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La vie de bureau après le choc des attentats

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Louise Fontana

24/11/2015

Face à l’horreur des attentats du 13 novembre, de nombreux Français ont voulu résister en retournant très vite dans la rue, en continuant de se rendre à des concerts, de boire des verres en terrasse… Mais lundi matin, c’était le retour au travail. Alors comment gérer la vie de bureau après un tel choc.

Continuer de sortir, boire, chanter, d’accord, mais continuer de peaufiner un powerpoint, l’envie est peut-être moins là. « Même s’ils n’ont pas été touchés directement par les attentats, beaucoup de Français ont ressenti un choc profond. Et quoi de plus normal, assure Sophie Péters, psychanalyste et animatrice de la libre antenne le week-end sur Europe 1. Car le travail peut sembler… dérisoire. » Il serait illusoire de penser que de tels événements n’affectent pas le quotidien professionnel. Il n’y a pas d’un côté la vie, la vraie, et de l’autre la vie professionnelle.

Même si "Les Echos" ont noté que les Français ont continué de venir au travail. « La sidération est si grande que certains n’arrivent pas à se concentrer », note Dominique Lhuilier, professeure des Universités au Cnam et membre du Centre de Recherche sur le Travail et le Développement. Là aussi rien d’anormal. D’ailleurs nos deux expertes sont formelles, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réactions. Elles sont toutes singulières. « À l’occasion de discussions organisées en entreprise, ce qui m’a frappé c’est la diversité des réactions, raconte Dominique Lhuilier. » Que vous vous plongiez dans le travail parce qu’il est une vraie source d’intérêt pour vous, ou que vous ayez plus de mal à venir travailler et à parler du choc ressenti, « il ne faut pas juger la réaction des autres, ni même la sienne », soutient Sophie Péters.

La bonne nouvelle c’est qu’avec le temps ce sentiment de trouble s’atténue. C’est le retour à la vie normale. « Si ce n’est pas le cas, c’est que la personne ne parvient pas à mettre le passé au passé », détaille Sophie Péters. Si pour Dominique Lhuilier, le laps de temps vers ce retour à la normale dépend des personnalités, pour Sophie Péters il faut s’interroger si cela dure au-delà de cette semaine du 23 novembre. « Le problème, c’est qu’avec la crise et les injonctions de performances du management, beaucoup de salariés tenaient déjà en force dans les entreprises », constate la psy à qui se confient des anonymes sur l’antenne d’Europe 1. Dans ce type de cas, le choc des attentats du 13 novembre peut alors jouer un rôle de déclencheur, comme une goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Sans oublier que dans certains milieux professionnels, il n’est pas permis de se montrer vulnérable » ajoute la professeure au Cnam. Pourtant, c’est bien le fait d’en parler qui permet de mettre les choses à distance. Ainsi, il ne faut pas hésiter à consulter ou utiliser les lignes d’écoute qui ont été mises à disposition dans certaines entreprises afin d’exprimer ses émotions.

Mais avant d’aller voir un professionnel, Dominique Lhuillier et Sophie Péters recommandent de se faire plaisir, de partager des moments de convivialité avec les gens qu’on aime. Si le travail et les collègues sont une source de plaisir, alors tant mieux. Si ce n’est pas le cas, il faut se garder du temps en dehors de son job pour des activités qui font du bien.

 

 

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