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Jeunes diplômés : comment ils ont trouvé leur premier job à l’étranger

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Ingrid Falquy

12/07/2016

Londres, Munich, Mexico, Santiago… Ces quatre jeunes diplômées ont décidé de chercher leur premier emploi à l’étranger, plutôt que d’attendre patiemment d’y être un jour envoyées par leur employeur. Elles racontent leur parcours. Interview croisée.

Pourquoi vouloir partir travailler à l’étranger et pourquoi cette ville en particulier ?

Nina, à Londres (Royaume-Uni), conseillère clientèle en gestion de portefeuille de brevets et de dessins depuis deux ans pour une entreprise internationale spécialisée dans le management de propriété intellectuelle basée à Londres : J’ai choisi l’Angleterre parce que c’était pertinent par rapport à mon profil. Je suis diplômée d’un master anglophone de la Sorbonne, en économie et psychologie. Sur le marché du travail français, ce type de bi-spécialisation, personne n’en veut. Alors qu’au Royaume-Uni, c’est très recherché. Cela ressemble plus à ce que font les Anglo-saxons. Là-bas ils laissent plus facilement leur chance à des gens qui ont zéro expérience. Enfin, j’avais envie de devenir complètement bilingue et Londres était le choix le plus facile : pas de visa nécessaire, proche de Paris en cas de problèmes.

Aurore, à Mexico (Mexique), est acheteuse pour une grande marque de discount mexicaine : J’ai orienté mes études pour partir à l’étranger. J’ai fait plusieurs échanges : en Europe, en Asie, puis j’ai fini en Amérique latine parce que j’avais rencontré mon copain, qui est Mexicain. J’apprends tous les jours ici, parler différentes langues, rencontrer plein de gens, découvrir d’autres cultures.

Céline, à Santiago (Chili), recherche du travail au Chili après un stage de fin d’études chez Engie : Quitte à vivre dans un rythme métro-boulot-dodo, autant sortir de son petit cercle. J’ai toujours voulu habiter à l’étranger, parce qu’on y vit plus d’aventures au quotidien. Vers la fin de mon diplôme d’école de commerce, au moment de trouver un stage de fin d’année, j’avais envie de découvrir l’Amérique latine. Le choix du Chili s’est imposé parce que c’est là où j’ai trouvé le plus d’offres, et aussi parce que mes grands-parents y avaient vécu et ont pu me donner des contacts sur place.

Lili, à Munich (Allemagne), travaille dans un cabinet de conseil depuis un an et demi : Mon copain avait trouvé du travail en Allemagne   au moment où j’allais avoir mon diplôme. J’avais étudié l’allemand en école de commerce, alors je me suis dit : pourquoi pas ?

Comment vous y êtes-vous pris pour trouver du boulot ?

Nina, à Londres (Royaume-Uni) : D’abord j’ai essayé de trouver du travail depuis la France mais ça n’a pas marché parce que les recruteurs britanniques sont trop réactifs... Ils te demandent de venir le lendemain ou deux jours plus tard. Donc j’ai déménagé et trouvé un premier job de vendeuse, en démarchant sur place, pour assurer le loyer le temps de mes recherches pour un "vrai" travail. Ensuite, quand on est allé créer notre numéro de Sécurité sociale, avec mon copain, ils nous ont donné des prospectus et dit sur quels jobboards s’inscrire. J’ai été contacté par ce biais.  Mais finalement, le poste que j’occupe actuellement, je l’ai trouvé sur un réseau social via un groupe des Français à Londres.

Aurore, à Mexico (Mexique) : Je connaissais du monde sur place alors j’ai demandé à mes amis de se renseigner sur les opportunités pour un stage de fin d’études. Je me suis heurtée à deux difficultés : d’abord, je n’avais pas les diplômes locaux qu’ils attendaient, ensuite, les salaires étaient vraiment très bas. C’est finalement sur le groupe Facebook de ma promo que j’ai trouvé. Ensuite, pendant mon stage, j’ai fait d’autres démarches pour enchaîner sur un CDD ou un CDI. J’ai notamment entamé un process de recrutement grâce à une personne croisée en soirée. Et puis, finalement, j’ai été embauchée dans la boîte où j’étais en stage.

