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Course à l’emploi : mieux vaut être diplômé et bien né

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Gilles Boulot

04/05/2018

C’est la conclusion de la vaste enquête que le Céreq vient de publier. Chiffres à l’appui, elle relève les vraies disparités du monde de l’emploi, pour en finir une fois pour toutes avec l’idée reçue qu’il ne sert à rien de faire de longues études.

Parfois, l’attente est éclairante. Ainsi, le Céreq livre aujourd’hui des conclusions d’une enquête* menée auprès d’étudiants entrés dans le monde du travail en 2010. Sauf que le Centre d'études et de recherches sur les qualifications ne s’est pas contenté de les interroger à la sortie des cours, il en a suivi entre 20 000 et 55 000 d’entre eux pendant sept ans, et a comparé leurs conditions d’insertion avec celles de leurs ainés, qui ont quitté les bancs de l’école en 1992 et 1998. Et si les résultats de cette vaste enquête comparative baptisée « Génération » ne révèlent pas de scoops, ils renseignent sur les évolutions d’une génération à l’autre, d’un milieu social à l’autre, et d’un niveau d’études à l’autre.

Nous en avons tiré 6 enseignements :

1)     Les grands perdants sont les sans diplômes

Si toute une génération a subi les contrecoups de la crise, il en est une partie beaucoup plus gravement touchée. Ce sont les sans diplômes, ou faiblement diplômés, puisque c’est ainsi que le Cereq définit ceux qui n’ont en poche que leur seul brevet des collèges. 50 % de ces derniers sont au chômage ou sans activité (même pas inscrits à Pôle emploi) cinq ans après leur sortie de l’école. Petit rappel toujours utile à destination de ceux qui persistent à prétendre que les études sont inutiles : ces non actifs ne sont que 10% parmi ceux qui ont fait des études supérieures.

>> Lire aussi : Jeunes diplômés 2018 : les sciences humaines font un carton

2)     Salaires : ils baissent chez les "grands" diplômés, augmentent chez les "petits", mais l'écart reste grand

Reste que les diplômés du supérieur ne sont pas les seuls gagnants de la course au job. Du moins en termes d’évolution de revenus. Entre 1992 et 2010, les salaires mensuels sont en hausse de 170 euros cinq ans après l’arrivée sur le marché du travail, tous diplômes confondus. Mais pas pour tout le monde. Et c’est l’une des grandes leçons de cette enquête. Tous les diplômés de troisième cycle (doctorants, ingénieurs, écoles de commerces, masters ou licence) ont vu leurs émoluments baisser (de 220 euros pour les diplômés des grandes écoles). A l’inverse, les titulaires de CAP/BEP, bac général ou Bac Pro ont vu les leurs augmenter (de 200 euros pour les CAP/BEP). Pour autant, ces deux extrêmes ne sont pas près de se rattraper et le salaire d’un diplômé de grande école avec cinq ans d’expérience reste largement au-dessus de celui d’un chaudronnier de même ancienneté. Et même dès la sortie de l’école, leurs revenus sont sans commun rapport. Selon l’Insee, le salaire moyen mensuel constaté sur le marché pour un titulaire d’un diplôme du second cycle (CAP/BEP, Bac et Bac Pro) est compris entre 1 100 et 1 300 euros, alors qu’il atteint 2 650 euros la même année pour un diplômé d’une grande école de commerce ou d'ingénieurs, selon l'Apec.

 

3)     Origines sociales : l’insertion des enfants de cadres toujours plus aisée

Quel que soit le diplôme, il est donc plus que jamais essentiel d’en obtenir un. Mais il est tout aussi essentiel d’être né dans un milieu propice à l’employabilité. Une évidence plus vraie aujourd’hui qu’hier. Ainsi, au sein de la génération qui s’est lancée dans le grand bain en 1992, il n’y avait que 13 % d’inactifs parmi les enfants des cadres cinq ans après leurs études. Un taux qui atteignait 21 % chez les filles et fils d’ouvriers. Deux décennies plus tard, les enfants d’ouvriers sans emploi sont 26 % et ceux des cadres ne sont plus que 12 %. En temps de crise plus que jamais, la maîtrise des codes sociaux, et la mise à disposition d’un bon réseau, sont essentielles.

