1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'actualité de l'emploi >
  4. Ils ont quitté un CDI pour ouvrir une franchise

Ils ont quitté un CDI pour ouvrir une franchise

ils-ont-quitte-un-cdi-pour-ouvrir-une-franchise

Sylvie Laidet

04/12/2018

Ils étaient salariés, avec de bons postes, souvent dans de grandes entreprises… et puis un jour, ils ont décidé de tout quitter pour devenir franchisés. Pourquoi ? Comment ? Le regrettent-ils ? Témoignages de reconvertis sans langue de bois.

Audrey Collet-Noël, 36 ans

  • Hier : avocate, ancienne juriste en droit des affaires dans un groupe textile
  • Aujourd'hui : franchisée Vivaservices à Metz (57)


Pourquoi elle a sauté le pas


J'ai constaté que mon évolution professionnelle n’était pas liée à mon travail mais aux ambitions de ceux qui placent leurs pions pour avancer eux-mêmes.

 Avant de rejoindre les rangs du salariat, Audrey Collet-Noël a porté la robe en libéral. Puis, une opportunité la conduit au poste de juriste d’entreprise dans un groupe textile français. Tout se passe bien, son travail et ses compétences sont reconnues… jusqu’à un certain point. « J’étais très autonome et indépendante. Bref, cela se passait très bien. Trop bien au goût de ma supérieure qui en a pris ombrage », se souvient-elle. Lorsqu’un poste de responsable juridique se libère en interne, en toute légitimité, elle postule. Mais c’est finalement un candidat externe « moins qualifié, moins au fait du secteur et moins compétent » qui rafle la mise. Frustrée et humiliée, elle claque la porte sur le champ.

« Constater que mon évolution professionnelle n’était pas liée à mon travail mais aux ambitions de ceux qui placent leurs pions pour avancer eux-mêmes, me répugnait », raconte-t-elle. Après six mois de négociation, elle signe une rupture conventionnelle et s’oriente directement vers la franchise. «En tant que juriste, je rédigeais les contrats de franchise pour l’enseigne pour laquelle je bossais. Ce business model me paraissait intéressant et sécurisant », argumente-t-elle. Elle réfléchit d’abord à rejoindre un réseau de prêt à porter. Mais l’investissement et les aléas de la saisonnalité la refroidissent. Trop dangereux pour elle. Elle s’intéresse alors au potentiel de développement des services à la personne.

Convaincue, elle signe avec Vivaservices en novembre 2016 et ouvre son agence à Metz en janvier 2017. « Je n’ai de compte à rendre à personne à part aux banquiers, donc j’ai gagné en indépendance. Mais cette liberté est toute relative car l’activité ne s’arrête jamais. Le soir, le week-end, durant les vacances, je dois régler des problèmes avec les clients et les intervenantes », raconte-t-elle. Côté rémunération, le compte n’y est pas puisqu’elle a divisé son salaire par deux. « Ce n’est pas toujours facile mais c’est un choix. On sait qu’en créant une TPE on ne va pas devenir Bill Gates », sourit-elle. Donc pas de regret et une certitude : « jamais je ne reprendrais la robe ni un poste de salariée ».

 

Xavier Forestier, 52 ans

  • Hier : ancien directeur de l’animation du réseau de boutiques franchisés Orange
  • Aujourd'hui : franchisé Attila, réparation et entretien de toits, à Saint-Gemmes-sur-Loire (49)

Pourquoi il a sauté le pas ?

Les coûts et la productivité étaient au centre de tous les débats au détriment de l’humain

Déjà en 2006, Xavier Forestier, avait eu des velléités de quitter Orange pour devenir franchisé. « Et puis, j’ai mordu à un autre projet en interne », se souvient-il. Mais les années passant, le management ne correspond décidement plus à ses valeurs. « On manageait davantage par des indicateurs qualitatifs qu’avec des relations humaines. Les coûts et la productivité étaient au centre de tous les débats au détriment de l’humain », raconte-t-il.

