Déconfinement : les cadres sont-ils prêts pour la reprise ?

Publié le 29 avril 2020 Sylvie Laidet

Après six semaines de confinement et surtout d'un début imminent de déconfinement, c’est l’heure des premiers bilans du passage en full remote et le temps des premières interrogations sur le travail de demain. La deuxième vague de l’étude « Worklife 2020 Edition spéciale Covid19 - Comment travailler à l’heure de la pandémie » menée par Toluna/ Harris Interactive*, permet d’y voir enfin un peu plus clair. Entre espoirs et nouvelles craintes, le cœur des cadres balance.
Déconfinement : les cadres sont-ils prêts pour la reprise ?
  1. Des cadres plus à l’aise avec le télétravail que les autres salariés
  2. Plus que jamais, les managers doivent être « proches » de leurs équipes
  3. Des cadres « sereins » pour la reprise ?

Des cadres plus à l’aise avec le télétravail que les autres salariés

Sans surprise, à l’attaque de cette 7ᵉ semaine de confinement, plus de 2 cadres sur 3 sont encore en télétravail (+ 30 points par rapport à la moyenne), 19 % sont sur leur lieu normal de travail (- 9 pts) et 14 % ne travaillent pas (- 18 pts), selon les résultats de la deuxième vague de l'enquête Toluna/Harris Interactive*.

Pour les cadres télétravailleurs déjà rompus à cette pratique avant la pandémie, la situation est même plutôt bien vécue.

  • Ils sont encore un peu plus à l’aise que la moyenne des autres salariés avec le fait de communiquer à distance (82 %, +5 points) et à être managés à distance (83 %, +6 points).
  • Mieux, selon eux, le télétravail confiné améliorerait leur état de santé physique (41 %, +9 points par rapport à la moyenne versus 26 % dégradation) et psychologique (41 %, +10 points versus 28 % dégradation).
  • Pour eux, leur boîte a fait le job en organisant au mieux le télétravail et la communication. A ce propos, ils attendent encore plus que les autres salariés, d’être tenus informés sur les conséquences de la crise pour leur entreprise. 28 % des cadres placent ce sujet dans le top 3 de leurs préoccupations. Soit +8 % par rapport à la moyenne.

 

Plus que jamais, les managers doivent être « proches » de leurs équipes

Ce n’est pas parce que les équipes sont passées en « full remote » que les managers n’ont plus rien à faire. Encore plus qu’en temps normal, c’est à eux de servir de courroie de transmission entre la boîte et les salariés, souvent privés du « bouche-à-oreille » habituel sur le lieu de travail.

 « Dans ce contexte, les salariés français attendent principalement de leur manager qu’ils les tiennent au courant des différentes décisions prises par l’entreprise, par exemple sur le recours au chômage partiel, la date de reprise de l’activité... (51 %, soit au moins 10 pts de plus que dans tous les autres pays). Relevons d’ailleurs que 40 % des répondants français sont positifs sur les communications émanant de leur manager (+4pts par rapport à la V1), contre 24 % qui sont critiques et 36 % neutres », précise l’étude.

Durant ce confinement, le manager doit donc endosser une casquette d’informateur mais aussi d’animateur d’équipe à distance qui doit :

  • répartir équitablement la charge de travail entre tous les membres de la team (44 %)
  • organiser régulièrement des réunions d’équipes à distance (37 %)
  • être un appui plus quotidien, avant tout disponible (34 %) et qui mène des points quotidiens individuels (29 %), voire qui définisse les missions et la to-do-list du salariés (20 %).

 

Des cadres « sereins » pour la reprise ?

Sereins, ce n’est peut-être pas le terme exact !  Disons que ni plus ni moins que leurs collègues, ils attendent des informations concrètes sur la façon dont va se passer leur retour au travail.

Face à cette perspective du déconfinement et donc du retour au bureau, les Français interrogés affichent d’abord du soulagement (pour 39 %), mais également pour une partie non-négligeable d’entre eux de la nervosité ou de la peur (29 %), rendant nécessaire une communication de réassurance. « Relevons que, comme pour la gestion de crise, une majorité de salariés dit avoir confiance en son employeur pour organiser au mieux la reprise de l’activité de tous sur le lieu de travail (64 %), contre 11 % qui n’ont pas confiance et 23 % qui affichent une position neutre », soulignent les auteurs de l’étude.

Selon eux, cette crise aura des bénéfices constructifs sur la vie d’après au bureau. Aux premiers rangs desquels des changements positifs en matière :

  • de propreté des locaux et d'hygiène des salariés (changements en positif pour 47 %)
  • de recours facilité au télétravail (positif pour 44 %)
  • et d’utilisation accrue des outils de réunions à distance et des outils collaboratifs en interne (positif pour 39 %) ou en externe (33 %).

Toutefois, les cadres comme les autres catégories de salariés (30 %) pensent, qu’en sortie de confinement, ils auront davantage de pression et de charge de travail qu’avant. Et 20 % craignent même un accroissement des licenciements.

* Deuxième vague de l'enquête « Worklife 2020 Edition spéciale Covid19 - Comment travailler à l’heure de la pandémie » menée par Toluna/ Harris Interactive. Enquête réalisée en ligne les 21 et 22 avril 2020. Échantillon de 3343 personnes, représentatif des salariés dans 7 pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Etats-Unis et Australie) dont 859 salariés français.  Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : taille de l’entreprise et secteur d’activité.

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

Vous aimerez aussi :