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Faut-il avoir du digital sur son CV pour être chassé ?

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Sylvie Laidet

16/10/2018

Les conférences, les ateliers, les formations sur le management digital font en ce moment salle comble. Nouvelle tocade ou nouveau cap ? Avis d’experts.

Un leader digital, c’est quoi ?

Evidemment, il n’existe pas de définition ultra précise de ce qu’est (ou n’est pas) un leader digital. Chacun, en fonction de sa chapelle, y va de son acception. « Un leader digital est d’abord une personne qui fait preuve d’endurance, de détermination, d’une certaine acuité intellectuelle et d’une bonne adaptabilité, explique Jean Giboudeaux, directeur général de Right Management, filiale du groupe Manpower spécialisée dans le conseil en ressources humaines. Sur ces quatre composantes incontournables du leadership, se greffent ce que j’appelle la « learnability », donc la capacité d’apprentissage et la curiosité.

Celui qui a des compétences digitales présente une forte valeur ajoutée car il est plus proche du marché et des expériences utilisateurs.

De plus, un leader digital ne doit pas avoir peur de l’échec, être capable de collaborer, encourager l’innovation et se mouvoir entre le court, le moyen et le long terme ». Evidemment, un manager digital manie avec aisance les outils numériques, se tient à la page des dernières innovations sur le sujet, voire se pose en « early adopter » sur certaines pratiques.

 >> Lire aussi : Qui sont ces cadres "très recherchés" dont les salaires grimpent ?

Demain, tous leaders digitaux ?

Quel que soit le stade de transformation des entreprises, le digital n’est plus une option. « Que le digital représente 10 ou 50 % du chiffre d’affaires d’une entreprise, tous les managers doivent comprendre les enjeux de la digitalisation. A fortiori les managers des métiers reliés à la relation client. A savoir, le marketing, le commercial et la communication. A compétences égales, celui qui a des compétences digitales présente une forte valeur ajoutée car il est plus proche du marché et des expériences utilisateurs », insiste Nathalie Schipounoff, co-fondatrice du cabinet Le leader Digital et coach en transformation digitale. Le management digital ne serait donc pas une mode mais bel et bien un cap durable qui a débuté il y a longtemps mais qui ne fait que s’accélérer. « Pour réussir dans leur business et dans leur parcours, les managers, y compris les patrons de PME, doivent être des leaders digitaux », insiste Jean Giboudeaux, directeur général de Right Management.

Autre argument plaidant en faveur de cette posture : la pyramide des âges. « Quand un manager sénior encadre une équipe de collaborateurs ayant une appétence pour le digital supérieure à la sienne, il doit se former au digital s’il veut pouvoir assumer pleinement sa fonction. Si un manager gère des bac+5 très digitaux, ne pas être au top au niveau digital, peut être un frein dans sa carrière car cela aura un impact négatif sur son efficacité managériale », observe Philippe Bloquet, PDG de NeoSpheres, entreprise spécialisée dans le conseil en stratégie RH et les solutions de SIRH.

 

Dans manager digital, il y a d’abord manager !

Toutefois, tous nos experts s’accordent pour dire que le management tout digital présente des limites et des travers. «Pour un manager, le digital ne doit pas être une fin en soi mais un outil parmi d’autres pour encadrer et animer ses équipes. Je plaide plutôt en faveur d’un manager multicanal que tout digital », argumente Stéphane Saba, coordinateur du réseau Lemon Conseil.

Donc un manager qui communique avec ses équipes via le digital mais qui prend également le temps de leur parler en face. Philippe Bloquet s’accorde par exemple deux heures par jour pour « ne rien faire de productif ». « Je discute avec les équipes, je serre les mains, je m’assois quelques instants avec eux, etc. Ceci m’est possible car dans l’entreprise, beaucoup de choses sont digitalisées, ce qui me libère du temps pour échanger de visu avec mes collaborateurs. Ainsi, je créé de vrais liens avec eux », illustre-t-il. Pour Nathalie Schipounoff, le tout digital peut en effet être « un peu abrasif ». « Le management des hommes est donc plus que jamais primordial.

Gare à la surdose de digital

Un manager digital ne gérera pas de la même façon une équipe très embarquée dans le digital qu’une équipe plus réticente à cette transformation. En fonction des profils, le manager doit s’adapter et rassurer ses équipes. Et pour y parvenir, il doit activer les fondamentaux du management. C’est ça qui prime », insiste-t-elle. Et puis, attention à la surdose du tout digital. « Le manager digital doit aussi savoir déconnecter. Ne pas être branché 24 heures/24, 7j ours/7 à inonder ses équipes de mails ou équivalents. Il doit être capable d’identifier les moments propices au management digital et ceux favorables aux échanges directs de visu. Les équipes apprécient rarement d’être sollicitées en permanence. Et puis, pour se ressourcer, un bon manager a aussi besoin de faire une digital detox », conclut Stéphane Saba. En un mot, un manager digital reste avant tout un manager.

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commentaires

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Mlm

16/10/2018

à 16:29

J'ai travaillé dans une compagnie, jadis 2è constructeur informatique mondial, qui s'appelait Digital Equipment ou "Digital" tout court, la marque mise en avant sur la plupart des produits. J'ai bon ?...:-). Plus sérieusement, le qualificatif de "digital" est devenu du grand n'importe quoi... Je vois , sans dénigrer bien sûr aucun de ces métiers, des responsables communication, des webmasters, des community managers, etc... subitement rebaptisés "Digital manager" ou "Digital owner", ou autre... Sans parler des DSI qu'on trouve plus "up" et disruptif de nommer CDO... Cela permet aussi à des geeks ou à de bons communicants, sans réelle compétence sur les outils qui fondent le numérique, d'afficher un discours tendance... Je ne vais évidemment pas renier la plus grande partie de ma carrière et prétendre que les technologies et innovations que j'ai toujours mises en avant n'ont pas de nos jours une place prépondérante (en contrepartie de risques parfois sous-estimés sur notre vie privée ou notre libre-arbitre).

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MMaMax Lezard

16/10/2018

à 16:28

J'ai travaillé dans une compagnie, jadis 2è constructeur informatique mondial, qui s'appelait Digital Equipment ou "Digital" tout court, la marque mise en avant sur la plupart des produits. J'ai bon ?...:-). Plus sérieusement, le qualificatif de "digital" est devenu du grand n'importe quoi... Je vois , sans dénigrer bien sûr aucun de ces métiers, des responsables communication, des webmasters, des community managers, etc... subitement rebaptisés "Digital manager" ou "Digital owner", ou autre... Sans parler des DSI qu'on trouve plus "up" et disruptif de nommer CDO... Cela permet aussi à des geeks ou à de bons communicants, sans réelle compétence sur les outils qui fondent le numérique, d'afficher un discours tendance... Je ne vais évidemment pas renier la plus grande partie de ma carrière et prétendre que les technologies et innovations que j'ai toujours mises en avant n'ont pas de nos jours une place prépondérante (en contrepartie de risques parfois sous-estimés sur notre vie privée ou notre libre-arbitre).

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bignier maxence

16/10/2018

à 15:14

rarement lu un article aussi inéteressant...

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