 Quel que soit le diplôme, il est plus que jamais essentiel d’en obtenir un.

4)     Promo 2010 : tous victimes

Malgré ces différences, les difficultés d’accès à l’emploi sont généralisées. Les jeunes débarqués sur le marché de l’emploi en 2010, soit deux ans après la crise de 2008 et en plein dans celle de la dette qui a secoué l’Europe, ont évidemment eu plus de mal à s’insérer que ceux de 1998. Les promus de cette année-là étaient 82 % à occuper un emploi cinq ans plus tard, alors que ceux de la promotion 2010 ne sont que 75 % à être en poste cinq ans plus tard, tous types de contrats confondus.

 

5)     Les CDI en berne

La première victime de cette baisse est bien entendu le CDI : en 2003, 66,7 % des jeunes au travail de la génération 1998 bénéficiaient d'un contrat à durée indéterminée. Mais en 2015, ils n’étaient plus que 57,2 %, tous issus de la promo 2010. Les autres ? Ils zappent d’un CDD ou d’une mission d’intérim à une autre. Des contrats courts entrecoupés de période de chômage ou de stages pour un jeune sur six de la génération 2010, alors qu’ils n’étaient qu’un sur dix à connaître pareil sort parmi leurs ainés arrivés sur le marché en 1998.

 

6)     Inflation de Neet

Mais il en est d’autres qui ne jonglent pas d’un poste à un autre. L’époque est aux Neet (Not in Education, Employment or Training). Ces jeunes de 15 à 29 ans, ni étudiants, ni chômeurs, ni employés, ni stagiaires, sont passés de 14,5 % à 19,9 % entre 1998 et 2010. A moins d'un miracle, il est malheureusement probable que nombre d’entre eux soient exclus du marché du travail durablement.

* Enquête Génération Céreq Avril 2018 / 20 ans d'insertion professionnelle des jeunes : entre permanences et évolutions

https://www.cadremploi.fr/editorial/actualites/actu-emploi/detail/article/jeunes-diplomes-2018-ceux-qui-decrocheront-un-emploi-facilement-et-les-autres.html

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Vanessa BREZZO

08/05/2018

à 10:36

Et bien un article intelligent à diffuser largement tant je ne. Cesse à 45 ans d expliquer les diplôme et remise à niveau régulière sont prioritaire pour être libre et avoir un emploi. Mais les préjugés sur la vie et l’accès facile à l emploi persiste . Il est difficile au non diplôme ou vieux diplômés de leur faire comprendre avec un diplôme déjà tu es sur de gagner le smic et de pourvoir à tes besoins de base le logement la voiture le téléphone l ordi sans quoi tu es desocialiser et au lieu d ejalouser et envier les vieux comme moi aime étudier et bien les études ça replace dans la réalité économique dans la quelle on vit . Ça permet de rencontrer des end instruit car on l es aussi , ça n’es pas qu une question d embauche c est aussi une question de confiance en soi , de possibilité d élévation dans la classe sociale , sans les études mon environnement ne m épanouie pas , étudier quelque soit le travail ou pas est toujours un plus une ouverture aux autres à la connaissance et on a des choses à raconter à dire à transmettre c est de lier aux autres de socialiser et tout cela sont des qualités indispensables un employeur recherche également . Et étudier et obtenir un diplôme que cela plaise ou pas c est la première sélection que font les entreprises : alors on peut être bon dans un domaine et se faire refouler car sur le cet a pas le diplôme qui vérifie vous avez la connaissance et après c est la personnalité et comment on vend c es qualités fait on es retenue ou pas pour un poste et après y a le facteurs chance le recruteur a le feeling avec nous , en plus des compretenced par rapport aux autres candidats notre tête lui revient étc.... merci pour cet article qui je l’espere Éveillera les consciences sur l utilité d étudier quelque soit notre âge pour s’insérer et aller toujours plus loin avec soit même et par extension avec les autres

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