phase avec le CA de bon nombre de mes collègues recruteurs. Il y a cependant des secteurs plus sinistrés que d’autres comme l’hôtellerie-restauration et d’autres où le volume de missions se maintient comme dans la distribution alimentaire, l’agroalimentaire et la santé ».

Heureusement, Maryvonne Labeille mise sur un marché du recrutement qui tenait une forme olympique avant le développement de ce coronavirus. Le recrutement des cadres était ainsi tendu avec un chômage des cols blancs ne dépassant pas 3 % en France et 2,5 % en Ile-de-France. Soit le plein emploi. « C’est rassurant, précise-t-elle. Car j’ai le sentiment que les employeurs veulent maintenir un niveau de recrutement élevé dans un contexte de rareté des talents. C’est certes une crise majeure mais mes clients ne veulent pas rater la reprise en ayant gelé leurs recrutements. De plus, les départs en retraite, nombreux, nous permettent de maintenir des missions de fonction clé à remplacer comme ce directeur pour un acteur de la santé ou ce directeur administratif et financier d’une entreprise en pleine santé.

Reste un dernier élément. Nous nous sommes diversifiés dans le conseil RH. Cette activité n’est pas, pour l’instant, impactée. Le développement de collaborateurs est maintenu. Nous développons ces cursus à distance. Cela nous maintient à flot même si la crise 2020 est particulièrement brutale avec des hôtels, des restaurants fermés du jour au lendemain. C’est, pour nous, du jamais vu ». G.G.

Antoine Morgaut

PDG Robert Walters, EMEA et Amériques et président de Syntec Conseil en recrutement

[Au 20/3/2020] « Nous observons deux tendances à ce jour : d’un côté des entreprises qui gèlent leur recrutement (pour notre cabinet, la baisse d’activité en avril sera probablement supérieure à 25 %). Et d’autre part, des recrutements qui continuent, certes a minima mais je vous confirme que nous avons enregistré de nouvelles missions cette semaine. Car certaines entreprises estiment que c’est une période favorable puisque les sollicitations sont moins nombreuses. Elles se disent que dans trois mois, c’est fini et veulent entrer en contact avec des candidats pendant le confinement. Et il est vrai qu’il y a de très beaux profils disponibles, dont parmi eux des cadres qui venaient de démissionner puisque le marché était redevenu fluide avant cette crise.

Mais côté candidats, j’observe de l’attentisme. L’incertitude de la période ne les incite pas à quitter leur job et cela se comprend. Juridiquement, rien n’empêche de finaliser un recrutement sans se voir physiquement, reste qu’il est préférable de se voir. De même, quand un candidat donne sa démission, il est préférable qu’il soit face à la DRH.

La bonne nouvelle sur la planète, c’est que le Japon se porte bien, que l’Asie du Sud-Est ne s’en sort pas trop mal et que la Chine commence à rebondir. Ce que l’on a vécu en Asie, c’est qu’il y a eu un premier cycle de gel. C’est au bout de deux ou trois semaines seulement que les candidats ont pris conscience du fait que la vie continue, que tout va reprendre et que, s’ils sont envie de changer de job, le marché reste vivace. » S.D.P.

Ollivier Lemal

Associé gérant et directeur du bureau français du cabinet de management de transition EIM (150 missions par an)

[Au 23/3/2020] « Pour l’instant, nous avons été peu impactés par la crise sanitaire que nous sommes en train de vivre. On évalue cela à une baisse de 20 à 25 % de notre activité, précise Ollivier Lemal, le dirigeant de EIM. Cette structure est à l’origine du concept de management de transition. Ces professionnels du recrutement proposent à leurs clients de mettre à disposition des spécialistes pour gérer ponctuellement, contre rémunérations, une problématique, un développement ou une crise.

« En ce mois de mars 2020, 3 missions sur 12 ont été repoussées, ajoute Ollivier Lemal. Elles ont été décalées dans le temps, pas supprimées. Nous constatons que les chefs d’entreprise structurent leurs affaires pour faire face à cette crise. C’est remarquable. En ce qui concerne EIM France, si on fait habituellement 10-15 missions par mois, nous en avons réalisés 8-10 en mars. Notre activité se poursuit donc avec, cependant, un marché très contrasté. Ce dernier alterne des secteurs maintenant leur production comme dans les services aux business to business ou au business pour les consommateurs avec des branches d’activités comme la distribution spécialisée qui ont fermé avec des usines à l’arrêt ».

Pour le mois d’avril 2020, Ollivier Lemal est plus inquiet. « Car nous assistons à une baisse de nos demandes de management de transition pour les prochains mois. La baisse est alors de 50 % par rapport à la normale. Les patrons sont dans l’expectative. De la part des entreprises, on assiste aussi à un basculement des demandes de missions de transformation sur le long terme vers un management de transition de très court terme. La préoccupation des chefs d’entreprise est aujourd’hui de payer les salaires alors que les chiffres d’affaire diminuent. Nous gérons ainsi deux missions en urgence pour soutenir une équipe sur le plan financier. C’est la situation la plus demandée. Nous leur offrons alors des spécialistes de la trésorerie, de la négociation bancaire, des discussions avec les pouvoirs publics pour, par exemple, étaler le paiement des charges sociales, des managers de transition faisant de la prévision de trésorerie. Ce phénomène va s’amplifier. Nous préconisons cependant aux dirigeants de se préparer à une reprise en V. Quand le confinement s’arrêtera, le plus tôt sera le mieux, les entreprises devront être en mesure de disposer de stocks de produits pour satisfaire la demande, pour reprendre voire améliorer sa part de marché. Cela signifie anticiper cette reprise, disposer de stocks et peaufiner la gestion de son flux logistique. Il ne faut donc pas arrêter la production ni les machines. Ceux qui vont le mieux repartir auront anticipé et bien géré leur supply chain pour être présent sur les marchés quand ceux-ci reprendront ». G.G.

Il n'y a pas de

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

Soyez le premier à commenter cet article.

+