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Déconnecter les cadres : une fausse bonne idée ?

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Michel Holtz

11/04/2014

Ce n'était qu'un accord de branche pour les cadres avant de devenir une loi. Le principe du droit à la déconnexion ? Obliger les salariés à se déconnecter de leurs PC, tablettes ou smartphones après leurs heures de travail. A l’étranger, les médias se moquent déjà de ces Français qui « rendent le travail après 18 heures illégal ». Ici aussi, certaines entreprises se montrent peu enthousiastes.

L’idée est née d’un constat simple : les cadres au forfait jours doivent observer un minimum de onze heures de repos quotidien. Or, la généralisation des outils nomades a une fâcheuse tendance à transformer ces heures de loisirs en heures supplémentaires pas comptabilisées pour un sou. Alors la CFDT et la CGC ont organisé l’offensive de la déconnexion numérique le soir, le week-end et durant les vacances. Et les deux syndicats viennent de gagner une première bataille. Après six mois de négociations, elles ont signé un accord avec deux branches, grosses employeuses de cadres : le Syntec pour les sociétés d’ingénierie et de conseil et le Cinov qui fédère les bureaux d’études. La mesure touche donc 800.000 salariés depuis le 1er avril.

Evidemment, on est très loin d’une généralisation de la pratique. Mais pour la presse anglo-saxonne, c’est comme si c’était fait. Et de se gausser des pratiques hexagonales en expliquant, selon un raccourci pour le moins hardi, que « les Français viennent de rendre le travail après 18 heures illégal ». De quoi faire sourire Annick Roy de la CFDT qui s’est chargée du dossier. « En France, les réticences sont également réelles, mais elles sont d’un autre ordre. On va la mesurer durant ces six prochains mois, avant de généraliser l’accord avec les autres branches ».

De nombreuses entreprises opposent en effet à cette mesure des difficultés de mise en place. « C’est ce que disent les directions, pas les salariés, affirme Annick Roy. Mais ces difficultés, qu’elles sont-elles ? Certains évoquent des problèmes d’ordre technique. Or, rien de plus simple que de couper les serveurs à des heures précises ». Ces difficultés semblent aussi être d’ordre organisationnel. Car désormais, les cadres qui planchent sur un dossier le week-end et envoient des mails pourront récupérer ce temps de travail dans la semaine. Mais comment évaluer le temps passé pour l’envoi d’un courriel ? C’est un décompte tout en finesse et en dentelle, chronomètre en main, que vont devoir effectuer les DRH dans les branches concernées. Un cauchemar pour certaines directions des ressources humaines… ce qui ne semble pas freiner Annick Roy : « pour cette cause-là, je veux bien devenir un cauchemar de DRH ».

Michel Holtz © Cadremploi.fr

16

commentaires

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Ex cédétiste

05/09/2014

à 14:39

Amusant la dernière pensée hautement philosophique de la secrétaire de ce syndicat....
« pour cette cause-là, je veux bien devenir un cauchemar de DRH ». mais pour cette cause uniquement parce que pour les certaines autres ça a été loin d’être le cas...
Peut être que 7 tours de langue avant de parler aurait été nécessaires à cette dame!

Avant d'aller négocier un accord qui ne sera - tout comme les autres - jamais respecté (pour peu qu'il soit utile) peut être que certains syndicalistes qui lui chuchotent dans l'oreille feraient bien de balayer devant leurs portes et faire appliquer les accords des entreprises dans lesquelles ils grenouillent....souvent entre eux d'ailleurs!

Par ailleurs certaines réactions manquent cruellement de discernement et de références historiques. Rejeter la situation économique actuelle sur la faute des syndicats est d'une effarante stupidité.
Que le patronat applique déjà la dernière charte de "responsabilité" qu'il a signé et qu'il joue réellement le jeu du dialogue social et là on en reparlera.

Les entreprises françaises sont compétitives, globalement elles travaillent mieux et plus vite que les concurrentes en Europe, ce n'est pas de là que vient le blème.
Certains économistes lucides et de bonne foi reconnaissent que l'emprise de l'Allemagne sur la BCE et le maintient d'un euro fort est une connerie sans nom en période de crise; dévaluer l'euro serait une meilleure solution que l'austérité au niveau où on nous l'impose.
A maigrir ainsi, on va finir par perdre un os!

