Entretien avec Laurent Bonhomme, Directeur recrutement, Motorola France

Publié le 07 mai 2002 La rédaction Cadremploi

Difficile de dissocier Motorola du développement de la société de l'information et des télécommunications. Créée en 1928, cette entreprise américaine est devenue une multinationale de quelque 110 000 personnes implantée dans 69 pays, dont la France. Motorola, c'est l'électronique automobile, les radiocommunications, les cartes et systèmes pour applications embarquées, mais aussi la téléphonie mobile et les semi-conducteurs. Deux activités fortes pour l'avenir du groupe et de sa structure française. Explications avec Laurent Bonhomme, directeur du recrutement chez Motorola France.

 

Quel est l'état de santé de Motorola aujourd'hui ?
Laurent Bonhomme : Motorola Toulouse exerce notamment son activité dans deux secteurs économiques, les semiconducteurs et les télécoms, encore frappés actuellement par des crises cycliques. Notre groupe les a subies de plein fouet. Mais c'est une entreprise aux reins solides qui a traversé des périodes difficiles, qui a su se restructurer et retrouver les énergies nécessaires pour profiter pleinement du redémarrage une fois les crises terminées.
Actuellement, on est sur le point d'en sortir ; et on le voit par certains indicateurs et certaines annonces qui ont concerné récemment Motorola.

 

 

Motorola France a appliqué des décisions particulières pour surmonter ces crises ?
L. B. : Contrairement à ce que l'on a pu voir dans d'autres entreprises du secteur, Motorola TOULOUSE n'a pas effectué de plan social. Il y a même un paradoxe : Motorola a embauché et embauche encore aujourd'hui. Tous nos confrères, compétiteurs et concurrents ont gelé leurs embauches, licencié ou s'apprêtent à licencier. Nous, nous avons recruté une centaine d'ingénieurs au dernier trimestre 2001. Et on s'apprête à en recruter 150 pour 2002.

 

 

 

Quels sont les atouts de Motorola France qui justifient de tels recrutements ?
L. B. : Deux pôles ! Le premier, le pôle télécom à Toulouse, connaît un développement très fort. C'est un centre d'excellence mondial pour la téléphonie cellulaire 3G (ndlr : 3ᵉ génération). Tout ce qui se fait de plus avancé en la matière se développe là. Toulouse a été par exemple le premier site à sortir il y a plus d'un an un mobile EDGE, génération de portable située entre le GPRS et l'UMTS. Le centre a maintenant la mission pour la fin de l'année de concevoir des mobiles EDGE pour le marché américain.
Par ailleurs, Toulouse va servir deux contrats signés récemment avec Siemens, pour son premier téléphone 3G. D'ici un an et demi, le centre fournira aussi la première plate-forme 3G pour que Siemens produise son propre portable.
Technologies et développements avancés au plus haut niveau, responsabilité mondiale d'introduction de nouveaux produits à l'échelle planétaire : Toulouse est un centre international qui ne sert pas uniquement la France et l'Europe. Un rôle capital qui explique donc un développement important et l'embauche de 250 ingénieurs entre octobre 2001 et fin 2002.
Deuxième pôle important : le semiconducteur. Motorola s'est allié à ST Microelectronics et Philips pour concevoir les futurs semiconducteurs dont a besoin l'industrie électronique. Les trois sociétés vont travailler en commun avec leurs équipes, à Grenoble, dans un même centre de recherche. Car pour faire évoluer le semiconducteur, il devient aujourd'hui très difficile pour une seule et même société d'investir sans rechercher des partenariats.

 

 

 

Et tout ça entraîne des recrutements importants ?
L. B. : Il n'y aura pas beaucoup de recrutements extérieurs sur la partie semiconducteur en 2002. Seulement des recrutements induits pour remplacer des experts venus des autres centres. A terme, d'ici à 5 ans environ, le centre devrait faire vivre 6 000 personnes.
Le principal pôle en 2002, c'est le recrutement télécom et la montée en puissance de Toulouse en tant que centre d'expertise mondiale. Et cela ne concerne que les ingénieurs spécialistes en téléphonie cellulaire.

 

 

Vous allez chercher vos ingénieurs en Europe ?
L. B. : Ils sont principalement français, mais des européens et des américains rejoignent aussi nos équipes. Des équipes très jeunes. C'est un peu une start-up qui a grandi. Nous avons des petites structures de 7 à 8 personnes, très autonomes et qui ont une importante capacité de décision, résolument internationales, de par leur composition et leurs projets puisqu'elles sont amenées à collaborer avec des équipes aux Etats-Unis ou en Inde. Et la langue de travail, c'est bien sûr l'anglais.

Zoom sur Laurent Bonhomme
Maîtriser les technologies de communication n'est pas forcément un pré requis pour travailler chez Motorola. Laurent Bonhomme en est l'exemple vivant. Agé de 37 ans, ses études en faculté de droit à Toulouse le destinaient plutôt à une carrière d'avocat. C'est d'ailleurs l'orientation qu'il prît en entrant chez Francis Lefebvre en tant que spécialiste du droit social pendant deux ans. Motorola France lui ouvre ensuite ses portes pour un poste de responsable des relations sociales. Douze ans plus tard, notre homme occupe aujourd'hui le poste de directeur du recrutement et des relations universités.

La rédaction Cadremploi
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