Entretien avec Jean-Marc Chaintron, Gérant associé, Cabinet Ressources Humaines Environnement

Publié le 05 octobre 2005 La rédaction Cadremploi

Dynamiser les ressources humaines, optimiser le management, telle est la ligne de conduite de RHE. Le cabinet, fondé en 1999 par Jean-Marc Chaintron, considère l'épanouissement de l'individu dans son travail comme un gage de développement pour l'entreprise. Quand la logique humaniste prend le pas sur la logique purement économique. Interview.

Vous militez pour l'efficacité humaine en entreprise. Comment cela se traduit-il ?
Jean-Marc Chaintron : Favoriser et développer un véritable management des ressources humaines, c'est effectivement pour nous une motivation permanente. L'objectif est clair : accroître l'efficacité de l'entreprise, et pour y parvenir, l'optimisation du capital humain est indispensable. Ça passe donc par la prise en compte du potentiel de chacun, et la sollicitation des capacités individuelles, souvent inexploitées et ignorées. De manière générale, le potentiel de chacun est sous-estimé et inconnu dans l'entreprise, ce qui génère forcément des frustrations.

L'évolution au sein de l'entreprise, est ce une problématique dont les dirigeants ont pris conscience ?
J.-M. C. : Un peu plus qu'il y a quelques années. Quand on parle de ressources humaines, on pense tout de suite à la recherche de gens à l'extérieur, mais on oublie trop souvent qu'au sein même de l'entreprise, les collaborateurs pourraient peut-être donner de bien meilleurs résultats s'ils étaient managés de manière différente. Connaître et comprendre les personnes avec lesquelles on travaille, les placer dans une logique positive, et leur exprimer la reconnaissance adéquate fait que chaque individu a toutes les chances de se sentir à l'aise dans son environnement de travail pour finalement donner le meilleur de lui-même. Même si c'est dans un environnement strict et sévère.
C'est d'ailleurs pour cette raison que lorsque nous recrutons des cadres, nous insistons bien sur l'importance d'un management adapté à l'environnement dans lequel ils vont travailler. C'est là que la notion de management situationnel prend tout son sens. Ce qui est applicable dans une société ne l'est pas forcément dans l'autre, contrairement à ce que l'on pouvait croire il y a quelques années.

On annonce depuis quelques années la vague de retraite des baby boomers ; c'est une réalité pour vous aujourd'hui ?
J.-M. C. : C'est une timide réalité. Les entreprises s'y préparent, mais pas assez. Dans un climat plutôt terne qui force les chefs d'entreprises à raisonner plutôt sur du court terme, elles attendent le dernier moment pour se pencher sur le problème. Si dans les grands groupes, de nombreuses personnes sont déjà parties à la retraite ou en retraite anticipée, pour les PME, la situation est totalement différente. Les départs en retraite anticipée ont été très rares ces dernières années. Elles se retrouvent donc confrontées à cet épineux problème des prochains départs en masse, sans trop savoir comment faire pour pallier la perte de savoir-faire et de compétences. Car le problème à terme n'est pas tant le volume de candidats que la qualité même des profils.

Ressentez-vous une certaine frilosité chez les candidats ?
J.-M. C. : Oui, très nettement. Les jeunes voudraient s'investir, ils sont pleins d'espoir. Les 35 heures, ce n'est pas toujours leur préoccupation. Ce qu'ils veulent d'abord, c'est un endroit où ils sont reconnus, où ils peuvent apprendre et progresser, où on leur fait confiance. Bien sûr, il y a le salaire, mais ça n'arrive plus en premier. Et tout ça, ils ne le trouvent pas forcément aujourd'hui dans les entreprises, d'où cette frilosité, ce manque de ferveur.

Les entreprises à taille humaine ont la préférence aujourd'hui...
J.-M. C. : On ne peut pas en faire une généralité, mais c'est vrai que beaucoup de candidats le disent, ils préfèreraient travailler dans une entreprise à taille humaine. A contrario, les petites entreprises de 5 à 20 personnes ne sont pas non plus tout le temps un exemple. Par la force des choses, ces sociétés n'ont pas encore pris la pleine mesure de la gestion des ressources humaines, alors que c'est certainement pour elles un capital encore plus important que pour une grande entreprise.

Quelques mots sur Jean-Marc Chaintron, Gérant associé de RHE
Jean-Marc Chaintron créé son cabinet, RHE, en 1999, après une longue expérience de l'autre côté du miroir. Il est en effet successivement chef de plusieurs entreprises, dans les secteurs de l'agronomie et de la biologie. Fort de cette expérience de la vie, au sens biologique du terme, et de la vie en entreprise, il prend conscience de toute la richesse que peuvent représenter les ressources humaines.
Avec son associée et co-fondatrice Françoise Mourlevat ils développent RHE.
L'importance de la prise en compte, en entreprise, de l'individu et de son potentiel, les a amenés à intégrer les mêmes besoins chez les jeunes au moment du choix de leurs études et de leurs métiers et à élaborer un mode d'accompagnement à l'orientation. L'acquisition de l' ODIEP, société spécialisée dans l'orientation des jeunes permet de donner la pleine dimension à cette approche de l'individu et de ses différences. Car Jean-Marc Chaintron et Françoise Mourlevat croient aux nouvelles générations : « Il faut arrêter avec cette idée qu'ils ne veulent plus travailler », s'exclament-ils. « C'est une génération qui en veut dès qu'elle se sent reconnue. »

La rédaction Cadremploi
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