Entretien avec Bruno Zefferi, Directeur, Cegos Dirigeants

Publié le 11 juin 2007 La rédaction Cadremploi

MBA, un acronyme qui jouit d'un prestige international indiscutable. Le diplôme est apprécié des entreprises, plus particulièrement lorsqu'il est décroché en formation continue. Suivre un MBA en tant que cadre, c'est valoriser son image portée par un savoir-faire. Le rythme de formation est soutenu certes, mais il permet de s'armer de nombreux atouts pour évoluer professionnellement, tant au sein de son entreprise que sur le marché du travail. Explications de Bruno Zefferi, directeur de CEGOS Dirigeants, organisme de formation.

 

Suivre un MBA, représente-t-il un risque ou un investissement ?
Bruno Zefferi : Cela ne peut être qu'un investissement. Le seul risque qu'il peut y avoir, c'est de ne pas aller au bout du MBA, mais compte tenu de la mobilisation nécessaire, en temps et financièrement, il est peu probable que ce genre de chose arrive. Lorsque l'on suit une telle formation, on se met en posture d'acquisition de compétences, non pas pendant le cursus, mais après sur le terrain. C'est donc totalement un investissement, à la fois pour le cadre, et pour l'entreprise qui co-finance ou finance le MBA.

 

 

 

Quels conseils donnez-vous pour bien choisir sont MBA ?
B. Z. : Ce qui est capital, dès le départ, c'est de bien valider l'adéquation du projet personnel avec le projet professionnel. En tant qu'individu, il faut réussir à se projeter en dehors du contexte métier, de son emploi, et de son entreprise. Si cette projection rejoint les perspectives dressées par les programmes de MBA, alors il devient intéressant de creuser la question. Il ne faut pas hésiter pour cela à consulter les anciens, à se rendre aux réunions d'information, etc.
L'autre point important auquel il convient de bien réfléchir, c'est la période d'absence au sein de l'entreprise. Certains MBA nécessitent un suivi à plein temps, d'autres à temps partiel. Dans le cas du plein temps, cela peut représenter un handicap d'être totalement coupé du monde professionnel. Certaines sociétés le permettent, d'autres non. Dans ce cas, mieux vaut se tourner vers un MBA à temps partagé qui permet de ne pas se mettre en retrait de l'univers de l'entreprise. Cette formule a d'ailleurs l'avantage de permettre une application rapide de ce que l'on acquiert durant la formation.
Enfin, ce qu'il faut aussi prendre en compte, c'est l'ouverture à l'international de l'entreprise qui vous emploie. Si son activité reste concentrée en France, sans une réelle ouverture sur l'étranger, alors je déconseille de s'engager dans un MBA. Mieux vaut privilégier d'autres formations.

 

Dans quelle mesure l'entreprise doit-elle accompagner le cadre ?
B. Z. : Si l'on revient sur le degré d'investissement qu'un MBA représente, et pour le cadre, et pour l'entreprise, une société doit vraiment aider son collaborateur à organiser son service et son travail. Et ça, c'est un élément qui n'est pas forcément pris en compte dès le départ. Bien souvent, l'entreprise ne s'est pas suffisamment préparée pour alléger la charge de travail de son collaborateur. Pourtant, elle doit prendre en compte les contraintes auxquelles il est confronté pendant son MBA, et cela, le plus tôt possible. Dans le cas contraire, on ne part pas sur de bonnes bases, Cela ne permet pas au collaborateur de se placer en bonne posture d'acquisition des connaissances. Cela ne permet pas non plus à l'entreprise de capitaliser sur le potentiel du cadre.

 

 

Existe-t-il d'autres cursus aussi valorisant que le MBA ?
B. Z. :Grâce à la réforme LMD [NDLR : réforme des cursus universitaires], il y a aussi possibilité de prétendre à un diplôme de Master, en université, ou à un Mastère Spécialisé, attribué par des écoles d'ingénieurs ou de commerce. Globalement, ce sont des niveaux équivalents à BAC+6, donc équivalents au MBA. La différence pour ces formations est qu'elles n'ont pas vocation à être internationales. Elles dispensent pour la majorité des enseignements en français, pour celles en tout cas qui ont lieu en France. En revanche, les grandes disciplines de management sont abordées. Vous trouvez par exemple des Mastères Spécialisés en finance, en marketing ou d'autres domaines qui abordent également les disciplines connexes en management. Et inversement pour un master généraliste.
Ce sont des titres qui se développent beaucoup, notamment parce que ce sont des programmes moins engageants. Il n'y a pas de déplacements à l'étranger. Le financement est légèrement en deçà de celui d'un MBA. Quant au prestige, il n'y a rien à envier.

La rédaction Cadremploi
La rédaction Cadremploi

Vous aimerez aussi :