Entretien avec Jean-Louis Tauzin, Directeur France, Ingeus

Publié le 20 février 2006 La rédaction Cadremploi

L'histoire commence à la fin des années 80, en Australie, lorsque Thérèse Rein, marquée par la volonté et l'acharnement de son père paraplégique à reprendre le travail, fonde la société Ingeus. Son but : aider les personnes en difficulté à trouver un emploi et à se réaliser à travers cet emploi. Aujourd'hui, Ingeus est la 3ᵉ société du genre en Australie, et le premier prestataire privé en Angleterre. En France, Ingeus travaille depuis fin 2004 avec l'ANPE et l'Unedic pour des opérations ciblées à Lille et à Rouen. Un contrat vient d'être signé avec le département des Hauts-de-Seine pour aider des bénéficiaires du RMI. C'est dans ce cadre que Ingeus cherche des collaborateurs pour son propre développement. Explications du Directeur France, Jean-Louis Tauzin.

Ingeus, c'est une alternative à l'ANPE ?
Jean-Louis Tauzin : Nous ne sommes pas en concurrence avec l'ANPE, nous intervenons plutôt en complément de ce que l'Agence Nationale pour l'Emploi peut proposer. Nous offrons une prestation complète qui nous permet de renforcer le dispositif de recherche existant. D'ailleurs, nous sommes directement mandatés par l'ANPE et l'Unedic pour une action en étroite collaboration.
Ce que nous sommes vraiment, c'est une société de placement, un format qui n'existait pas réellement jusqu'à présent. Certes, sur le marché du travail, il y a beaucoup de cabinets de recrutement ou de sociétés d'intérim, mais qui fonctionnent essentiellement à partir d'offres d'emploi. Le plus d'Ingeus, c'est de définir le besoin du demandeur d'emploi, de réfléchir avec lui à ses besoins, à son ambition. Ensuite, nous prospectons auprès des entreprises, même s'il n'y a pas d'offres d'emploi à l'origine. Nous faisons vraiment du placement.

 

Quelles sont vos méthodes d'accompagnement ?
J.-L. T. : Nous nous impliquons autant que les personnes que nous suivons, autant qu'elles s'impliquent elles-mêmes dans leur recherche d'emploi. Nous les rencontrons au moins une fois par semaine, en séance de travail, côte à côte. Un conseiller est affecté à chacun des demandeurs d'emploi. Des échanges se font aussi par SMS et par courrier électronique, et bien entendu, des sorties sont effectuées avec ces personnes pour prospecter des entreprises et les soutenir lors des entretiens. Ce que nous demandons, c'est de s'impliquer. A partir de ce moment, nous la soutenons, sans jamais la laisser tomber. Il s'agit pour nous, à chaque instant, d'aider une personne à trouver un emploi demain, et de façon durable. Notre souci est de respecter les souhaits des personnes et de travailler au plus près avec elles pour leur permettre de garder les idées claires sur leurs objectifs.

 

 

Le succès de votre activité vous amène donc à recruter pour votre propre compte ?
J.-L. T. : Dans le cadre du contrat passé avec les Hauts-de-Seine, nous avons besoin effectivement de collaborateurs qui vont accompagner et aider les personnes en recherche d'emploi. Les collaborateurs que nous recrutons sont de tous âges et de toutes origines, autrement dit de toutes formations, de tous parcours et de toutes cultures. La diversité constitue pour nous une vraie richesse.
Au-delà de ces expériences, nous recherchons aussi de vraies personnalités. Des gens ouverts sur les autres, ayant une réelle empathie vis-à-vis des autres, faisant preuve d'ouverture, de dynamisme, de créativité, de ténacité, de constance. Aider les mêmes personnes pendant plusieurs mois nécessite en effet toutes ces qualités, tous ces talents.

 

Zoom sur Jean-Louis Tauzin
Armé d'une double formation en Ecole Supérieure de Commerce, en France et en Espagne, Jean-Louis Tauzin se construit une carrière riche en formation et en expérience. D'un premier poste dans la grande distribution pour Auchan en 1985, il passe au milieu bancaire pour le compte du Crédit Agricole. Deux sociétés pharmaceutiques et une société de conseil plus tard, il travaille pour l'Unedic pendant 6 ans, d'abord comme directeur adjoint à Toulouse, puis comme directeur en Normandie. Des contacts avec la direction d'Ingeus Australie lui donnent l'occasion de devenir le directeur d'Ingeus France fin 2004. Plus qu'une affaire d'opportunisme, c'est la conviction qui l'emporte : « A chaque problème, il y a plusieurs solutions et il faut conjuguer l'état des forces. »

La rédaction Cadremploi
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