Entretien avec Bruno Hubert, fondateur du, cabinet Consilio Manuque

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Interview de Bruno Hubert, fondateur du cabinet Consilio Manuque

Créée en juillet 2008, la société de conseil en ressources humaines, Consilio Manuque, se distingue par sa philosophie et sa conception du rôle des RH. Pour Bruno Hubert « on ne fera jamais l'économie de l'humain ». Un slogan, qui en cette période de crise, doit, selon le fondateur de la jeune société, devenir un nouveau leitmotiv au sein des entreprises.

Comment concevez-vous le métier du conseil en ressources humaines ?

Mon approche s'appuie sur plus de 20 ans d'expérience dans le conseil RH. Le nom de Consilio Manuque est issu d'une locution latine de Sénèque : « Par le conseil et l'exécution ». Cette expression retranscrit toute ma conception du conseil : tournée vers le client et opérationnelle vers les résultats. Ainsi, nous intervenons auprès et avec nos clients, pas à leur place. En nous engageant par contrat et en rendant compte de nos résultats. C'est la raison pour laquelle nos engagements sont soumis contractuellement à pénalités sur nos honoraires, s'ils ne sont pas tenus.

Consilio Manuque est un nouvel acteur, quelle est aujourd'hui sa place sur le marché ?

A taille humaine et nationale ! Nous sommes présents à Lille, Paris et Aix-en-Provence, avec sept salariés à temps plein et trois consultants partenaires externes. Nos clients sont des acteurs des industries de process et agroalimentaires, de l'informatique, des services, de l'environnement, du transport-logistique, de l'énergie et de l'armement. Ce sont essentiellement des entreprises de taille moyenne. Des structures, qui en général, comptent entre 500 et 10 000 salariés. Mais en majorité, ce sont des entreprises dont le capital est principalement détenu par des personnes physiques...

Cette donnée est-elle importante pour vous ?

Révélatrice ! La nature de l'entreprise change selon que « vous avez qui ou vous avez quoi à votre capital ». Aujourd'hui, dans ce changement d'ère économique en cours, c'est révélateur de l'état d'esprit de gestion. Entre une gestion du profit à court terme par des « quoi » et une gestion de la pérennité à moyen ou long terme par des « qui », la différence s'avère fondamentale et souvent corrélée avec l'approche de la gestion RH. Sans ambiguïté, Consilio préfère travailler avec des « qui », des entrepreneurs, que des « quoi », des administrateurs de fonds. C'est l'Homme qui, par son intelligence et la transformation des matières par ses savoir-faire, crée la vraie valeur ajoutée économique. Comme le bon sens paysan préconise de mettre l'église au centre du village, Consilio propose de remettre l'humain au centre du business. L'économie doit rester, ou redevenir, au service des Hommes.

Quelle doit être la place des RH aujourd'hui ?

Au cœur de l'entreprise ! À mon sens, les DRH doivent être des entrepreneurs, membres des comités de direction, et entretenir une complicité avec les instances dirigeantes. L'humain doit être intégré dans la déclinaison des actions stratégiques de l'entreprise. Les organisations qui auront fait le pari des hommes ressortiront plus fortes de cette mutation économique. Plus la tourmente économique durera, plus ce schéma s'imposera d'évidence. C'est ma conviction profonde.

Consilio Manuque a vu le jour en juillet, juste avant la crise, quelles sont vos observations depuis cette période ?

Depuis octobre, nos missions de recrutement se sont considérablement raréfiées au profit d'interventions de conseil en évaluation et en GPEC (Gestion Prévisionnelle de l'Emploi et des Compétences). Bon nombre d'entreprises ont adopté un réflexe salvateur de repli afin de protéger leurs résultats en stoppant les recrutements, en limitant les budgets de formation ou de GPEC.
Certes la situation mondiale est exceptionnelle et frappe en priorité les emplois de production industrielle. Globalement, la situation sectorielle française est moins atteinte que celle de nos voisins. Pourtant notre marché de l'emploi des cadres est atone. Sauf à sombrer dans l'irrationnel et à n'avoir pas tiré expérience RH des années 93-95 ou 2003-05, cette situation ne peut pas, ne doit pas, durer.

Les problématiques RH du printemps 2008 n'ont pas disparu : déséquilibre de la population active, départs en retraite d'hommes-clefs, évolution des organisations et des compétences... Le besoin de compétences et de talents managériaux reste un enjeu stratégique fondamental pour les entreprises. Or, les yeux rivés sur la rentabilité à court terme, chacun use actuellement de la seule mobilité interne. Mais celle-ci a des limites et des impacts dommageables internes et externes à l'entreprise. Aucune organisation ne peut rester plus d'une année sans embaucher et en mettant entre parenthèses sa gestion RH. Les recrutements devraient donc reprendre progressivement après la période estivale et les politiques de gestion RH apparaître comme des fondamentaux de la stratégie d'entreprise.

Quelles sont vos ambitions pour l'avenir ?

Vivre passionnément cette mutation d'ère économique et sociétale ! Nous allons vivre dix prochaines années d'une profonde transformation du monde politique, économique, social et une métamorphose de nos organisations et représentations du travail, sans commune mesure avec les changements des 20 dernières années. Avec autant d'opportunités que de risques immenses.
Dans ce contexte, l'ambition de Consilio, à son échelle, est de continuer à prendre du plaisir à accompagner des entreprises, des dirigeants, des candidats, dans le respect de l'humain. D'agir en conseil en développement RH, humble, responsable, engagé, anticipateur, doté d'une vraie philosophie et lucidité d'action.

Pour en savoir plus : www.consilio-rh.fr

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