Déconfinement : comment 7 entreprises préparent le retour au bureau de leurs salariés

Sylvie Laidet

C’est officiel depuis quelques jours, le déconfinement devrait débuter le 11 mai prochain. Autant dire demain (ça c’est pour garder le moral). En attendant les précisions des autorités sur les modalités de ce retour à une nouvelle vie économique, les entreprises planchent évidemment sur des plans de déconfinement afin d’assurer le retour, progressif et partiel, de leurs collaborateurs dans leurs locaux. Et ce n’est rien de dire qu’ils s’arrachent les cheveux. Prises de températures, roulement des équipes, plexiglas entre bureaux, taxis domicile-travail… Nous avons appelé 7 entreprises afin de rassembler des exemples de ce qui vous attend peut-être.
Déconfinement : comment 7 entreprises préparent le retour au bureau de leurs salariés

Revoir les trajets domicile-travail

C’est le casse-tête numéro un, en région comme à Paris, pour les salariés qui prennent les transports en commun pour leur trajet domicile-travail. Tout ne repartira pas comme avant et sûrement pas dès le 11 mai. Les entreprises de transport – trains, bus, trams et métros –  se préparent à l’après-confinement en tentant d’assurer la "nécessaire" sécurité des voyageurs en toute sérénité.

L’alternative vélo

Une nouvelle ère pour les cyclistes ? La maire de Paris, Anne Hidalgo, envisage de réserver des rues entières aux cyclistes afin d’offrir une alternative aux Franciliens qui ne souhaiteraient pas reprendre les transports en commun. En effet, même si on s’achemine vers un probable port du masque obligatoire dans les métros et autres RER, ce passage dans les rames restent une question épineuse du déconfinement à venir.

Taxis tous frais payés

Comme il avait commencé à le faire au tout début de la crise, Didier Zeitoun, PDG de Magellan Partners (conseil en management) demande à ses salariés qui reprendront le chemin du bureau de se déplacer en taxi. Les frais seront pris en charge par l’entreprise.

 

Prendre sa température

Beaucoup d’entreprises se sont équipées de thermomètres afin de prendre la température de leurs collaborateurs qui viendraient travailler sur site.

Thermomètre

Chez Paris Fashion Shops, une marketplace pour petits commerçants, chacun des 32 collaborateurs sera ainsi invité à prendre sa température deux fois par jour. La matin en arrivant et en début d’après-midi. « Au-dessus de 37°C, nous inviterons le salarié à se mettre en pause un ou deux jours, ou à refaire du télétravail. Ma priorité est la sécurité de tous », explique Jacky Z. Chang, le fondateur de la boite et membre du réseau de chefs d’entreprise CroissancePlus.

Attestation sur l’honneur

En parallèle de la prise de température, des sociétés comme le Groupe Roset, éditeur, fabricant et distributeur de mobilier et d’accessoires en France, qui a rouvert ses sites de production, donne la possibilité à ses salariés de remplir une attestation sur l’honneur de prise de leur température avant de venir bosser.

 

Se plier aux roulements des équipes

Parce que les locaux ne sont pas extensibles et que certains collaborateurs devront encore garder leurs enfants quelques semaines, ou ont tout simplement peur de sortir de chez eux, les entreprises envisagent un déconfinement progressif de leurs troupes.

 

Roulement en 2x8

Magellan Partners étudie un système de roulement de 2 équipes. Pendant que l’une est en télétravail, l’autre bosse sur site. Même son de cloche chez Wonderbox. Enfin, pas avant fin juin. « Grâce aux grèves de décembre dernier, on était très bien préparés au home office. Donc on continue comme ça pour les deux mois à venir. Ensuite, on alternera les équipes sur site et en télétravail », confirme Fabrice Lépine, le DG.

Roulement en 3x8

Frédéric Paulet, CEO de Lamarck Group, cabinet de conseil spécialisé auprès des institutions financières, a opté pour 3 groupes de collaborateurs (effectif de 140 personnes) qui se relaieront une à trois fois par semaine au bureau et en télétravail.

Equipements de protection, gestes barrières et mesures de distanciation 

Le masque, les gants, sans oublier des fioles de gel hydro alcoolique et les lingettes… voilà sans doute les must have des mois à venir dans la plupart des entreprises françaises. Toutes les sociétés que nous avons interrogées en sont en tout cas équipées pour assurer la protection de leurs salariés.

A cela s’ajoute évidemment le lavage de mains réguliers et les mesures de distanciation sociale pas toujours évidentes à mettre en place. Pour contourner le problème d’un couloir trop étroit pour se croiser à 1 m / 1,50 m de distance, un manager nous racontait avoir mis en place un plan de circulation dans ce couloir. Priorité aux entrants !

