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La millenial attitude gagne les cadres

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Sylvia Di Pasquale

21/03/2019- réactualisé le 25/03/2019

[Edito] La génération qui entretient des rapports utilitaires avec son employeur semble avoir influencé l'ensemble des cadres. Plongée dans les chiffres du 18e baromètre Cadremploi/Ifop sur la métamorphoses du rapport au travail des cols blancs 2019.

 Est-ce l’effet du printemps ? Toujours est-il que les cadres semblent ces temps-ci avoir retrouvé une nouvelle jeunesse. Du moins les cols blancs interrogés dans le cadre du 18e baromètre Cadremploi 2019 « Les cadres et leur avenir ». Et tous ne sont pas jeunes diplômés puisque l’échantillon est représentatif de toute la large pyramide des âges. Cette seconde jeunesse n’est pas une subite cure de jouvence des quadras et plus, mais plutôt une attitude face à l’entreprise et au monde qui ressemble fort à celle des millenials. Cette génération entretient des rapports utilitaires avec son employeur ? Cette attitude distanciée semble être contagieuse.

>> Lire aussi : ce que les millenials recherchent pour leur vie pro

Moins de pathos

S’ils étaient 28 % à lui montrer de l’attachement il y a tout juste dix ans, ils ne sont plus que 21% aujourd’hui. Pour autant, aucun désamour ne s’est installé entre les entreprises et leurs cadres, plutôt une certaine indifférence, un détachement typique des nouvelles générations qui refusent de s'ennuyer au travail et qui aurait contaminé les plus anciens. Cette indifférence est d’ailleurs le premier mot qui vient aux lèvres de 23 % des interrogés à propos de leur employeur.

Car moins d'affect, ne signifie pas désinvestissement. Au contraire : les cadres en deviennent plus exigeants vis à vis de l'entreprise. Ils  sont en quête de reconnaissance, de bonne ambiance et de bons salaires. Ce goût du beurre, de l’argent du beurre et de la fête permanente avec la fermière a, semble-t-il contaminé tout l’open space, tous âges confondus. Si le gain financier reste la première motivation en cas de changement de poste (51 %, et c’est même la motivation de 62 % des profils ultra recherchés de l'IT ou de la logistique), la qualité des relations humaines dans leur nouveau job n’est pas une option.

Plus d'humain

Une bonne ambiance est désormais exigée par 42 % des cadres (36 % chez les moins de 34 ans et 44 % au dessus), contre 36 % il y a dix ans. Et, bien entendu, elle est assortie de l’exigence d’un meilleur équilibre vie professionnelle- vie privée (32 %) dans le cadre d’un nouvel emploi.

Un nouveau job ? Ils sont plus d'un tiers à en rêver et 35 % ont postulé à une ou plusieurs offres. Et c’est peut-être sur ce point que se creuse à nouveau le fossé des générations du moins si l’on scrute les réponses par âge. Car lorsqu’il s’agit de changer d’air, rien ne vaut la jeunesse des artères. Les 18-34 ans n’hésitent pas à postuler à de nouvelles fonctions à la hauteur de 42 %, contre 26 % parmi leurs aînés. Quant à oser pousser l’aventure jusqu’à passer un entretien, le fossé se creuse encore : 41% des moins de 34 ans l'ont fait contre 27% des 35-49 ans et 17% des quinquas. Évidemment, le choix des recruteurs et leur préférence pour la jeunesse est certainement en cause dans cette effondrement du nombre de postulants.

A quoi peuvent bien rêver ces cadres "millenialisés" ? 

Alors, s’ils restent en place tout en conservant leur esprit de jeunesse, à quoi peuvent bien rêver ces cadres millenialisés ? A leur retraite ? Ils semblent parfaitement connaître les soubresauts qui agitent le rapprochement de l’Agirc et de l’Arrco (pour 79 % d’entre eux), signe qu’ils s’en préoccupent. Mais ils pensent néanmoins à un avenir plus proche et plus professionnel. Et semblent même tentés de se mesurer aux jeunes. Comment ? Par leurs diplômes, leurs soft-skills, leur expertise ? Pas vraiment, car les jeunes en question en disposent aussi.

Eux, leur truc, c’est l’expérience. 50 % d’entre eux considèrent que leur expérience professionnelle est  leur premier atout. Un atout que les millenials n’ont pas encore mais qu'ils savent être l'élément le plus utile à engranger pour leur CV. Et pour dans 10 ans ? C'est l'"expertise métier" qui va primer pour 35 % des cadres suivi de près (28 %) par les "qualités personnelles".

Se sentent-ils prêts pour ce futur pas si lointain ? Pour 56% des moins de 34 ans, la formation professionnelle va jouer son rôle et les adapter aux nouveaux besoins des employeurs. Un optimisme partagé par seulement 41% des plus de 34 ans beaucoup plus dubitatifs. Mais ils ne demandent qu'à être rassurés.

 

Sylvia Di Pasquale ©Cadremploi


 

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