Céline, à Santiago (Chili) : Grâce à des études tournées vers l’international, j’ai pu effectuer mon stage de fin d’études au Chili, chez Engie. Je profite aujourd’hui d’avoir des contacts sur place pour trouver du travail grâce aux recommandations. Il ne faut pas hésiter, ici, à parler de son projet autour de soi. J’en ai discuté avec mes amis, ma boss, mes clients… C’est comme ça que j’ai réussi à décrocher quatre entretiens en deux semaines ! Aujourd’hui, j’attends trois réponses, mais les processus sont très lents.

Lili, à Munich (Allemagne) : J’ai trouvé un stage, puis du travail, grâce au réseau de mon école. On a un réseau assez large, avec des écoles et universités partenaires dans d’autres pays. Après six mois de stage qui m’ont permis de réviser mon allemand, j’ai préparé mes entretiens d’embauche grâce à des livres. Dans le secteur du conseil, les entretiens sont assez codifiés donc il faut se préparer sérieusement. Ça atténue la barrière de la langue.

Quelles différences avez-vous remarqué dans le processus de recrutement ?

Nina, à Londres (Royaume-Uni) : La rapidité !

Aurore, à Mexico (Mexique) : Ici, le process est lourd. Pour un stage, j’ai eu 4 entretiens. Puis, même pour être embauchée en interne, j’ai eu toute une série de tests : un entretien avec le big boss, des tests psychométriques, des tests de maths, des tests médicaux… et même un détecteur de mensonges. C’est pareil dans tous les groupes.

Céline, à Santiago (Chili) : Ici, tout fonctionne par piston. Si tu ne connais personne, ça ne sert à rien de postuler. D’ailleurs, la lettre de motivation n’existe pas, on transmet seulement son CV. Aussi, j’ai été surprise par leur élitisme : pire qu’en France. Je passe entre les mailles du filet parce que je suis Française, mais dans toutes les annonces, il est indiqué qu’il faut à tout prix avoir fait ses études dans une des deux grandes universités du pays.

Lili, à Munich (Allemagne) : En Allemagne, le processus est très formel. Il faut envoyer une candidature complète avec CV, lettre de motivation, et des tas d’autres documents. Ils veulent même connaître toutes tes notes depuis le bac !

Le fait d’être Français est-il plutôt un avantage ou un handicap ?

Nina, à Londres (Royaume-Uni) : C’est un avantage dans les boîtes internationales parce qu’ils veulent à tout prix des Français pour parler aux clients français, réputés râleurs. Il faut savoir les calmer. Non seulement on n’a pas la même culture, mais les Français ne parlent pas bien anglais et les Anglais pas bien français. Ils ont besoin des expatriés.

Aurore, à Mexico (Mexique) : C’est un avantage car le système mexicain fait que les jeunes sont moins débrouillards. Quand on sort d’école en France, on a fait des stages, voyagé, et appris des langues étrangères. Ici, j’ai un profil atypique. C’est sûrement pour ça que j’ai été contactée spontanément par plusieurs recruteurs, beaucoup plus que si j’avais été en France. Ici j’ai un profil qui sort de l’ordinaire et ça donne envie.

Céline, à Santiago (Chili) : Un avantage ! Je n’aurais jamais eu quatre entretiens en deux semaines si j’étais restée en France.  Au Chili, partir à l’étranger, faire des stages pendant ses études, parler d’autres langues, ce n’est pas commun. À 28 ans, ils sont encore chez leurs parents. Moi, à 23 ans, je suis déjà diplômée, je parle plusieurs langues, j’ai vécu en France, en Espagne, en Asie, j’ai des expériences professionnelles. Surtout, je mets en avant le fait que je suis européenne, parce que pour eux l’Europe est plus développée donc ils ont tendance à penser qu’on est plus intelligent. C’est aussi un avantage parce que ce n’est pas grave ici, de ne pas avoir fait LA meilleure école de France. Finalement, le seul problème, c’est qu’en entretien il faut toujours justifier pourquoi ce pays et pas un autre. Ils ont leur petite fierté nationale quand même.

Lili, à Munich (Allemagne) : Ce n’est pas un handicap, c’est sûr, parce qu’ils sont assez ouverts. Au quotidien, le travail se fait beaucoup en anglais et ils sont habitués à travailler avec des étrangers. Je dirais même que ça peut être un avantage pour ceux qui ne sortent pas d’une grande école parisienne. Comme les Allemands n’ont pas notre système de prépa, avec une sélection à l’entrée, ils ne jugent pas les candidats à partir du nom de leur école.