 

Espacer les bureaux

Après la chasse au mètres carrés, les entreprises doivent désormais redonner de l’air à leurs salariés afin de respecter les mesures de distanciation sociale requises par les autorités. Le travail des équipes en roulement va permettre de laisser vacant un poste sur deux ou trois.

Deux mètres entre chaque bureau

 « On va réorganiser les espaces de travail afin de laisser deux mètres entre chaque bureau. On va aussi aérer davantage, voire adapter les horaires de travail afin que les salariés se croisent le moins souvent possible », illustre Didier Zeitoun de Magellan Partners.

Plexiglas

Paris Fashion Shops a beau disposer de 600 m2 de locaux pour 32 salariés, le dirigeant a fait installer des plaques de plexiglas devant chaque bureau.

Stores transparents

Dans le réseau de franchise Repar’stores, c’est un store transparent installé au plafond qui va servir de séparation entre les collaborateurs.

 

Les nouvelles règles du flex office

Le flex office devrait pour sa part perdre du terrain. En tout cas, s’il doit perdurer dans certains open space, ce sera aux collaborateurs sortants de faire place nette pour le suivant. Ce dernier pourra toujours passer un coup de lingette sur le poste de travail avant de s’installer. Jamais trop prudent.

 

Nettoyage plus fréquent des locaux

Les locaux seront également nettoyés plus souvent au cours de la journée. Toutes les deux heures des points de contacts (poignées, interrupteurs…) chez Eko Klean by Artupox. « Et évidemment, pas question de se prêter un stylo ou son téléphone entre collègues », ajoute Chrystele Gimaret, dirigeante de cette entreprise de nettoyage écologique également membre de CroissancePlus.

 

Nouveau menu pour les pauses déjeuner

Mesures de distanciation oblige, pas question de retourner à la cantine comme avant. Ni au resto d’ailleurs qui restent pour l’heure fermés. Alors cette pause méridienne est également abordée dans les projets de déconfinement.

Cafétéria réaménagée

Chez Lamarck Group, les tables des deux cafétérias seront espacées et le nombre de convives limité.

Plateau repas au poste de travail

« Pour la logistique des repas, on réfléchit à faire livrer des plateaux repas à nos consultants qui déjeuneraient à leur poste de travail ou à la cafétéria par roulement », illustre Didier Zeitoun PDG de Magellan Partners.

Pause repas écourtée

Guillaume Varobieff, dirigeant du réseau Répar’Stores va inviter ses collaborateurs à écourter leur pause déjeuner afin de permettre un roulement dans l’espace dédié à la prise de repas. La seule solution envisageable pour éviter d’élargir les plages de 10h à 16h, ce qui n’aurait pas de sens.

Matériel personnel

Exit également la vaisselle, les torchons et serviette mis à disposition. Chacun devra venir avec son propre nécessaire.

Machine à café en accès limité

 Wonderbox tient à laisser ouvert les espaces de convivialité afin de recréer du lien social (du vrai et pas par Zoom, Teams ou autres). « Nous fixerons des règles autour de la machine à café. Pas plus de 2 personnes en même temps et une procédure de nettoyage systématique. Pour limiter la densité dans l’espace restauration, il va être agrandi », illustre Fabrice Lépine.

Suppression des frigos et micro-ondes

Dans le Groupe Roset, les micro-ondes, frigos, machines à café, et distributeurs d’eau ne sont en revanche plus accessibles aux salariés.

 

Aide au déconfinement psychologique

On le voit à l’approche du déconfinement, certains salariés appréhendent de reprendre le chemin du travail. Angoisse des transports, peur de la maladie, des autres… peu importe leurs raisons. Face à cela, les entreprises se préparent également.

Plateforme d’écoute psychologique

« Dans l’IT, le droit de retrait n’est pas possible, nous allons donc activer un support psychologique afin de permettre aux salariés concernés d’échanger sur le sujet. Et puis nous ferons du cas par cas », insiste-t-on chez Magellan Partners.

Lire aussi >> Confinement : le soutien psychologique aux télétravailleurs fait son apparition

Séance de sophrologie

Chez Lamarck Group, ceux qui ne reviendront pas de suite sur site, seront toujours invités à participer à toutes les réunions afin de garder le contact. En attendant, tout le monde peut participer aux 2 séances hebdomadaires de sophrologie mises en place par l’entreprise.

Télétravail à la demande

Enfin, d’autres employeurs déclarent que ceux qui ne souhaiteraient pas revenir de suite au bureau pourront continuer à faire du télétravail. Pour les collaborateurs non éligibles au télétravail, la question reste en suspens.

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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