Toujours sur la route, dans l’avion et à l’hôtel, ce cadre supérieur entend également arrêter de « sauter d’un projet à l’autre ».  A 45 ans, il négocie une rupture conventionnelle et s’installe comme consultant. « Cela a été dur de quitter le salariat car je ne concevais pas de mettre financièrement ma famille en danger. A l’époque, on devait financer les études supérieures de notre fille », raconte-t-il sans regret.

Au bout de 18 mois comme consultant indépendant (et 80 000 km par an), un événement personnel l’oblige à « se sédentariser ». Avec son épouse, il arpente alors le salon de la franchise et rencontre le réseau de réparation de toitures Attila. « Si j’avais grandi en maison et pas en appartement, j’aurais peut-être eu un métier manuel. Sur place, j’ai rencontré des hommes partageant mes valeurs », explique-t-il. Après avoir téléchargé et épluché les bilans de l’enseigne, visité et interrogé d’autres franchisés, décrypté le document d’information pré contractuel (DIP) et le contrat de franchise, Xavier Forestier se lance en septembre 2013.

Cinq ans plus tard, sa petite entreprise emploie sept collaborateurs et se porte bien, même si elle accuse un retard d’un an sur le prévisionnel, sans doute dû au turnover important au départ. « Je ne me suis payé qu’au bout du vingtième mois sans retrouver mon salaire d’avant. Désormais, j’ai de nouveau la capacité financière à me faire plaisir et je profite d’un vrai équilibre de vie », apprécie-t-il. A cela s’ajoute une certaine « liberté intellectuelle », ne pas être redevable ni rendre de compte à quiconque. « J’organise mon temps de travail comme je le souhaite sans culpabiliser. Dans mon précédent job, la boutade de 18h30 « t’as pris ton après-midi », était courante », sourit ce néo-entrepreneur qui apprécie évidemment de pouvoir échanger avec les autres membres du réseau.  Et prépare l’ouverture d’une deuxième agence.

 

Sonia Marcellin, 46 ans

  • Hier : Ancienne responsable financière d’un site de locations de vacances
  • Aujourd'hui : Franchisée Amazing à Villeneuve-la-Garenne (92)

Pourquoi elle a sauté le pas ?


Je me sentais prisonnière des horaires et n’avait plus envie de rendre des comptes

 

Après 17 ans comme comptable à la Maison de la Radio, Sonia Marcellin avait des fourmis dans les jambes. «J’en avais marre de la routine du transport et des missions mais aussi de devoir faire mes preuves à chaque changement de direction pour au final une évolution salariale minime car calquée sur des grilles très normées », raconte-t-elle. Elle quitte son poste pour lancer une franchise Geox. Mauvaise pioche. Faute de local adéquat, elle abandonne ce projet et se relance dans le salariat comme responsable financière d’un site de locations de vacances en ligne.

Mais le démon de l’entrepreneuriat la rattrape. « Je me sentais prisonnière des horaires et n’avait plus envie de rendre des comptes. Et puis, quitte à travailler dur, autant travailler pour son compte », résume-t-elle. Pour autant pas question de se lancer à l’aveuglette. « Le système de franchise est sécurisant et les consommateurs aiment les enseignes nationales, ça les rassure. Durant mes 3 ans en poste,  j’étais restée en veille sur les nouvelles enseignes de commerce », détaille-t-elle.

Un mois après la signature de sa rupture conventionnelle en juin 2018, elle paraphe donc un contrat de franchise de 7 ans avec Amazing, un jeune réseau de distribution de bijoux. L’ouverture d’un premier point de vente a eu lieu fin octobre dans un centre commercial à Villeneuve-la-Garenne. Et sans doute un second suivra à Lille dans la foulée.

 

Il n'y a pas de

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

Soyez le premier à commenter cet article.

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte