Entretien avec Thierry Humbert , Co-fondateur, Urvika

Publié le 06 mars 2006 La rédaction Cadremploi

Les Norvégiens seraient très certainement surpris d'apprendre qu'un lieu-dit de leur pays a été repris par un cabinet de recrutement et d'évaluation en France. Créé en 2003, Urvika est installé à Lyon, et depuis quelques mois à Paris. Urvika, c'est aujourd'hui deux marques et deux métiers. D'un côté, la recherche et la sélection de candidats. De l'autre, l'optimisation des organisations, la formation inter et intra entreprise, l'accompagnement des collaborateurs et des équipes, le développement des compétences, sous l'enseigne Alpha Formation Conseil. Urvika est une structure à taille humaine de 12 personnes qui se fait fort d'être généraliste. Présentation avec Thierry Humbert, co-fondateur de la société.

 

Urvika, ce nom a-t-il une signification particulière ?
Thierry Humbert : C'est un lieu-dit décrit par l'écrivain norvégien, Olav Duun. Urvika est situé dans l'Ouest de la Norvège, dans une zone giboyeuse très connue pour la chasse. Et c'est donc là un petit clin d'œil à l'un de nos métiers, celui de chasseur de têtes. Par ailleurs, c'est aussi une référence à la capacité des hommes à tracer une voie, à s'adapter à un environnement parfois hostile comme peuvent l'être la forêt nordique et le marché du travail.

 

Votre siège est installé à Lyon ; êtes-vous pour autant spécialiste du recrutement en région Rhône-Alpes ?
T. H.
: Notre localisation influe forcément sur nos orientations et la nature de nos recrutements. Nos clients sont situés à l'origine dans le grand sud-est de la France, englobant la région Rhône-Alpes bien sûr, mais aussi PACA. Au démarrage, en 2003, nos clients étaient essentiellement des PME ou filiales de groupes étrangers, tous secteurs d'activité confondus. Depuis le début de l'année 2005, nous avons un bureau à Paris. Notre activité devrait du même coup être répartie en 2006 à hauteur de 70 % en région Rhône-Alpes, et 30 % en région Ile-de-France. Notre présence sur Paris nous permet de travailler avec des grands comptes de l'industrie, de la grande consommation, des nouvelles technologies et des services.

 

Quels sont les métiers et les secteurs sur lesquels vous travaillez le plus ?
T. H. : Les grands secteurs dans lesquels nous intervenons essentiellement sont les biens de consommation, l'industrie, le bâtiment et la construction, l'immobilier, les services, et le transport et la logistique.
Pour les métiers, nous sommes généralistes. Les postes sur lesquels nous travaillons concernent toutes les grandes fonctions de l'entreprise. Nous traitons des postes de Direction, essentiellement par approche directe (ou chasse) ainsi que des postes de Cadres, managers ou non, au travers de la diffusion d'annonces sur Internet, et plus particulièrement CADREMPLOI.fr, et la recherche dans des bases de données. Nos missions actuelles concernent aussi bien les fonctions commerciale-marketing, ressources humaines, financière qu'industrielle-production.

 

C'est LA tendance du marché...
T. H. : C'est toujours délicat de définir une tendance, une référence. Ce que l'on constate à notre niveau c'est que les entreprises ont ce besoin permanent de conquérir des parts de marché. D'autre part, elles doivent se donner les moyens de s'adapter au plus vite à un environnement en perpétuelle évolution. La plupart des recrutements que nous effectuons répondent à ces deux critères : un objectif de développement, et un objectif d'adaptation aux changements, donc in fine de performance et de création de valeur. Et sur ce sujet, la pression est très forte. Les préoccupations clés sont toujours les mêmes : comment recruter les meilleurs talents, comment les fidéliser, comment développer la motivation et les compétences des équipes ?

 

Comment réagissent les candidats face à cette logique ?
T. H. : Sur ce point, le marché est assez tendu. D'un côté, nous avons une année 2005 qui aura été plutôt bonne en termes d'ouverture de postes. De l'autre, il est difficile de trouver de bons candidats. On note une certaine frilosité à changer, à se remettre en cause, surtout lorsque cela entraîne une mobilité géographique. Il est d'ailleurs presque plus facile de mener des recrutements sur Paris ou Lyon ; dès lors que l'on opère sur certaines villes de province, il est plus difficile de séduire les gens. Les candidats hésitent alors à bouger, surtout lorsqu'ils sont en poste. C'est aussi une tendance que l'on remarque chez les jeunes diplômés, qu'ils sortent d'une école de commerce ou d'une école d'ingénieur. A l'inverse, des cadres qui ont dix à quinze années d'expérience professionnelle, dans des fonctions de management, se posent moins de questions sur la mobilité.

 

Quelles actions doit mener un cadre pour avoir une chance d'être contacté par un cabinet comme le vôtre ?
T. H. : La première démarche, c'est bien sûr de consulter le site de CADREMPLOI.fr sur lequel nous diffusons nos annonces. L'autre point, c'est de déposer son CV dans les bases de données existantes sur Internet. Nous travaillons avec ces bases qui nous permettent d'entrer en contact avec les candidats et de leur proposer des opportunités. La troisième étape, c'est de nous contacter directement. Nous gérons notre propre base de données dans laquelle nous conservons pendant plus d'un an les CV qui nous sont soumis. Et puis, bien évidemment, il y a un effort constant à effectuer pour entretenir et développer son réseau. Il y a toujours un marché « caché » de l'emploi. Il est vraiment nécessaire de travailler sa communication personnelle.

 

Zoom sur Thierry Humbert
Diplômé de l'EM Lyon en 1982, Thierry Humbert débute sa carrière chez L'Oréal, dans des fonctions commerciales et management d'équipe de vente. Quelques années plus tard, il est associé dans une société de communication visuelle, dont il dirige la filiale à Lyon. Un passage dans deux cabinets de recrutement et conseil en ressources humaines le conduit finalement à créer Urvika, début 2003, avec son associé, Olivier Thurel. Sa motivation ? « L'envie de créer une entreprise, de développer et faire partager un projet. »

La rédaction Cadremploi
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