(peu de chance que ce message passe le filtre de la validation mais tant pis)

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Laurent

06/05/2014

à 23:45

Dans mon entreprise un groupe de travail a réfléchi à l'excès de mails et effectivement aux horaires.
La conclusion a été que chacun est libre de lire ses messages quand il veut, mais pas forcément de déranger les autres en en envoyant. Concrètement si un cadre termine un travail le soir libre à lui. En revanche à l'issue de son travail à 23h00 par exemple, il ne faudrait pas qu'il envoie un message à un autre collaborateur, soit parce qu'il a besoin d'une réponse pour continuer, soit parce que l'autre collaborateur doit s'occuper de l'étape suivante.
Nous reflechissons à une rétention des messages envoyés jusqu'au matin. De cette façon on pourra envoyer son message le soir, mais il ne sera remis au destinataire que le matin.
Coincidence ou pas, nous gagnons de l'argent et nous sommes bien placés dans l'enquête Great Place To Work.

> Répondre

Tom

06/05/2014

à 15:10

Pourquoi ne pas commencer par les encourager à ne pas envoyer de mails après 18h. Cette idée d'interdire est grotesque.

> Répondre

Bernard C

06/05/2014

à 07:25

Bonjour

il appartient &ux cadres de faire respecter la Loi. Tout usage du téléphone est du travail effectif (non une astreinte), en consequence, un jour de travail doit etre decompté du forfait jour. AVec cette methode les entrprise aboliront l 'esclavage dans lequel les cadres sont plonges depuis le forfait jour. merci le PS et sa loi 35h00

> Répondre

Olivier Bleu

05/05/2014

à 13:57

Je suis assez effaré par beaucoup de réactions....
Les syndicats sont là pour dénoncer certains abus...
Aujourd'hui on se retrouve avec des cadres payés au lance pierre... Et on voudrait aussi qu'ils travaillent 24h/24 ?
A tous ceux qui critiquent cette dénonciation, comment alors expliquez vous que beaucoup de salariés refusent le statut cadre?
Sans être un fainéant professionnel il va surement falloir un jour limiter les intrusions du travail dans la vie privée.
Un simple salarié quand son boulot est fini (ses heures faites) il s'en va.... A quel niveau d'encadrement et surtout à quel salaire peut t-on prétendre à être dispo 24h/24?
Aujourd'hui beaucoup d'ingénieurs sont payés comme des techniciens mais devraient travailler bien au delà des 35 h légales... SI vous pensez que c'est normal, pas moi !

> Répondre

Le lorrain

03/05/2014

à 21:12

Tout à fait d'accord avec toi Mike.
Un autre exemple : mais techniciens sont contents de travailler sur un autre site car alors site est en train de fermer. Il voudrait travailler quelques heures de plus que les 48 heures pour grouper les jours de travail et ensuite passer plus de temps avec leur famille. Je dois leur interdire par la Convention impose 48 heures maximum, trajet et passage de consignes inclues !!!
Laissez-nous donc travailler !

> Répondre

Reliable_froggy

03/05/2014

à 19:38

PATHETIQUE ! Mais bon dieu quand est-ce que les syndicalistes comprendront que leurs initiatives incohérentes ne font que détruire les emplois plutôt que de les sauver en rendant nos entreprises de moins en moins compétitives ?? Si un jour ils changent d'attitude (ce qui me semble être utopique), notre pays redeviendra un acteur de premier plan à l'échelle mondial.

> Répondre

mike

03/05/2014

à 07:52

Un cadre digne de ce nom est responsable. Les étrangers ont toutes les raisons de se gausser de ces pauvres petits Français qui ont systématiquement besoin de la loi pour pallier leur faiblesse.

J'ai travaillé de longues années avec des collaborateurs répartis sur toute la planète, donc affranchi de tous les fuseaux horaires. Quand on sait rendre son travail passionnant, qu'on a conscience de son utilité, qu'on sait s'organiser les outils numériques nous rendent plus efficaces et permettent de rester vigilants en étant sûrs que si un collaborateur rencontre une difficulté, il pourra vous joindre. C'est très apaisant pour tout le monde. Alors, au diable les lois sur le travail et vive la responsabilité personnelle qui va de pair avec l'autonomie.

> Répondre

Echo57

28/04/2014

à 13:23

...Un accord syndical...?

La vie professionnelle n'empiète sur la vie personnelle que pour 2 raisons:
-abus de la direction
-le salarié ne sait pas dire non.

Dans le premier cas, il existe des lois contre le harcèlement.
J'étais dans le deuxième cas, par peur -comme beaucoup- d'une hypothétique sanction, avant de réaliser qu'il était possible, passé une certaine heure, de ne plus répondre ni à ses mails ni à son téléphone, tout simplement en le décidant.

