Entretien avec Rami Kechteil, Directeur, Selescope

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Créé en Janvier 2007, SELESCOPE vient de fêter sa première année d'existence. Ce cabinet est présent en particulier sur les secteurs de services aux entreprises et du High Tech, pour des fonctions opérationnelles (vente, encadrement commercial, middle et top management).
Ses activités principales : le conseil en recrutement, l'assistance à la sélection en phase finale de recrutement, l'évaluation de collaborateurs en interne pour des promotions et mutations.
Dans tous les cas, SELESCOPE s'applique à porter un nouveau regard, plus ouvert, sur les profils recherchés. Car le meilleur candidat est souvent celui que l'entreprise n'attend pas. L'un des deux dirigeants et fondateurs de SELESCOPE, Rami Kechteil vante une approche différente du recrutement. Explications.

 

Selescope c'est une nouvelle « patte » sur le marché du recrutement ?
Rami Kechteil : Notre originalité est dans la manière de faire : la plupart de nos confrères ont une approche qui consiste à prendre un « brief » du client, sans le remettre en cause, et à lui présenter des candidats en bout de chaîne. Ils jouent un rôle d'intermédiation, sans grande valeur ajoutée.
Notre approche est moins transactionnelle et est fondée sur l'interaction « consultant - client - candidat », ce qui de surcroît permet d'aller beaucoup plus vite.
Le candidat rencontre très tôt dans le processus son futur Manager et ne reste pas en contact exclusif avec un intermédiaire qui fait « écran ». Cette démarche permet un raccourcissement des délais, plus de transparence et plus de clarté dans le processus de recrutement. Nous privilégions l'interaction plutôt qu'une approche fermée, opaque, « vieille école ».

 

Quels sont les critères sur lesquels vous travaillez lorsque vous recrutez un candidat ?
R. K. : On distingue classiquement les critères objectifs, liés à l'acquis du candidat (formation, connaissances...), et des critères de potentiel : les motivations de fond, les aptitudes intrinsèques, la personnalité.
Chez SELESCOPE, notre conviction est que ces derniers aspects sont, de loin, les plus déterminants dans la réussite ou l'échec d'un individu dans un poste.
Les entreprises ont trop tendance, pour se rassurer, à privilégier de faux critères.
Elles recherchent des candidats « conformes » en se basant sur des préjugés. Il faut aller au-delà des fausses évidences et des apparences.
Il est fondamental d'ouvrir les profils en termes de provenance et d'expérience tout en étant plus exigeant, en termes de performance future.

 

Cette ouverture des profils est-elle de plus en plus courante, ou a-t-elle encore du mal à passer ?
R. K. : Ça progresse, il y a une prise de conscience, mais l'ouverture est beaucoup plus nette dans les pays anglo-saxons par exemple. En France, pour des questions de tradition, la tendance est de chercher à recruter des « clones », sur des critères trop restrictifs, par rapport à la formation, l'expérience, les connaissances.
Or l'ouverture que nous prônons a vraiment du sens, surtout lorsque le marché est plutôt tendu comme aujourd'hui.
Nos clients ont trop tendance à nous décrire un « mouton à cinq pattes », et notre rôle est donc de les amener à élargir leur regard, sans pour autant les pénaliser, bien au contraire.
Un exemple vécu récemment. Une société de services informatiques recherchait des commerciaux déjà issus du secteur informatique. Par notre travail d'influence, le choix s'est porté sur cinq candidats dont quatre excellents commerciaux sans aucune expérience du domaine. Et ça se passe très bien !

 

Dans la phase de recrutement, et même au-delà, quel est selon vous le meilleur gage de réussite pour le candidat ?
R. K. : Il faut oser répondre à des offres et, surtout, motiver sa candidature par rapport au poste et à l'entreprise. La lettre a vraiment une importance. Il faut prendre le temps de l'écrire.
Ensuite, en phase d'entretien, il faut éviter de se réfugier derrière son parcours, et privilégier plutôt l'envie et les aptitudes.
La meilleure chance, c'est l'audace ! Rechercher un nouveau poste, ce n'est pas seulement mettre son CV en ligne passivement. C'est répondre pro-activement à des annonces parce qu'elles motivent. Et c'est aussi répondre à des offres qui sortent un peu de son propre profil.
Chez SELESCOPE, on est très ouverts à ça.

 

Votre regard sur 2008 ?
R. K. : La période est plutot faste depuis trois ans, 2008 devrait être une très bonne année, malgré les risques de récession.
Il y a de nombreux postes ouverts et beaucoup de candidats cessent d'être frileux et osent se mettre en recherche. Les profils commerciaux et opérationnels sont très recherchés.
Ce sont des profils imperméables aux aléas de la conjoncture. Même quand la période est plus morose.

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