Expatriation : le TOP 10 des boîtes pour travailler à l'étranger

Michel Holtz

La fuite n’est pas résorbée. Les jeunes diplômés ne rêveraient que d’une chose : boucler leurs valises et entamer leur vie professionnelle à l’international. C’est le cas, en tout cas, de 47% des diplômés d’écoles de commerce et de 40% des jeunes issus des écoles d’ingénieurs, a rappelé Universum, entreprise spécialisée dans les classements et la marque employeur, dans un récent communiqué *. Mais le plus étonnant n’est pas qu’une grosse minorité de ces futurs cadres français rêve d’expatriation ; il réside dans la comparaison de la situation dans l’Hexagone avec celle des pays voisins. Ainsi, les futurs commerciaux italiens ne sont que 40% à souhaiter prendre la poudre d’escampette, quand les jeunes diplômés en commerce espagnols plafonnent à 35%. Dans ces pays où la situation économique est des plus difficiles – ce qui pourrait inciter aux départs -, on s'attendait à plus. Encore une illustration du pessimisme proverbial dans l’Hexagone, où l’on conçoit facilement que l’herbe serait plus verte ailleurs ? Les jeunes ingénieurs français, peut-être plus pragmatiques, songent moins à partir que leurs camarades italiens (46%) ou espagnols (42%).

S’expatrier français

Néanmoins, nos jeunes diplômés restent prudents. Universum s’en est allé ressortir l’un de ces fameux classements qui ont fait sa réputation. Il en ressort que nombre d’entreprises sur lesquelles comptent les jeunes Français pour évoluer à l’international sont bel et bien françaises, pour nombre d’entre elles. D’une part, Universum se limite aux boîtes qui sont ses clientes et qui ne siègent pas forcément au Québec. D’autre part, les jeunes diplômés, s’ils se sentent pousser des ailes, se sentent certainement plus à même de s’envoler dans un cadre français. Dans une entreprise comme Accor, en tête chez les commerciaux. Ou chez Schlumberger ou Total, pour les ingénieurs. Des entreprises hexagonales aux ramifications internationales. Le beurre et l’argent du beurre. L’expatriation avec un contrat français. Quelques incursions à l’étranger, tout en gardant un pied, et un bureau, du côté de chez eux. Une bonne manière, pour eux, de conserver une employabilité internationale.

   

Le TOP 10 des entreprises présentant des opportunités à l'étranger

Pour les jeunes diplômés d'écoles d'ingénieurs : Pour les jeunes diplômés d'écoles de commerce :
1 - Schlumberger 1 - Accor
2 - TOTAL 2 - TOTAL
3 - Shell 3 - Philip Morris International
4 - Mondelēz International (Kraft Foods) 4 - Club Méditerranée
5 - BASF 5 - General Electric
6 - Siemens 6 - Schlumberger
7 - ABB 7 - Air France
8 - Technip 8 - BCG
9 - Airbus (anciennement EADS) 9 - Airbus (anciennement EADS)
10 - Pfizer 10 - British American Tobacco

    

   

Matthieu Brucher, Software Engineer chez TOTAL et expatrié chez Schlumberger à Abingdon (Angleterre)

« J’ai été recruté à la sortie de l’école par TOTAL. L’expatriation, ce n’était pas gagné : dans les services informatiques, elle est majoritairement ouverte à l'administration système, et moins au développement logiciel. Sauf pour les centres de recherche à Houston et Aberdeen… plus loin, donc. Mais bien que tout ça soit très structuré, il y a des opportunités inattendues ! En accord avec TOTAL, je suis parti travailler chez Schlumberger pour 3 ans, à Abingdon, près d’Oxford. Quand j’ai appris que ces derniers cherchaient un développeur avec mon profil, j’en ai rapidement parlé à ma gestionnaire de carrière. J’ai eu une demi-journée pour comprendre les démarches à effectuer (banques, médecin, assurances...) et les aides apportées par Total (déménagement, déplacement...), guidé par les ressources humaines. J’ai suivi des formations interactives pour comprendre le fonctionnement des différentes cultures. Parfois, c'est réglé plus rapidement qu’on le croit et, en 2 semaines, on se retrouve à l'autre bout du monde ! Au travail, tout se passe bien. Le plus compliqué est de s’adapter à la vie locale en gérant la distance avec ses proches. Certains partent en famille, d’autres non : ceux-là rentrent généralement une fois par mois, ces frais étant à moitié pris en charge par l’entreprise. » M.R.

Michel Holtz
Michel Holtz

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