> Répondre

arobase38

22/04/2014

à 03:46

Navrante déconnexion des syndicats d'avec la réalité du travail. Un vrai travail de partenariat avec les entreprises et les cadres peut améliorer les conditions de travail ET la compétitivité mais ces positions tranchées et vindicatives ne sont sources que de situations de blocage et de stress. les syndicalistes professionnels sont aussi loin du terrain que les politiques de la population et les résultats des votes pour ces deux types d'instances le démontrent : ils ne représentent qu'eux mêmes et pratiquent la "pédagogie" plutôt que l'écoute et la participation.
Comprendre et imaginer les nouvelles façons de travailler avec les technologies du
XXI ème siècle plutôt que s'arc bouter sur des positions "de principe".
Avancer "avec" plutôt que se battre "contre"...

> Répondre

Fred136

15/04/2014

à 22:16

C'est vraiment déplorable de lire ce genre de news. Personne n'est donc capable de faire la part des choses.
Entre les feignants professionnels qui ne cherchent que des excuses pour "récupérer", et les petits chefs névrosés qui se complaisent à mettre le stress sans distinction, avec le silence complaisant de leur hiérarchie, nous voila bien mal engagés pour être compétitifs, et surtout crédibles...

Je suis stupéfait et navré de constater ce genre de discussions, qui me sont parfaitement étrangères depuis plus de 15 ans (depuis que je suis dirigeant de PME).
Un peu de proximité, un peu de compassion, de pédagogie, d'engagement, et un peu de sévérité/fermeté quand il faut et hop... terminé ce genre de pollution!!

Bon courage...

> Répondre

Fred136

15/04/2014

à 18:08

C'est vraiment déplorable de lire ce genre de news. Personne n'est donc capable de faire la part des choses.
Entre les feignants professionnels qui ne cherchent que des excuses pour "récupérer", et les petits chefs névrosés qui se complaisent à mettre le stress sans distinction, avec le silence complaisant de leur hiérarchie, nous voila bien mal engagés pour être compétitifs, et surtout crédibles...

Je suis stupéfait et navré de constater ce genre de discussions, qui me sont parfaitement étrangères depuis plus de 15 ans (depuis que je suis dirigeant de PME).
Un peu de proximité, un peu de compassion, de pédagogie, d'engagement, et un peu de sévérité/fermeté quand il faut et hop... terminé ce genre de pollution!!

Bon courage...

> Répondre

KBD

15/04/2014

à 09:43

Il n'y a pas que des risques mais de grands avantages aussi avec ces TIC !
Pouvoir par exemple rentrer plus tôt chez soi, s'occuper de ses enfants et finir en début de soirée un travail : voici un vrai progrès.
Notre travail a changé.
S'il y a des abus, c'est parce que certains responsables n'ont plus de moral ni de valeur... moral que la gauche et (la droite parfois) a voulu sortir de notre éducation.
Pourtant, si des valeurs comme le respect de l'autre, la confiance, l'honnêteté sont ancrées dans notre vie collective, alors, tout se passera bien.
Les abus s'il y en a doivent être traités par les lois existantes comme le harcèlement moral mais non par une loi qui ne prend pas en compte les spécificités des salariés et des métiers.

> Répondre

Fred136

15/04/2014

à 09:08

C'est vraiment déplorable de lire ce genre de news. Personne n'est donc capable de faire la part des choses.
Entre les feignants professionnels qui ne cherchent que des excuses pour "récupérer", et les petits chefs névrosés qui se complaisent à mettre le stress sans distinction, avec le silence complaisant de leur hiérarchie, nous voila bien mal engagés pour être compétitifs, et surtout crédibles...

Je suis stupéfait et navré de constater ce genre de discussions, qui me sont parfaitement étrangères depuis plus de 15 ans (depuis que je suis dirigeant de PME).
Un peu de proximité, un peu de compassion, de pédagogie, d'engagement, et un peu de sévérité/fermeté quand il faut et hop... terminé ce genre de pollution!!

Bon courage...

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EMPLOYE

14/04/2014

à 21:15

du grand , mais du très grand n'importe quoi à la française... Chassons tous les investisseurs étrangers avec ce genre d'accord. Et si les syndicats aidaient à créer des boulots au lieu d'en détruire?

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julien

14/04/2014

à 12:46

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont devenues omniprésentes dans le monde professionnel entrainant de profondes modifications des conditions de travail et d’organisation dans les entreprises. Ces nouveaux outils présentent des risques pour le nombre grandissant de cadres qui les utilisent intensivement
Les risques psychologiques sont à prendre en compte : surcharge informationnelle, perte des limites entre vie professionnelle et privée, disponibilité et interactivité permanentes, nomadisme professionnel, affaiblissement des relations interpersonnelles.
pour plus d'infos : La prévention des risques professionnels des technologies de l'information et de la communication : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=483

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