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Finance responsable : vers des métiers plus éthiques ?

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Gilles Boulot

01/10/2018

Banque Assurance Finance

Jusqu’au 4 octobre se tient la Semaine de la finance responsable. Suivie en novembre par la Semaine de la finance solidaire. Focus sur les métiers émergents du "sustainable".

Pas de doute : la fin de l’année sera placée sous le signe de la finance. Et pas seulement à cause du 10e anniversaire de la chute de Lehman Brothers et de ses conséquences. A deux mois d’intervalle, deux semaines sont dédiées à une finance différente, qui se qualifie de « responsable » ou de « solidaire » :

-       Du 27 septembre au 4 octobre : Semaine de la finance responsable, organisée par le Forum de l’investissement responsable

-       Du 5 au 12 novembre : Semaine de la finance solidaire, organisée par l’association Finansol.

L’une recrute des financiers, l’autre peu

Les deux associations à l’origine de ces opérations vivent plutôt bien cette concurrence « qui n’en est pas une », selon Grégoire Cousté, le délégué général de la Semaine de la finance responsable, qui se déroule ces jours-ci. Et lui, comme Frédéric Tiberghien, qui dirige la Semaine de la finance solidaire, sont d’accord sur un point : l’emploi est au cœur de leur démarche. « C’était même le thème principal de notre semaine 2017, » rappelle Grégoire Cousté.

Les cinquante premiers diplômés en "corporate and sustainable finance" ont tous été embauchés dès leur sortie.

L’édition 2018 de la Semaine de la finance solidaire (celle du mois de novembre, donc) est plus spécialement dédiée au associations, mutuelles, coopératives et fondations. Une branche qui concerne 2,34 millions de salariés en France et recrute chaque année près de 45 000 personnes, « notamment grâce aux 353 millions d’euros d’investissement de l’épargne solidaire, » précise Frédéric Tiberghien, également président de l’association Finansol qui cherche à développer cette forme d’épargne. Spécialement formés à ces métiers, ces travailleurs sociaux, spécialistes de la santé, ou de l’enfance sont donc très recherchés, même s’ils ne sont pas, sauf dans de rares cas, des professionnels de la finance.

1 081 milliards investis dans des entreprises qui changent le monde

L’édition 2018 de la Semaine de la finance responsable est plus spécialement consacrée aux investissements. L’idée ? Sensibiliser les traders et autres donneurs d’ordre, à privilégier les entreprises qui mettent en avant leurs bonnes pratiques. Une idée loin d’être utopique puisqu’en 2017, ces investissements étaient en hausse de 17 % et ne représentaient pas moins de 1 081 milliards rien qu’en France. Une somme rondelette qui intéresse évidemment les entreprises à la recherche de fonds. Sauf que pour mettre en place ces bonnes pratiques, et entrer dans le cercle fermé des entreprises dites responsables, elles ne savent pas toujours à quel saint se vouer. D’où le recours de plus en plus fréquent à des professionnels spécialement formés.

La RSE déclencheur de nouvelles pratiques

Pour ces spécialistes de la finance sociale, le terrain de jeu est bien plus vaste, puisque ce n’est pas le seul secteur solidaire qui les courtise, mais toutes les entreprises qui recrutent des professionnels de leur calibre. Toutes ? Évidemment, les TPE ne sont pas vraiment concernés par la RSE (responsabilité sociale des entreprises) à l’origine de cette tendance responsable. Le concept remonte aux années 80, mais depuis les lois Grenelle de 2009 et 2010, ce n’est plus une simple tocade de quelques dirigeants : les entreprises cotées ont un devoir d’information de leurs agissements dans ces domaines. Une préoccupation qui devrait également figurer, d’une manière ou d’une autre, dans la loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) actuellement en discussion.

50 sustainables analysts embauchés dès leur diplôme

Mais toutes les boîtes de France ne sont pas cotées en bourse et n’ont pas besoin de justifier de leurs actions en matière de développement durable. « Sauf que de plus en plus de PME embauchent des spécialistes de l’analyse du risque environnemental et social, » corrige Christophe Revelli. Des moyennes entreprises qui embauchent notamment ses étudiants puisqu’il est directeur du Master 2 « finance sociale » qu’il a fondé à l’école Kedge de Marseille. Et les cinquante premiers diplômés de ce cursus né il y a trois ans ont tous été embauchés dès leur sortie de l’école. Pas seulement dans ces PME, évidemment. Le gros des troupes de ces sustainables analysts, ou analystes ESG (environnement social et gouvernance) travaillent pour de grands groupes « et pour les cabinets d’audit et de conseils » précise le prof.

Des PME embauchent aussi

Un succès qui donne des ailes à l’école de commerce qui vient d’ouvrir un autre master II à Paris, plus axé sur l’international. Évidemment, d’autres écoles, et d’autres filières existent dans ce domaine pour former les étudiants à un double cursus qui non seulement fait bien l’affaire des entreprises, mais qui donne une véritable crédibilité aux jeunes ainsi formés. Car ils maitrisent à la fois les ficelles de la finance traditionnelle et les méthodes pour mettre en place des process efficaces en matière de lutte contre les discriminations et de développement durable. Des compétences qui attisent l’intérêt d’entreprises moins grandes également. Et l’on retrouve nos PME, « car elles savent qu’en cas de catastrophe écologique, ou de problème grave de personnel, c’est leur existence même qui est menacée » précise le prof.

La fin justifie les moyens

Des étudiants ravis de trouver un emploi immédiatement, des cursus nouveaux qui satisfont les Millenials en quête de sens dans leur vie professionnelle. Reste un doute sur la sincérité des entreprises lancés dans ces programmes responsables et éthiques, poussées qu’elles sont par des textes de loi. « Il n’y a pas de mauvaises raisons pour être plus responsable, » philosophe Grégoire Cousté. Quand la finalité des enjeux éthiques et environnementaux justifie les moyens pour les atteindre. 

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