Entretien avec Günther Weiss, Directeur et fondateur, Cabinet Agathe Tyche

Publié le 21 décembre 2005 La rédaction Cadremploi

Le couple franco-allemand n'est pas seulement une affaire politique. Il fonde son avenir aussi sur des bases économiques. Et c'est pour entretenir cette union que des acteurs comme Agathe Tyche trouvent tout leur sens. Ce cabinet conseil se pose comme un régulateur entre les deux pays, leurs sociétés et leurs cultures spécifiques. Ainsi, ses équipes de recrutement, installées tout logiquement en France et en Allemagne, mettent-elles un point d'honneur à aider les cadres français fraîchement recrutés à réussir leur intégration. La mission n'est pas simple, mais est loin d'être impossible. Explications avec Günther Weiss, fondateur et directeur d'Agathe Tyche.

 

En quoi le cadre français est-il réellement différent du cadre allemand ?
Gunther Weiss : Les approches décisionnelles ne sont absolument pas les mêmes. Le cadre français pense tout de suite à la stratégie, à moyen et long terme. Le cadre allemand lui, pense spontanément à l'exécution et à la mise en place de la décision prise et à sa faisabilité. Là où les français raisonnent d'une manière théorique, les allemands se montrent plus pragmatiques et évaluent rapidement la faisabilité des projets. Les forces de l'un sont les faiblesses de l'autre, et vice versa. Les deux sont donc complémentaires.

 

Le savoir-faire de votre cabinet repose donc sur cette complémentarité...
G. W. : Absolument ! Dans la mesure du possible nous préférons développer et faire fonctionner des équipes sur le principe de cette complémentarité. Alors bien sûr, cela entraîne parfois quelques difficultés, mais finalement la formule reste gagnante et performante. L'association du savoir et du savoir-faire de chacun donne un résultat très positif pour la suite.

 

Quels sont les obstacles les plus courants pour un cadre français travaillant en Allemagne ?
G. W. : C'est le résultat de ce que je vous disais. Un cadre français arrivant en Allemagne pense être obligé de faire des résultats uniquement à moyen et à long terme, sans avoir forcément une visibilité sur les moyens financiers. En conséquence, le cadre français abandonne généralement plus vite un projet sur le marché allemand qu'il ne le ferait sur le marché français. Un ingénieur de vente ou un directeur commercial pourra par exemple être remercié au bout de 12 ou 18 mois sans avoir la chance nécessaire de faire ses preuves à moyen terme, sur trois ans en moyenne. Tout le paradoxe, d'ailleurs, est là : le marché allemand est dans une situation extrêmement concurrentielle, et il faut donc justement trois à quatre ans au minimum pour installer un produit.

 

Comment accompagnez-vous les candidats français face aux difficultés qu'ils peuvent rencontrer ?
G. W. : Nous garantissons bien évidemment l'ensemble de nos missions de recrutement sur 12 mois, et dans ce cadre, nous accompagnons nos candidats. Nous restons en contact régulier avec eux, en les rencontrant et en les appelant au téléphone. Nous leur apportons un soutien juridique, mais nous leur donnons aussi divers conseils, aussi bien sur le comportement à avoir que sur les méthodes de prospection et de pénétration des marchés. On les aide aussi à s'installer sur place.

 

Le marché économique allemand ne se porte pas très bien depuis quelques années. Dans une telle conjoncture, il reste quand même une place pour les cadres français ?
G. W. : C'est vrai que le marché allemand ne se porte pas très bien, en particulier pour les entreprises qui travaillent exclusivement sur ce marché. En revanche, celles qui ont une activité d'exportation depuis au moins 4 à 5 années se portent beaucoup mieux et tiennent plus le choc. Dans ce contexte, il y beaucoup de places pour les cadres français. Tout d'abord, de par l'existence de la relation franco-allemande développée depuis des années. Et puis aussi parce que les Allemands sont francophiles. Si un chef d'entreprise allemand doit choisir entre un Français, un Italien ou un Anglais par exemple, il prendra très souvent le cadre français.

 

 

Vu de l'Allemagne en particulier, qu'est ce qui est le plus séduisant chez un cadre français ?
G. W. : C'est son enthousiasme ! J'ai l'exemple d'une candidate française installée depuis maintenant 7 ans en Allemagne ; elle est vraiment enthousiaste. Elle s'est intégrée économiquement et socialement. Elle a sympathisé avec des familles, elle a des amis, et elle est donc ravie de son installation. Contrairement à l'image qu'il peut avoir chez lui, le Français est très travailleur, très investi, et est finalement en harmonie avec la société allemande. Et ça, c'est un atout considérable. De par sa flexibilité et sa souplesse, le Français s'intègre et s'adapte très facilement au contexte germanique. Alors bien sûr, il y a toujours quelques cas qui restent attachés à leurs acquis, mais en général, ceux-là rentrent en France au bout de trois mois. Si un candidat parvient à rester au moins un an et demi en Allemagne, alors son comportement et son état d'esprit ont toutes les chances d'être parfaitement adaptés.

 

Gunther Weiss, fondateur et directeur du cabinet Agathe Tyche
Günther Weiss conjugue la théorie avec l'expérience sur le terrain économique. Ce quinquagénaire, universitaire, expert en organisation, gestion d'entreprises et études de marchés, dirige pendant une vingtaine d'années plusieurs filiales françaises de sociétés allemandes. Confronté aux questions administratives, financières et commerciales associées à la logique de double culture, il se forge une expertise qui l'amène presque tout logiquement a fonder le cabinet Agathe Tyche en 1990. Son objectif : faire partager sa maîtrise des structures organisationnelles françaises et allemandes, sa connaissance des différents modes de pensée et de raisonnement.

La rédaction Cadremploi
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