Entretien avec Philippe Vidal, Fondateur, Vidal Associates

Publié le 23 octobre 2006 La rédaction Cadremploi

Paris, Bordeaux, Marseille, Milan et bientôt Shanghaï, Vidal Associates est sur tous les fronts. Ce cabinet, créé en 1993, se définit comme « multi-spécialistes ». De fait, ses clients sont des entreprises des secteurs de l'agro-alimentaire, pharmaceutique, informatique, bâtiment et travaux publics, chimique, électronique, et même viticole. Quant aux candidats, ils sont cadres, cadres supérieurs et cadres dirigeants. Dans un contexte de reprise avérée, Philippe Vidal, fondateur du cabinet, s'arrête plus sur leur motivation que sur leur réel savoir-faire. Explications.

Le marché du travail se porte de mieux en mieux : info ou intox ?
Philippe Vidal : C'est une information tout à fait exacte. En tout cas, de notre point de vue, c'est vraiment factuel. Notre carnet de commande est plutôt bien rempli. Nous avons même de plus en plus d'appels spontanés de clients qui nous sollicitent pour leurs besoins en recrutement. Le marché est donc bien reparti. Nous sommes vraiment dans un bon climat.

 

Traditionnellement, les derniers mois de l'année sont-ils les plus favorables pour trouver un nouveau poste ?
P. V. : D'une année sur l'autre, nous constatons effectivement que c'est plutôt une bonne période. Les temps forts dans notre métier, ce sont les mois de septembre et octobre, jusqu'à mi novembre. Ensuite, on passe à janvier et mi-juin. Pour ce qui est de la période post-estivale en particulier, nous observons que les candidats qui sortent de vacances sont plus ouverts, plus réfléchis. Probablement parce qu'ils ont mis à profit leur période de repos pour définir précisément leur avenir professionnel et leur orientation de carrière. Nous avons en cette période une écoute plus favorable.

 

 

Qu'attendez-vous d'un candidat qui vient vous voir ?
P. V. : Il est très important avant de débuter les entretiens d'avoir réaliser un travail d'introspection en amont. Autrement dit, pour que le changement de poste corresponde parfaitement au candidat, et pour que l'on puisse l'accompagner dans sa démarche, il faut qu'il puisse répondre aux bonnes questions : où en suis-je aujourd'hui dans ma carrière ? Qu'est-ce que je souhaite faire ? Que suis-je capable de faire ? Quelles compétences puis-je apporter à une entreprise ? Quelle est ma motivation ? Etc. Bien sûr, il ne s'agit pas de rentrer trop dans le détail non plus, il faut aussi se laisser une certaine latitude, mais il vraiment important d'effectuer ce premier niveau de réflexion au préalable.
Tout ça permet d'aborder les entretiens avec des idées précises. Maintenant, si l'expérience et le savoir-faire compte bien évidemment dans le choix d'un candidat, ce qui compte beaucoup pour nous, c'est la motivation, le comportement et la personnalité. C'est d'ailleurs ce qui caractérise notre cabinet. Autant il peut y avoir un réel enrichissement en transposant dans une entreprise une personne qui vient d'un secteur différent. Autant, dans le cas contraire, en proposant à un candidat le même poste que celui qu'il occupait auparavant, il y a des risques que les envies de changer resurgissent.

 

Sur votre site, vous invitez les candidats à vous « confier » leur CV ; qu'entendez-vous par là ?
P. V. : Lorsque le candidat dépose son CV sur notre site de recrutement, mis en place avec d'autres cabinets partenaires, nous lui garantissons la confidentialité. Il peut donc nous le confier en toute sérénité, et pour lui, c'est certainement une notion sécurisante. Un candidat n'a pas forcément envie et intérêt à ce que son employeur soit au courant de sa recherche. Le fait que l'on soit organisé en réseau nous permet aussi d'accorder une vraie valeur au CV en proposant des annonces en rapport, correspondant à un poste bien précis. C'est là que notre expertise de conseil et d'analyse prend toute sa valeur par rapport au candidat et à son CV. Il s'agit pour nous de minimiser le taux d'échec. Changer d'entreprise, changer de métier parfois, n'est pas une chose facile, à nous par conséquent de faire en sorte que les choses se déroulent de la meilleure façon possible. Nous sommes là pour maximiser les chances de réussite.

 

Quels outils mettez-vous à disposition des candidats ?
P. V. : Bien évidemment, il y a les outils des techniques classiques d'entretien, complété par des outils d'évaluation. Ce sont des outils assez complexes, des outils d'investigation qui nécessitent une bonne demie journée et qui nous servent de support pour un entretien approfondi. Les résultats obtenus sont très pertinents. Nous ne sommes que quelques cabinets en Europe à utiliser cette formule d'origine américaine.

 

Quels sont les secteurs et les postes pour lesquels vous êtes le plus sollicité actuellement ?
P. V. : La grosse dominante est commerciale, avec cette difficulté qui est de trouver des commerciaux de bon niveau. Nous sommes sollicités également pour des postes d'encadrement de centres de profits. Au niveau des secteurs, l'informatique enregistre une reprise assez marquée. Ce qui fait d'ailleurs que le marché est plus tendu avec des salaires qui repartent à la hausse. Le défi pour les entreprises est d'accepter maintenant de corriger le tir par rapport à ces hausses de salaire. Nous ne sommes plus à l'époque où elles pouvaient s'offrir des ingénieurs au rabais.

 

Zoom sur Philippe Vidal
Un diplôme en école de commerce à Bordeaux, complété par un MBA aux Etats-Unis, Philippe Vidal s'est donné les moyens de mener sa carrière tambour battant. A la fin de ce cursus, au milieu des années 80, il démarre dans des fonctions opérationnelles chez Danone. A l'aube des années 90, il intègre le cabinet Euroman en tant que consultant, avant de terminer directeur général du cabinet, 5 ans plus tard. Riche de toutes ses expériences, il crée son propre cabinet, Vidal Associates, en 1993.

La rédaction Cadremploi
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