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Ils ont reçu le Prix du leadership 2019, pourquoi eux ?

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Imene Besbes

17/12/2019

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[Video] Philippe Ginestet préside aux destinées des magasins Gifi qu'il a créés il y a 40 ans. Et Philippe de Chanville codirige l’enseigne ManoMano de vente en ligne née en 2013. Le Cercle du leadership* a distingué cette année encore deux leaders issus de générations différentes mais qui partagent des qualités humaines hors du commun. Qu’est-ce qui dans leur personnalité a fait la différence ? Témoignages.

 

Les lauréats

  • Lauréat du Prix du leadership 2019 : Philippe Ginestet, 65 ans, président-fondateur de Gifi, enseigne de distribution de produits de décoration à petits prix.
  • Lauréat du Prix Espoir du leadership 2019 : Philippe de Chanville, 39 ans, co-fondateur de ManoMano, leader européen de la vente en ligne de bricolage et jardinage.

Le Cercle du leadership

Il réunit des dirigeants de grandes entreprises désireux de promouvoir une vision et des actions innovantes en matière de management et de leadership. Cadremploi et le Figaro Economie étaient partenaires de la soirée de remise des Prix du leadership le 3 décembre dernier

Témoignages de jurés

  • Philippe Gabilliet, professeur de leadership à ESCP Europe 
  • Angélique Gérard, à la tête de plusieurs filiales du groupe Iliad (ainsi qu'au comité exécutif), elle est aussi auteure "Pour la fin du sexisme, Le féminisme à l'ère post #metoo" (Ed Eyrolles) et businessangel.
  • Didier Pitelet, président du Cercle du leadership 
  • Raphaëlle Laubie, directrice générale du Cercle du leadership 

On parle de valeurs...

Ils sont très différents mais ont fait l’unanimité grâce aux valeurs humaines qu’ils incarnent. Les deux parlent "d’amour". Celui qu’ils portent à leurs collaborateurs. On entend souvent dire qu’il faut “mettre l’humain au centre”. Selon les jurés, les deux Philippe ont réussi, chacun à leur manière.

Philippe Ginestet

Tout ce que je sais aujourd'hui et qui m'a permis de devenir un leader, c'est grâce à mes équipes. Ils m'ont tout appris.

Cet homme d’affaire autodidacte a monté une entreprise, sans diplômes en poche. La proximité qu’il a avec ses équipes et  “le don de soi, la considération et l’humilité ” est ce qui le caractérise selon Raphaëlle Laubie, directrice générale du Cercle du leadership.

Philippe de Chanville

Je suis persuadée que ce que l'on retient d'une carrière, c'est beaucoup plus les gens avec qui on a fait des choses, que ce que l'on a fait soi-même.

Ce diplômé de l’Edhec incarne le modèle émergent du management qui valorise les soft skills. Son éthique et ses valeurs représentent les nouvelles générations et les nouveaux modes de travail. “Certains peuvent trouver cela bizarre, mais j’aime mes collaborateurs et je le leur dis durant le homeboarding. Je fais un bout de vie avec eux ”, confie le lauréat.   

... d'incarnation

Ce n’est pas que du blabla. Au-delà des termes formels utilisés dans l’entreprise, les lauréats ont raflé les prix grâce à leur sincérité. Chacun à sa manière et dans sa spécificité incarne dans la vie réelle et personnelle le discours et les valeurs qu’ils transmettent à leurs équipes. 

Philippe Ginestet 

“Il n’est pas hypocrite et ne joue pas de rôle”, ont estimé les jurés. Mais pas que. Son humilité lui a permis de sortir du lot. “Il n’a pas cédé aux sirènes du pouvoir ”, relève Raphaëlle Laubie. Le pouvoir étant l’une des thématiques abordées durant la cérémonie du Cercle du leadership du 3 décembre dernier. 

Philippe de Chanville  

En ne parlant que de son équipe et de son associé, Philippe de Chanville convainc le public qu’il n’est pas égoïste. Le public a d’autant plus apprécié sa manière de mettre en avant son associé. “Je n’aurais rien pu faire sans lui ”, confie l’intéressé. 

... et de caractères 

L’un reflète le management nouvelle génération aux airs d’entreprise libérée. “On est au service de notre équipe”, clame Philippe de Chanville. Tandis que l’autre, représente un management traditionnel, un peu old school à l’image du patron qui veille sur ses collaborateurs.

Un leadership paternaliste 

"Philippe Ginestet, c’est un leader avec un enracinement en région" témoigne Philippe Gabilliet, professeur de leadership à l'ESCP. C’est le “padre de l’entreprise” avec un leadership que certains pourraient qualifier de vieux jeu. Son management et sa personnalité sont atypiques mais “parfaitement assumés” et c’est ce qui a plu aux jurés.“ Il y a derrière sa manière de diriger une nostalgie communautaire, gauloise, du sud-ouest. Je dirais à mes élèves, “faites-le si vous en êtes capable” ajoute Philippe Gabilliet. 

Un leadership libéré  

Philippe de Chanville met en avant les soft skills parfois au dépend des hard skills.   “ManoMano doit embarquer des populations aux ADN différents”, conclut Raphaëlle Laubie. “Moins loyaux et plus opportunistes car on est dans une ère plus nomade où les collaborateurs sont préparés à avoir au moins dix jobs” conclut l'entrepreneuse. 

Conseils de dirigeants aux futurs dirigeants

  • Philippe Gabilliet perçoit la limite du leadership paternaliste que “l’on trouve dans beaucoup d’entreprises familiales”. “ Il faut vraiment incarner ce qu’on dit en public même dans sa vie privée, sinon il sera difficile d'attirer de nouveaux éléments. Quand les jeunes se lèvent le matin, qu’ils se posent la question “ c’est comment de travailler avec moi ?”, cela leur donnera les pistes pour avancer”, conseille le professeur.

Le mot “incarnation” était dans toutes les bouches. Aux yeux des jurés, le ou la dirigeant(e) doit être exemplaire dans son comportement. Il doit être honnête en représentant lui-même ce qu’il attend des autres.

  • Angélique Gérard : “Un leader doit avant tout faire confiance, car les nouvelles générations ont besoin de beaucoup d’autonomie. L’humilité est aussi une clé pour réussir.”
  • Raphaëlle Laubie : “il faut être passionné pour être entrepreneur, c’est tellement difficile, il y a tellement d’embûches“. 
  • “Il faut croire en ses rêves et ne pas se soucier de ce que l’on va dire de lui ou d'elle” ajoute Didier Pitelet. 
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