Entretien avec Isabelle Pouzet, Directrice communication et ressources humaines, NRG France

Publié le 20 mai 2003 La rédaction Cadremploi

Quand l'avenir d'une entreprise passe par sa capacité à s'adapter à une évolution technologique galopante. NRG France, filiale du groupe Ricoh, en a fait une de ses préoccupations majeures. Après une fusion réussie en 2001, la société, spécialiste des solutions d'impression et des technologies documentaires, affiche aujourd'hui une croissance de 20 % et un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros. Des résultats qui lui valent une belle 3ᵉ place dans un secteur d'activité pourtant morose. Autre clé d'une réussite pérenne pour NRG France : l'implication et l'évolution des 850 collaborateurs dans l'avenir de l'entreprise. Explications de la Directrice Communication et Ressources humaines de NRG France, Isabelle Pouzet.

 

 

Dans un secteur pointu comme celui de la copie et de l'impression, quels sont les enjeux auxquels NRG France doit faire face ?
Isabelle Pouzet : Nous sommes sur un marché extrêmement concurrentiel. Plus le temps passe, plus les concurrents sont nombreux, la technologie permettant de fusionner les expertises. Pour les copieurs par exemple, auparavant, il y avait plusieurs sociétés spécialisées. Idem pour les imprimantes. Aujourd'hui, les copieurs sont aussi des imprimantes, et vice versa. Conséquence : on a plus de concurrence du fait de la technologie, et moins de concurrents du fait de l'économie. Dans le courant de la mondialisation, les sociétés ne peuvent tenir que si elles ont une certaine taille critique. A terme, il ne restera probablement que 4 a 5 acteurs sur le marché. Cela signifie que pour rester en vie, la première des règles est d'être en croissance permanente dans un marché en totale maturité.
Par ailleurs, l'informatique, les réseaux et Internet ont modifié la donne. L'accroissement du volume de documents est dans le domaine du numérique et non exclusivement dans le domaine du papier. On doit donc se réinventer en permanence, aussi bien en terme d'offres technologiques qu'en terme de services. Et c'est ce qui a justifié d'ailleurs chez nous le développement d'une solution baptisée « Pay-per-page ». Car « Pay-per-page », c'est un nouveau métier chez nous, c'est aussi un savoir-faire d'audit, et la mise en œuvre de technologies capables d'optimiser, d'harmoniser les solutions documentaires au sein des entreprises pour une réduction des coûts.
Notre volonté est d'apporter des réponses à une évolution technologique extrêmement rapide. Si nous ne faisions pas ça, si nous ne pensions pas à ça, nous ne pourrions inscrire nos collaborateurs dans une logique d'avenir. Nous ne pourrions donner du sens à ce que nous faisons aujourd'hui puisque nous savons que nous sommes dans un domaine où la technologie d'aujourd'hui n'existera plus d'ici 5 ans.

 

 

 

Votre positionnement vous oblige donc à effectuer des recrutements très pointus ?
I. P. : C'est vrai. Faire évoluer notre métier n'est pas seulement le seul fait d'une direction générale. Derrière, il y a 850 personnes qui doivent être capables d'accéder à ces nouveaux métiers. Quant au recrutement, les compétences recherchées ne sont plus du tout les mêmes.
D'ailleurs, notre difficulté, c'est de faire comprendre aux jeunes diplômés ou aux personnes sur le marché que notre société, qui très souvent à leurs yeux vend avant tout des copieurs, n'a plus vraiment le même métier. Nous avons besoin maintenant de compétences dans le domaine de l'informatique, des gens capables de vendre des solutions, et plus seulement des produits. Ce qui nécessite une autre démarche commerciale, et une nouvelle expertise !
Quant à nos techniciens, nous avons besoin de gens plus proches de l'électro-technique que de l'électro-mécanique. L'électronique est beaucoup plus présente dans les technologies et les solutions que l'on implémente qu'avant. Le profil des personnes que l'on va recruter à l'extérieur évolue terriblement. Pour nous, ça se traduit par une recherche permanente de profils nouveaux et de compétences nouvelles.

 

 

 

Cela signifie-t-il aussi que vous avez une politique de formation ?
I. P. : Absolument. La formation est un levier important de la contribution de l'entreprise au développement de ses collaborateurs. Depuis le début de l'année, toutes les personnes nouvelles au sein de NRG France effectuent une formation.
Jusqu'alors, les stages d'intégration concernaient essentiellement la force de vente. Dans notre logique de communauté de stratégie d'entreprise et de compréhension commune de cette stratégie, tous les collaborateurs suivent désormais une formation commune dans les 3 mois consécutifs à leur intégration. L'entreprise, son métier, son organisation, sa stratégie sont les principaux sujets abordés. Les fonctions sont mélangées entre elles afin que chacun comprenne et maîtrise l'enjeu global de l'entreprise en collaboration avec tous les services. Avec une meilleure connaissance des gens, et une meilleure connaissance des processus au sein de la société, il y a alors une meilleure synergie, un meilleur fonctionnement entre les différentes fonctions.
L'objectif de NRG France est réellement de pouvoir passer à une autre étape dans l'implication et l'engagement de nos collaborateurs. Pour se faire, il paraissait indispensable de leur offrir de véritables perspectives d'évolution de carrière et de sens pour leur vie professionnelle au sein d'une entreprise en pleine mutation technologique.

Quels sont vos besoins en recrutement pour les prochains mois ?
I. P. : Essentiellement pour le secteur commercial, à l'échelle nationale ! Nous avons en moyenne une quinzaine de nouveaux entrants par mois. Les profils recherches doivent posséder une connaissance bureautique, informatique et réseau, ainsi que des connaissances dans la vente de solutions et services. Nous recrutons également dans le domaine de l'administration des ventes et dans le domaine technique.

Zoom sur Isabelle Pouzet, DCRH de NRG France
Sa carrière, Isabelle Pouzet l'a construite sur une route toute numérique. Diplômée de l'Ecole d'ingénieur Informatique EISTI, elle fait ses armes chez Xerox France comme Ingénieur commercial grands comptes dès 1990. Huit ans plus tard, son parcours prend une autre dimension en qualité de Responsable de comptes européens pour Xerox Europe. En 2000, au sein de Xerox Business Services, elle devient Directrice des Ressources humaines et du Service juridique. Octobre 2002, elle fait son entrée chez NRG France en tant que Directrice Communication et Ressources humaines. Et à l'entendre, son objectif est clair : « Je suis convaincue que ce qui fait la différence entre deux entreprises, c'est la motivation des collaborateurs au quotidien. Et là, j'ai le sentiment d'avoir entre les mains la matière nécessaire pour parvenir au bon résultat. »

La rédaction Cadremploi
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