Y a-t-il des différences culturelles au bureau ?

Nina, à Londres (Royaume-Uni) : Les Anglais sont très hypocrites, par souci de politesse. Ils ne diront jamais totalement non. Il faut s’habituer à ne pas prendre leur sympathie pour argent comptant. Par exemple, ce n’est pas parce qu’un entretien se passe super bien que cela veut dire que c’est dans la poche. C’est simplement qu’ils sont gentils.

Aurore, Mexico (Mexique) : Ils sont assez informels, vite familiers entre eux, mais en même temps très disciplinés, ils respectent les horaires, la hiérarchie… Pas des différences trop difficiles quand même.

Céline, à Santiago (Chili) : Quand tu débarques, tu peux te sentir comme un extra-terrestre. S’adapter demande des efforts au quotidien. Par exemple, au Chili, ils sont moins directs, il faut décrypter ce qu’ils demandent. Mais moi j’ai eu de la chance, parce qu’on était plusieurs Français, donc on se comprenait.

Lili, à Munich (Allemagne) : C’est une autre culture, je ne pense pas que ce soit pour tout le monde. Il y a plus de normes à respecter, si on ne le fait pas on se fait mal voir. Mais ce sont aussi des bons vivants, comme les Français, ils aiment faire la fête, alors ça va !

Que pensez-vous de la législation du travail de ton pays d’accueil ?

Nina, à Londres (Royaume-Uni) : Il y a du positif et du négatif. Ici, j’ai eu un meilleur salaire après mon diplôme que ce que j’aurais pu espérer avoir en France. Et pour les étrangers, les papiers administratifs sont très rapides à faire. En revanche, le fait d’avoir très peu de vacances et d’être facilement licenciable m’embête beaucoup. À cause de ça, je pense aujourd’hui à rentrer en France.

Aurore, Mexico (Mexique) : Le premier problème, c’est que les salaires sont bas. Je suis payée l’équivalent de 900 euros, ce qui est un très bon salaire ici. Impossible donc de mettre de côté pour un éventuel retour en France, et encore moins de rentrer régulièrement voir ma famille. De toute façon, je ne vais avoir que dix jours de vacances en négociant… [Au Mexique, les droits aux vacances sont progressifs : de six jours après un an d’ancienneté à vingt jours après vingt ans, ndlr]

Céline, à Santiago (Chili) : C’est mon principal problème. Je ne veux surtout pas être embauchée en contrat local, le salaire ne vaut pas le coup. L’idéal pour moi, ce serait de trouver un VIE (Volontariat international en entreprise) puis d’être embauchée avec un statut d’expatriée. Reste qu’il faut travailler au moins 45 heures par semaine et accepter de pouvoir être viré à tout moment. C’est difficile quand on vient de France.

Lili, à Munich (Allemagne) : Je vais être honnête : le salaire est plus élevé en Allemagne. Et de manière générale, les salariés sont bien traités. On a le droit a pas mal de vacances, des congés maternité, la Sécurité sociale. Je ne suis pas déçue.

Que conseilleriez-vous à des personnes qui veulent partir aussi ?

Nina, à Londres (Royaume-Uni) : Partir. Ou être prêt à partir tout de suite s’ils postulent depuis la France.

Aurore, Mexico (Mexique) : Faire attention aux règles de sécurité, prendre en compte les différences de culture, et je pense que c’est mieux de chercher sur place, en connaissant du monde.

Céline, à Santiago (Chili) : Être Français est à la fois un avantage et un désavantage. Se préparer administrativement peut être long. Alors, mon conseil, ce serait : anticipez, ne débarquez pas dans un pays étranger les mains dans les poches.

Lili, à Munich (Allemagne) : De ne surtout pas négliger son réseau et ne pas hésiter à faire appel aux anciens de son école. Aussi, je dirais qu’il vaut mieux avoir trouvé un point de chute avant de tout quitter. Ne serait-ce que pour le déménagement et la Sécu, c’est mieux.

 

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NOURADINE

13/07/2016

à 12:25

Bjr vraiment le souhait de mon enfance .Pour allé vivre a l'étranger se pour découvrir beaucoup de chose

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