Jeunes diplômés : pourquoi vous serez plus facilement recrutés en 2020

Sylvie Laidet

Jeunes candidats, vous allez aimer 2020 ! Une récente étude de l’Apec révèlent que les recruteurs ne s’arrêtent plus au manque d’expérience ou sont moins exigeants sur le diplôme. Pénurie de candidats oblige, ils s’ouvrent à des profils différents de ceux visés au départ, en particulier sur trois métiers. La rédaction de Cadremploi a interviewé trois recruteurs sur les ajustements en matière de critères de sélection qu’ils acceptent de faire. Si vous n’osiez pas postuler parce que vous n’avez pas le profil, voici des infos qui pourraient vous encourager à envoyer malgré tout votre CV.
Jeunes diplômés : pourquoi vous serez plus facilement recrutés en 2020

Selon une récente étude de l’Apec publiée en février 2020, trois fonctions vont bénéficier à fond d’ajustements des critères de recrutement. Et ces assouplissements pourraient gagner d’autres fonctions qui manquent aussi de candidats. Lire aussi nos conseils pour postuler quand on n’a pas le bon profil.

Informatique : plus jeunes donc… moins chers

On connaît la chanson : l’informatique manque de candidats. Or les ESN (ex-SSII), comme les entreprises ont tout de même besoin de staffer leurs équipes. Confrontés à des candidats rares (et chers) et très difficiles à attirer, les recruteurs revoient leurs critères de sélection.

« En informatique comme dans les autres fonctions, les ajustements sur le profil des candidat-e-s portent surtout sur le niveau d’expérience », souligne les auteurs de l’étude Apec. Ainsi, essentiellement dans les ESN :

  • 57% s’orientent vers des candidats ayant une expérience professionnelle moins importante que prévue initialement ;
  •  et 61% vers des profils avec un niveau de diplôme moins important.

 « Pour respecter les grilles de salaire mises en œuvre en interne, les entreprises n’ont pas d’autres choix que de revoir leurs critères de sélection. Au lieu de viser des candidats avec 8-10 ans d’expérience qui revendiquent des salaires trop élevés, en tout cas en dehors des grilles maison, elles acceptent des profils avec 5 ans d’expérience qui rentrent dans les budgets », observe Guillaume Beauvais, manager au sein du cabinet Clémentine spécialisé dans les recrutements IT. Une réelle opportunité pour les jeunes diplômés d’avoir des responsabilités rapidement.

Mais attention, pour les fidéliser, les employeurs vont devoir tenir les promesses vantées dans leur opération de marque employeur. Sinon, ils auront à gérer un fort turnover. Dans un marché qui leur est ultra favorable, les jeunes diplômés comme leurs ainés, n’hésiteront pas à aller voir ailleurs.  

Etudes / Recherche & développement : compenser son manque d’expérience par des soft skills

Voilà des fonctions sur lesquelles les candidats sont rois. A savoir qu’il y a beaucoup plus d’offres d’emploi que de candidats. Du coup, les recruteurs rament pour trouver les perles rares. Et donc révisent leurs critères de sélection, sauf en matière de diplôme où les pré-requis techniques sont indispensables et donc les titres d’ingénieurs quasi impératifs.

« En revanche, ils sont prêts à baisser le niveau d’expérience requis ce qui est donc favorable à l’emploi des jeunes diplômés, explique Solène Le Baut, associée sénior au sein du cabinet Michael Page. Avec ces profils, les employeurs s’attardent davantage sur les soft skills. Leur curiosité, leur très bonne capacité d’apprentissage et leur potentiel leadership », Si vous avez du mal avec vos soft skills, pourquoi ne pas écouter revoir cette émission intitulée « Les soft skills se travaillent, pas la personnalité » qui va vous aider à les identifier ? Une experte en recrutement et une chercheuse en neuroscience y expliquent l’intérêt de mettre en avant ces compétences comportementales.

Commerciaux :  on ne fait plus la chasse au diplôme à tout prix

Selon l’Apec, près de deux tiers des recrutements en commerce / vente sont difficiles. Notamment pour des postes de direction régionale et de pilotage d’agence ainsi que pour le métier de technico-commercial.

Bilan, les recruteurs sont obligés de revoir leurs critères d’embauche :

  • 66% des recruteurs embauchent des cadres commerciaux au profil différent de celui visé au départ.
  • 47% des jeunes diplômés accèdent à un poste pour lequel ils étaient sous-dimensionnés de prime abord.

Cyril Capel, dirigeant du cabinet CCLD Recrutement, analyse l’effet de balancier en faveur des diplômes moins élevés :  « Pendant des années les géants de l’agroalimentaire ont par exemple embauché des bac+4/5 pour des postes de chef de secteur ou de promoteurs des vente. Au bout de six mois, ces jeunes avaient fait le tour du poste et demandaient à passer au marketing ou quittaient l’entreprise. Désormais, ces entreprises visent les Bac+2/3, quitte à investir davantage pour eux en termes de formation continue ».

L’Apec souligne également que « 23% des jeunes diplômés recrutés sur les fonctions commerce / vente ont une expérience de nature différente à celle envisagée ». Autrement dit, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir fait un job similaire auparavant pour décrocher un poste.

Mieux, dans des secteurs peu techniques comme l’immobilier, on peut devenir commercial sans jamais avoir rien vendu de sa vie. « Sur des activités très techniques, par exemple le nucléaire ou encore l’hydraulique, les recruteurs sont moins enclins à accueillir des profils ne connaissant pas leur secteur. Mais un jeune commercial qui aura la curiosité de se renseigner à fond sur l’activité, d’en comprendre les principaux enjeux… peut tout à fait accrocher l’attention d’un employeur », ajoute l’expert.

A noter enfin qu’en PME, un jeune dip’ aura davantage de marges de manœuvre dans les négociations salariales que dans un grand groupe. En contrepartie, ses résultats devront être plus rapides. Lire aussi notre enquête sur les secteurs qui rémunèrent le mieux les commerciaux en 2020.

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Journaliste indépendante, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de mes sujets de prédilection.

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