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La pression du chiffre fait mal à la santé des cadres

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Elodie Buzaud

22/01/2015

Alors que l’on parle de plus en plus du mal-être des cadres, une étude de la Dares pointe du doigt l’une de ses causes : les objectifs chiffrés, qui concernent plus d’un col blanc sur deux.

Un chiffre d’affaires à réaliser, un nombre de clients à apporter à l’entreprise, un taux de rebond à atteindre… Près de la moitié des cadres ont des objectifs chiffrés à atteindre, d’après l’enquête Sumer 2010 de la Dares dévoilée le 12 janvier 2015. Or ces derniers s’avèrent particulièrement néfastes pour la santé : ils augmentent de 56 % la probabilité de présenter un symptôme anxieux, ou dépressif.

47 983 salariés étudiés

Pour parvenir à cette conclusion, la Dares a confié à 2 400 médecins le soin d’étudier la santé de 47 983 salariés, entre janvier 2009 et avril 2010. Ceux qui avaient des objectifs chiffrés se sont plus souvent trouvés en mauvaise santé mentale (22 % présentaient des symptômes d’anxiété ou de dépression, contre 19 % de ceux qui n’en ont pas) et en mauvaise santé physique (23 % se sentent physiquement dégradés, contre 17 % en moyenne).

Des objectifs inatteignables ?

En cause : le stress, causé par la crainte de ne pas atteindre ses objectifs. Le problème, c’est qu’ils sont généralement fixés par des « directions (qui) n’ont pas une connaissance bien précise de la réalité du terrain, estime Alain Fernandez, consultant spécialiste de la mesure de la performance. Elles surfent sur un management par le stress avec des objectifs fixés pour exploiter au maximum les possibilités des individus et stimuler la compétition entre les salariés d’une même équipe ou d’équipes concurrentes. »

Une fixation des objectifs qui remonte aux années 1960

Pourtant, à l’origine, les objectifs chiffrés n’ont pas été créés pour stresser les salariés. Au contraire. « La large diffusion de l’utilisation d’objectifs personnels dans le management remonte aux années 60 avec la direction participative par les objectifs (DPPO), initiée par Peter Drucker, raconte Alain Fernandez. L’idée était alors séduisante. Le salarié participait aux choix des objectifs de performance le concernant. C’était aussi une démarche logique. Comment ajuster au mieux les ambitions de l’entreprise avec les possibilités du salarié si celui-ci ne participe pas au choix de la direction à prendre, du  but à atteindre et du rythme à suivre pour y accéder ? Pourtant la méthode est vite tombée dans les oubliettes, le management préférant conserver toutes ses prérogatives dont celles d’imposer unilatéralement des objectifs de performance. »

Des objectifs choisis par ceux chargés de les poursuivre, dans les coopératives

Une préférence qui ne semble pas prête de changer dans les grandes entreprises privées, d’après le spécialiste, mais auxquelles les coopératives sont en train de trouver une alternative. « Les objectifs y sont choisis par ceux qui sont en charge de les poursuivre et l’on parvient plus aisément à les concrétiser en accord avec les orientations de l’entreprise », se réjouit le consultant.  

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ROSA1966

02/02/2015

à 17:28

Bsr,

Une évidence, à leurs yeux tu es trop rigide, trop ancien et probablement pas assez malléable.
Ils mettront tout dans la balance pour te faire craquer et avoir ta démission.
Des boites comme la tienne, il y en a des tas, avec des notions de management frisant le niveau de la mer.
Que veux tu ?
2 soluces :
- Trouves un autre emploi à performances et salaires égales. Ca peut prendre du temps, mais tant que tu as un emploi, pour tes recherches, tu es en position de force.
- Accroches-toi, fais ton job, et rien ne pourra t'être reproché. Ca peux être long et dur, mais après tout, si tu es dans ta fonction depuis 18 ans, c'est me semble-t-il que tu es un élément qui a sa place dans ta boite.

Le monde est truffé d'entreprises qui ont à leur direction une DRH manquant singulièrement de vision à moyen ou long terme, et d'un minimum de psychologie.

Bon courage !

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domtom

27/01/2015

à 14:18

De toutes façons, les objectifs sont imposés, et n'ont aucun rapport ni avec le contexte économique (comment vendre plus en période de crise, quand tous les budgets achats sont en berne ?) ni avec les moyens donnés pour réussir (en général les entreprises investissent le moins possible en R&D, donc il faut parvenir à vendre toujours plus de produits ringards, déjà vus mille fois, dont personne ne veut...)...

Les objectifs ne sont donnés qu'en rapport avec l'appétit des actionnaires, qui lui est constamment insatiable et déconnecté du réel.

Après, que vous tombiez en burn-out (voire pire), que vous divorciez, ce n'est absolument pas un problème.
L'important est de tout faire pour assouvir, chaque année, la cupidité croissante, déshumanisée et aveugle des actionnaires, avec pour mercenaires temporaires les top managers qui changent régulièrement d'entreprise à étriller.

Tout le reste c'est du bla-bla pour emballer tout ça.

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doudou

26/01/2015

à 08:48

Bonjour,
Ma direction va même plus loin car elle essaie de me culpabiliser du fait que je sois en arrêt maladie.
Les objectifs ne sont pas atteignables encore pour cette année,mais mon supérieur s'entête depuis 2 ans alors qu'il ne me donne aucun moyen supplémentaire.
Je suis stressé,angoissé alors que je suis dans cette société depuis 18 ans.
Ma nouvelle hiérarchie me manage comme une nouvel arrivant alors que mon chef de secteur n'a aucune expérience dans la gestion d'un centre de profit et du management.

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