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Immobilier : la filière débauche dans d’autres secteurs

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Sylvie Laidet

26/02/2018

Smart cities, smart building, digitalisation de la commercialisation des biens… L’industrie de l’immobilier et de la ville est en pleine transformation. A la clé, des néo-métiers ou des fonctions qui évoluent et surtout des offres d’emploi ouvertes à des candidats d’autres secteurs, selon une récente étude. Avis aux amateurs.

Elle pèse 10 % du PIB, représente plus d’une centaine de métiers (majoritairement des postes cadres), emploie plus de 2 millions de personnes, et 8 dirigeants sur 10 envisagent de recruter d’ici 3 ans. La filière de l’industrie immobilière et de la fabrique de la ville de demain affiche une santé insolente, selon la 2e édition de l’étude sur les métiers de l’immobilier et de la ville*, menée par EY, la fondation Palladio et Business Immo. Mieux 80 % des intentions de recrutements concernent des CDI. Pour les cadres, les indicateurs sont au vert. + 56 % d’embauches entre 2014 et 2016, et encore une hausse de l’ordre de 15 % pour 2017.

 

Cadres in the city

Outre les traditionnels métiers cadres de la filière – programmistes, conducteurs de travaux, développeurs fonciers …–, l’immobilier recherche des professionnels pour faire face aux nouveaux enjeux liés aux smart cities (villes intelligentes, connectées, participatives et inclusives) et au smart building (idem mais à l’échelle d’un bâtiment). Quels sont ces nouveaux besoins en compétences ?

 

  • Et BIM !  La technologie du Building Information Model (BIM) révolutionne les manières de mener un projet. Ces logiciels de maquette numérique permettent en effet à tous les acteurs d’un projet de modifier, en temps réel, une vue en 3D pour visualiser le quartier ou le bâtiment en cours de conception. Bref, d’avoir une vue globale d’un projet avant même le lancement d’un chantier. Les municipalités, les bureaux d’études, les cabinets de conseil, les constructeurs, s’arrachent les auditeurs et managers BIM. Les premiers recueillent les besoins des clients (entreprises et municipalités) tandis que les seconds coordonnent et contrôlent l’exploitation d’un bâtiment, voire plus largement d’un quartier.

>> Lire aussi : Smart City : ces métiers qui travaillent à créer la ville de demain

 

  • Smart manager : De leur côté, les chefs de projet smart city, employés par les villes et les métropoles, jouent un rôle d’évangéliste auprès des multiples parties prenantes (élus, pôles de compétitivité, entreprises, citoyens, etc). Un poste qui nécessite donc une capacité à fédérer et à vulgariser des concepts parfois très virtuels.

 

  • Community manager : Aujourd’hui, on n’achète plus un bien immobilier comme il y a 10 ans. Les canaux d’information et de vente se sont digitalisés. Pour cela, les promoteurs recherchent des community managers afin de faire passer leurs messages sur les réseaux sociaux et d’animer une communauté « d’utilisateurs » », illustre Marc Lhermitte, associé chez EY et co-auteur de l’étude.

 

  • Financer par la foule : le financement participatif concerne aujourd’hui aussi les projets immobiliers. Les plateformes de crowdfunding immobilier ont ainsi récolté plus de 100 millions d’euros en 2017 en France selon le baromètre Fundimmo. Soit une hausse de 83 % en un an.

 

  • Best place to work : les divisions immobilières des grands donneurs d’ordre (banque, assurance, industriels, etc) cherchent toutes à optimiser leurs espaces de travail et à innover en leur sein. Pourquoi un restaurant d’entreprise devrait-il rester vide après le service du déjeuner et ne pas devenir un espace opérationnel par exemple ? Pour répondre à ce type de question (ce n’est qu’un exemple), elles recherchent des chefs de projet workplace. « Leur rôle est de recenser et de comprendre les besoins des utilisateurs finaux, de faire le lien avec les bureaux d’études, les start up et les architectes proposant des solutions innovantes pour ces nouveaux lieux de vie. Puis d’accompagner le changement auprès des utilisateurs », détaille Mickaël Haik, directeur de WeSearch, cabinet de recrutement spécialisé dans l’immobilier. 

 

>> Lire aussi : Charles Ragons (Colliers International) : Travailler autrement grâce à des bureaux différents

 

Priorité aux soft skills

Outre les compétences techniques inhérentes à chaque métier, les recruteurs de la filière recherchent avant tout des candidats capables de travailler en équipe et dotés d’un bon sens du service client. Et ce, dans tous les métiers et à toutes les étapes d’un projet. « Les frontières de l’entreprise s’élargissent. En témoigne l’émergence de l’entreprise «étendue » correspondant à un écosystème constitué de sous-traitants, de partenaires, de start-up, de free-lance, de télétravailleurs et de fournisseurs au sein d’une filière ou d’un territoire par exemple», précisent les auteurs de l’étude. De plus, l’utilisateur final est désormais au centre de toutes les attentions, de plus en plus tôt dans la chaine de valeur. Ecouter et comprendre le client (consommateurs, salariés, etc.), tracer ses comportements par la donnée et l’observation, et construire des solutions nouvelles, sont autant d’aptitudes critiques pour les entreprises évoluant dans un environnement économique de plus en plus concurrentiel et bousculé par l’arrivée des digital natives », ajoutent-ils. Ces deux compétences sont au centre des attentes des recruteurs.

 

Bienvenus aux cadres de la banque, assurance, grande conso, e-commerce…

Pour rejoindre cette vaste filière, une appétence pour l’immobilier et les nouveaux territoires de vie est un plus mais pas une condition sine qua non. Et pour cause : 68 % des dirigeants exprimant des difficultés de recrutement, ils n’ont d’autres choix que de diversifier leurs recrutements. Un expert en big data & analytics issue de l’univers de la grande consommation ou du e-commerce par exemple peut s’avérer précieux pour la mise en œuvre de stratégies marketing différenciées selon les cibles visées par un promoteur immobilier. Quel que soit leur univers d’origine, les as du développement d’applis mobiles seront accueillis à bras ouverts par les sociétés d’ingéniérie ou encore les start-up. Par exemple celles de la Real Estech. Et puis, autres exemples, les risk manager ou les experts en financement complexes (notamment participatif), issus des banques ou des grands noms de l’assurance, retiendront évidemment l’attention des recruteurs de la filière.

 

* Etude « Anticiper, partager, recruter : l’immobilier et la ville face aux défis de l’innovation », présentée le 15 février 2018. Cette 2e édition a été menée par le cabinet de conseil EY, la fondation Palladio et Business Immo auprès de plus de 900 dirigeants, 500 étudiants et 30 organisations professionnelles de la filière.

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