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Et si l’entreprise s’adaptait enfin aux femmes qui sortent du cadre ?

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Céline Husétowski

04/06/2018

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[Vidéo] Gare aux tigresses, l’entreprise n’a qu’à leur faire de la place ! Présidente de Mars Petcare Europe, Myriam Cohen-Welgryn vient de publier un manuel d’ascension des femmes en entreprise. Rencontre avec la féministe aux lunettes rouges.

Tenir tête à l’entreprise pour finir à sa tête, c’est un peu l’histoire de Myriam Cohen-Welgryn. Cela fait plus de 30 ans que cette femme d’affaires occupe des postes de direction et s’agace du plafond de verre contre lequel les femmes se cognent dur la tête. Sa carrière, elle l’a faite en fonction de ses valeurs personnelles et de sa vie de femme. Maman de 3 filles, hyper active, un peu insomniaque, elle a pris le temps d’écrire un manuel de guerrière pour transformer une oie blanche en tigre du bengale. Grrrrr !

Lutter contre les crocodiles d’entreprises

Une fois passée la porte de l’entreprise, Myriam Cohen-Welgryn se transforme en Olympe Castor. « C’est mon double, mon personnage révolutionnaire qui me pousse à agir chaque jour », plaisante-elle. Toutes les deux, elles affrontent « les crocodiles d’entreprises » comme elle aime les appeler. Ces animaux féroces s’incrustent dans les entreprises et installent une « chefferie » où les femmes sont quasi inexistantes. « Mais une entreprise où les femmes disparaissent en altitude est une entreprise où il ne fait pas beau de vivre », met en garde l’auteur.

Ne jamais se laisser enfermer longtemps dans une vie où les dimanches sont une peine, la vie est trop courte

Pour elle, le problème du monde de l’entreprise ce sont les règles du jeu faites par les hommes pour les hommes. A plusieurs reprises, la dirigeante en a fait l’expérience comme ce jour où elle a demandé à son chef de décaler d’une demi-heure le début des comités de direction mensuel pour déposer ses filles encore petites à l’école. « Il a refusé, il ne fallait pas passer pour un faible en cédant à la demande d’une femme. » Elle est donc arrivée en retard à tous les comités de direction.

Depuis, elle est convaincue que c’est à l’entreprise de s’adapter à la vie des femmes et des hommes qui souhaitent s’investir dans leur vie familiale. « Ne jamais se laisser enfermer longtemps dans une vie où les dimanches sont une peine, la vie est trop courte », insiste l’auteur qui conseille de partir quand les valeurs de l’entreprise ne sont plus les siennes.

Sortir les femmes des placards

Sortez les femmes sous-exploitées qui s’endorment dans des placards ! Pour déconditionner les mentalités et rétablir un équilibre hommes-femmes, la présidente de Mars Petcare Europe se dit pour les quotas. « Depuis la loi Copé-Zimmermann, le nombre de femmes dans les conseils d’administration a doublé et je sais désormais que nous les femmes avons besoin d’aide pour monter au premier rang et pour oser lever la main », affirme Myriam Cohen-Welgryn.

Autre problème qui mène au placard : l’âge. « Alors que l’expérience s’acquiert entre 20 et 40 ans et donne accès au poste à responsabilités, les femmes sont pénalisées car l’entreprise leur demande de s’investir au moment où elles sont le plus sollicités pour leurs enfants. Alors le plus souvent, elles réduisent leur investissement professionnel », regrette celle qui a réussi à « mener une vie de famille épanouie et une carrière brillante sans jamais rien laisser de côté », selon la 4e de couverture de son livre.

Puis à 45 ans tout s’accélère, les femmes disparaissent des nominations au poste de direction. « À 45 ans tout se passe comme si les femmes étaient frappées d’une date limite de péremption invisible et non officielle de nomination, sous prétexte qu’elles ont levé le pied un temps », ajoute-elle dans son ouvrage.

Aux grands maux, les grands remèdes, elle conseille de « recycler les femmes sous-exploitées ». Il faut les réintégrer dans le circuit et leur permettre de s’investir à nouveau. Un peu à l’image d’Alicia Florrick dans la série The good wife qui a délaissé sa carrière pour s’occuper de ses enfants et revient majestueusement sur le devant de la scène grâce à son talent qui hibernait.

Ce qu’en pense la rédaction

Avec des sujets sur la maternité ou le fameux passage aux 45 ans, Myriam Cohen-Welgryn touchent les femmes en plein cœur.  Avec un peu d’humour, elle trouve aussi les mots justes qui dédramatisent des situations pénibles du quotidien comme la gestion des enfants ou des vacances.

Féministe, elle est jusqu’à la pointe de ses lunettes rouges. A l’entreprise de s’adapter aux femmes et non l’inverse. Ce qu’il faut savoir sur l’auteur, c’est que son entreprise décroche chaque année une place de choix au palmarès des « entreprises où il fait bon travailler » (cette année 3e dans la catégorie des entreprises de 500 à 5000 salariés). Il n’est donc pas toujours évident d’appliquer ses idées quand la culture de son entreprise est trop enracinée. Mais on peut s’en inspirer et mettre en place des plans « anti-crocos », comme l’a fait l’auteur.

Si elle n’apporte pas d’idées nouvelles sur le féminisme ou de conseils révolutionnaires, elle propose cependant une philosophie de vie qui pourrait détourner celle de René Char : impose ta féminité, serre ton bonheur et va vers ton risque, à te voir ils s’habitueront.

Et tu oseras sortir du cadre !, de Myriam Cohen-Welgryn, éditions Harper Collins, mai 2018.  

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commentaires

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Dydye

05/06/2018

à 21:10

Je trouve cet article assez réaliste. Ayant quitté un emploi où je stagnais, diplômée d'un bac + 6 avec 8 ans d'expérience, je suis très fortement étonnée des préjugés encore très présents contre une femme dans le monde du travail. Je cherche effectivement dans l'industrie et pour être honnête, j'ai été très surprise lors d'un salon de recrutement, de voir un recruteur qui ne souhaitait même pas me parler parce que j'étais une femme. Certes les quotas peuvent améliorer un peu la situation mais je trouve quand même très regrettable d'avoir accès à un système comme l'apartheid en Afrique du Sud pour trouver sa place. Je souhaiterais vraiment que les employeurs nous jugent sur nos compétences et non pas avoir besoin de passe-droit pour trouver une fonction épanouissante. D'un point de vue panoramique urement éthique je ne trouverais pas cela normal de passer devant un homme plus compétent que moi parce que je suis une femme et qu'il faut remplir ses fameux quotas.Voilà une possible perversion du système...

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FLORENCE

05/06/2018

à 17:23

Tellement vrai !!!

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