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Démence digitale : les cadres doivent réagir

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L’avalanche de sollicitations numériques met à mal la productivité et l’épanouissement personnel des cadres. Un informaticien américain parle même de démence digitale. Vous êtes peut-être touché…

Au bureau, rester concentré sur une tâche sans être interrompu par une notification, une réunion, un email ou un coup de téléphone n’est pas toujours chose facile, en particulier lorsque l’on travaille en open space. La capacité des salariés à travailler en pleine concentration est ainsi devenue une qualité rare et précieuse en entreprise.

Lire aussi : 5 activités pour améliorer sa capacité de concentration

Dans son livre à succès Deep Work (disponible en français en septembre aux éditions Alisio), l’informaticien et penseur américain Cal Newport décrit les travers du "papillonnage mental", c’est-à-dire de l’incapacité des salariés à se concentrer sur une tâche précise. Le phénomène toucherait aujourd’hui la majorité des salariés, y compris dans les métiers intellectuels. Au grand dam de Cal Newport : « Le véritable travail ne peut avoir lieu que dans un état de profonde concentration », estime l’auteur.

 

Le boom inquiétant de la "démence digitale"

Lorsqu’il est associé à un usage abusif des nouvelles technologies, ce papillonnage d’une tâche à l’autre peut avoir de sérieuses conséquences. On assiste ainsi à l’émergence d’un nouveau fléau, baptisé "démence digitale", ou "démence numérique". Véritable burn out de la concentration, la démence digitale touche les jeunes adultes accros à leur ordinateur et à leur smartphone.

Incapables de renoncer aux sollicitations incessantes des écrans, ces derniers développent une série de symptômes cognitifs et émotionnels : troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration, atténuation des émotions… La Corée du Sud, l’un des pays les plus connectés au monde, est frappée de plein fouet par ce phénomène.

 

Dédiaboliser le "non" en entreprise

Pour se protéger de telles extrémités, les salariés doivent s’adapter. L’ouvrage de Cal Newport les encourage ainsi à développer leur résistance aux sollicitations, et à se défaire du papillonnage pour renouer avec le deep work (le travail profond). Il faut ainsi apprendre à dire non aux distractions. Et ce refus n’aurait rien de négatif, puisque les salariés capables de dire "non" seraient plus compétitifs que les autres.

De nouvelles théories en vogue vantent d’ailleurs les bienfaits du "non" en entreprise. « Dire oui à trop de trucs vaguement sympas vous enterrera vivant », estime l’entrepreneur américain Derek Sivers, l’un des nouveaux gourous du non.

D’autre part, déléguer une tâche ou décliner une proposition serait signe de générosité : cela permet de laisser sa chance à quelqu’un d’autre. Enfin, le « travail profond » rendrait par ailleurs le salarié plus satisfait, moins anxieux… En résumé, plus heureux. 

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commentaires

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Philipe DAUMIN

09/08/2017

à 23:18

De tout un peu, mais sans excès. Avoir pour règle de finir ce que l'on a commencé selon l'ordre classique respectant unité de temps, de lieu ... Et d'action. Sans en faire un drame !

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Bertrand

09/08/2017

à 15:54

Certains outils numériques ont précisément pour vocation de préserver l'attention et la sérénité de leurs utilisateurs en structurant leur efficacité par la contextualisation de l'information en différentes sphères étanches les unes par rapport aux autres. Une excellente alternative aux usines à gaz anglo-saxonnes encore imposées dans bon nombre d'entreprises. Allez jeter un oeil à Whaller par exemple.

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Philippe Garin

09/08/2017

à 10:04

Paradoxe,
Essayez de supprimer les écrans et enfermez les "déments numériques" dans une pièce avec papier et crayon ou autres objets non numériques et c'est alors que vous aurez des réactions hystériques et vraiment démentes. C'est devenu une drogue si l'on s'en réfère aux réactions de "manque" de ces pauvres hères incapables de décrocher.
A quand le remboursement par la Sécu, d'une cure de "désintoxication numérique" ?

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toto

07/08/2017

à 10:39

Il parait que les autistes d'Asperger (autistes de haut niveau) ont la capacité de se concentrer pleinement sur une tâche et une seule et de distinguer ainsi les défauts, les informations remarquables que le commun des mortels ne saurait le faire. Ces autistes ont la côte auprès des ESN pour le Big Data, la correction de bugs, l'identification de panne etc...
Peut-être, devrions-nous être aussi autistes dans certaine circonstance et pour une durée donnée pour le bien de tous?

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Prins Daniel

05/08/2017

à 14:34

C'est tout a fait vrai.!! même pour un travailleur indépendant, les sollicitations mais pire encore les notifications continuelles des sites que vous utilisez ou des éditeurs de logiciels pour soit disant améliorer, transformer, mettre à jour souvent de manière obligatoire et évidemment lorsque vous êtes en plein travail d'analyse ou de rédaction, vous obligent à vous disperser et deviennent même un facteur de stress. Il faut être très solide pour résister nerveusement ou simplement maintenir un plan de travail. Je considère que tout ces changements continuels ne sont pas nécessaires, sauf pour leur créateurs qui se justifie ou se font valoir de cette manière. mais trop c'est trop. Si vous avez un travail important à faire ..!! coupez internet
Evidemment si vous travailler en "cloud" ..!!! le progrès doit être maitrisé, c'est une nécessité si vous voulez conserver un bon équilibre psychique.

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Dr. Cheikh GAYE

05/08/2017

à 13:56

L'a'uteur a raison : démence est juste dit ; imaginez combien de personnes mal intentionnés dans le net ou dans les r&seaux sociaux , ou les smarts peuvent vous déranger à tout moment , pour chercher à vous arnaquer ;
il est impossible de se concentrer au bureau ou en ffamille avec le nombre d'appels que vous pouvez recevoir par jour ou par nuit ;

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Thierry CHAZARIN, proviseur du LPO DANTON - BRIVE LA GAILLARDE

04/08/2017

à 22:28

Dans un premier temps, l'utilisation du mot "démence" m'a semblé excessive, mais en définitive, le terme est juste et le concept approprié. Je le préfère même au terme "addiction", car il renvoie à un mal-être profond de l'être humain qui "vend son âme" d'une certaine manière et en perd la raison. CQFD. Article non seulement instructif, il est passionnant !

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