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Des salariés de Facebook accusent leur boss de museler leurs opinions politiques pro-Trump

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Céline Husétowski

07/09/2018

Dans un message interne que s’est procuré le New York Times, un ingénieur se plaint de la chasse aux sorcières dirigée contre les salariés aux idées conservatrices.

 

« Sois tu restes discret, soit tu sacrifies ta carrière et ta réputation »

Dans un post interne, Brian Amerige, ingénieur senior en poste depuis plus de six ans chez Facebook, a jeté un pavé sur la Toile. Pour dénoncer le manque de diversité politique au sein de l’entreprise qui compte plus de 25 000 salariés, il a créé le groupe FB’ers for Political Diversity.

Selon lui ses collègues n’osent pas exprimer librement leur opinion politique car ils sont souvent attaqués. Même pas sur leurs idées, mais sur leur personne, surtout s’ils ne partagent pas des idées de gauche.

Il a contacté le service des ressources humaines qui a reconnu que les gens avaient peur. « Vos collègues savent que tous les discours sur l’acceptation du point de vue de l’autre ne s’appliquent pas à des sujets comme la justice sociale, l’immigration, la diversité ou encore l’égalité. Sur ces sujets, soit tu restes discret, soit tu sacrifies ta réputation et ta carrière », lui a-t-on expliqué.

Brian Amerige a donc décidé de prendre le problème en main en créant un espace pour échanger. « Je ne sais pas comment régler le problème tout seul, mais je sais qu’il ne peut pas se régler si nous continuons à nous isoler et nous taire », explique-t-il.

Le post est vite devenu viral en interne et a fait réagir les employés du géant du Web. Plus d’une centaine de salariés « dissidents » a rejoint le groupe et d’autres ont salué l’initiative. A contrario, cette initiative a vexé d’autres salariés issus des minorités selon le New York Times. Certains se sont même plaints à leur manager.

Chasse à la diversité politique

Pour l’ingénieur, le problème « c’est le manque de diversité politique dans les équipes. Il  y a une chasse aux salariés qui ont des idées conservatrices. Nous proposons souvent de retirer Peter Thiel de notre comité de direction car il a supporté Trump », écrit-il dans son post interne. L’ancien patron de PayPal qui a investi dans le capital de Facebook, a été l’un des seuls businessmen de la Silicon Valley à soutenir publiquement Donald Trump en lui donnant l’équivalent de plus d’1,5 million d’euros pour sa campagne.

Autre victime sur le tableau de chasse : Palmer Luckey « chassé car il avait acheté des annonces anti-Hillary », explique Brian Amerige dans sa note.

Même si Mark Zuckerberg, le président de Facebook, ne s’est jamais publiquement prononcé pour un parti, il s’est investi dans de nombreuses causes défendues par la gauche comme la réforme de l’immigration proposée par Obama pour laquelle il avait tenté de monter un lobby.

Pour Brian Amerige, ce problème de liberté d’expression va à l’encontre de la raison d’être de Facebook et de la viabilité du modèle de l’entreprise. « Les gens nous confient leurs histoires, leurs idées, leurs commentaires et s’attendent à ce que nous soyons impartiaux », explique-t-il.

La réputation de neutralité de Facebook a été entachée ces derniers temps dans différents scandales de manipulation d’opinion comme l’affaire Cambridge Analytica ou des données personnelles des utilisateurs ont été utilisées à des fins politiques ou celle de la campagne de désinformation de faux comptes russes pendant les élections présidentielles américaines.

Lire aussi en anglais : Le post de Brian Amerige envoyé à ses collègues 
Lire aussi en anglais : L'article du New York Times.

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commentaires

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Praséodyme

13/09/2018

à 13:32

C'est amusant de parler de diversité politique dans un système bipartite qui ne permet que l'existence d'un parti de droite libérale et d'un parti de droite conservatrice. Les américains trouvent le moyen de s'entre-déchirer tout en restant contraints dans un éventail idéologique étriqué. Cela montre que le problème ne réside pas tant dans la confrontation des idées mais plutôt dans le besoin primaire d'appartenir à un camp et de s'opposer à l'autre.

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