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Le bore-out : nouveau syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui

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Ingrid Falquy

23/03/2015

Alors que des députés plaident pour faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle, le bore-out, ou syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, commence à faire parler de lui. Simple emballement médiatique ou véritable phénomène de société ?

Vous n'avez jamais entendu parler du bore-out ? C'est normal. Pour l’heure, seules quelques recherches en psychosociologie se consacrent à ce nouveau syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui. Les professionnels de la santé au travail, comme les pouvoirs publics ne se sont pas encore emparés du sujet. Même l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), dont la mission est d’anticiper les risques psychosociaux au travail, n’a pas souhaité répondre à nos questions, faute de données. Pourtant, plus de 30 % des salariés seraient concernés par ce nouveau mal des travailleurs, dans les pays occidentaux, selon l’étude de Bourion Christian et Trebucq Stéphane, "Le bore-out-syndrom", publiée dans la Revue internationale de psychosociologie (numéro 41, en 2011 (Vol. XVII), p. 319-346).

Une préoccupation qui monte en France

En France, certains professionnels des risques psychosociaux commencent à s’en préoccuper. Parmi eux : Valérie Cappronnier. Pour cette chargée de mission hygiène, sécurité et sûreté dans une entreprise qui prépare, en parallèle, un diplôme universitaire (l’équivalent d’un Bac+4), sur la prévention des risques psycho-sociaux au travail, « le bore-out représente un véritable facteur de risque qui ne doit pas être pris à la légère : il provoque une fatigue psychologique et peut mener à la dépression, voire au suicide. »

Même son de cloche du côté de Jean-Claude Delgènes, fondateur du cabinet Technologia. « C’est une situation de travail subie dans laquelle l’employé est sous-tension. Son travail n’a plus de sens pour lui », explique-t-il. Le bore-out survient lorsque que les aspirations du salarié diffèrent trop de son activité réelle. Ce n’est donc pas une question de métier mais d’individu, et il peut toucher toutes les catégories socio-professionnelles. « Tout dépend de la manière dont la personne conçoit son travail », résume Valérie Cappronnier. C’est pourquoi pour elle, comme pour Jean-Claude Delgènes, c’est l’organisation du travail qui est à remettre en cause et ce syndrome nécessite d’être mieux connu et étudié sous ce prisme.

Pour savoir si vous êtes concerné par le bore-out, découvrez 4 situations qui peuvent y mener.

11

commentaires

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bagheera

16/12/2015

à 23:27

Il s'agit de deux choses différentes. Le burn out est provoqué par un excès de travail, un surinvestissement. Un bore (ennui) est au contraire provoqué par un sous-investissement, un manque de motivation ou d'activité. Les processus sont inverses même si le résultat final est le même.

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NINI

19/10/2015

à 20:16

En qualité de psychothérapeute, ex-DRH et chef d'entreprise, je trouve vos propos violents et déplacés !
Nos jeunes d'aujourd'hui nous les avons super formé, enfermé dans des procédures, ne libérons pas leur talent de peur de perdre les nôtre parfois ... tout cela est "discutable" mais la généralisation est insupportable !
Comment poser un cadre objectivable en permettant à chacun de libérer son énergie, ses envies de "bien faire son travail" et de gagner "correctement" sa vie. Une société qui paie ses ingénieurs 2000 euros par mois après avoir sous traité, délocalisé ent une société qui s'auto-suicide !
Ecoutons nos jeunes, ils sont le fruit de notre éducation. Leurs attentes sont importantes ! Oui, il faut revoir nos organisations et nos flux financiers !

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PhD

09/06/2015

à 16:53

J'ai toujours vu écrit burn out et non bore out, burn en anglais signifiant se bruler ou se griller soi-même

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kptenspok

01/04/2015

à 14:43

Ou l'art de suivre des procédures d'une inefficacité prodigieuse, qui vont souvent à l'encontre de la productivité recherchée... Il est très fatigant d'essayer de ramer dans un sens d'un côté pendant que l'autre côté s'évertue à ramer dans l'autre sens. Avec pour seul objectif de faire se rencontrer pôle nord et pôle sud.
Je suis très intéressé par vos idées très innovantes (l'innovation est la clé de la survie).

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futur retraité

01/04/2015

à 10:14

Je croise des gens issus de la nouvelle génération celle des années 90
Il ne dispose pas de la même vision du travail que nous .." Je ne viens pas m'accomplir mais gagner du fric .. le Bore out me passe par dessus la tête "

Ils perçoivent l'entreprise comme un simple hall de gare .. Aujourd'hui à Nancy .. demain à Paris Les objectifs de la direction sont totalement gommés dans leur esprit A leur décharge 29% des CDD se concluent en CDI et ils ont trop entendu leurs parents se plaindre

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chvet

31/03/2015

à 18:15

@barbatruc75

" ils y pensent, ils ont honte tous les jours d'etre payés à rien foutre, mais par peur du chomage ils restent, ils font semblant, vous feriez pareil. " (sic)

Eh bien non justement ! Vous seriez surpris de connaître ma situation ! mais là n'est pas le propos.
Je ne pense pas qu'être débordé est LA norme malheureusement. Cela signifierait que ce serait un choix de salarié... donc, à vous suivre, le burn-out serait un choix de salarié !
Cela reste bien sur un avis personnel mais ces temps de crise sont plutôt propices à une pression employeur plutôt que l'inverse. Il s'agit là certainement d'une question de point de vue.

Dans tous les cas et pour reprendre le sujet initial, l'auteure nous ponds une analyse de risque sur ce fameux Bore-out. Comme toute analyse de risque bien menée, il s'agirait de la pondérer un tant soit peu afin d'en mesurer la relativité. ce sujet de Bore-Out relève d'un anglicisme spécialement posé pour donner à la thèse une impression de nouvelle pathologie. J'estime quant à moi que si un management, quel qu'il soit, relègue un collaborateur à un travail valorisé à l'épaisseur du trait, c'est qu'il s'agit là plutôt de harcèlement moral et que les lois sont déjà existantes pour se défendre en la matière.

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Pascal

31/03/2015

à 13:01

Seuls 11% des salariés se lèvent le matin avec le plaisir d'aller travailler (je vous renvoi au documentaire "le bonheur au travail" diffusé sur arte et disponible sur youtube)
donc le bore-out existe vraiment. je l’appellerai surtout démotivation. Lorsque l'on m'a recruté j'étais plein d’espérance, plein d'entrain, prêt à montrer ma valeur et faire avancer ma nouvelle entreprise. Au bout de quelques mois, j'ai découvert l'envers du décor : une Direction qui n'avait aucune reconnaissance envers ceux qui faisaient la VA alors qu'ils représentent 70% des effectifs, du court-circuitage systématique de la hiérarchie, des procédures en place, ainsi que de faire faire des choses par des personnes autres que celles qualifiées pour... une Direction qui s'essuie volontiers les pieds sur des valeurs simples comme écoute, confiance, considération ...
Progressivement, ma motivation a disparu, je suis rentré dans une phase de démotivation qui s'est conclu par une rupture de contrat.
Je suis pourtant une personne combative, qui se donne à 100% dans son boulot + 50% sur les réflexions boulot que j’entretenais sur mon temps hors de l'entreprise, capable de convaincre même les plus démotivé et pourtant ma motivation s'est rapidement effritée.

Alors oui, le bore-out existe. De plus, si l'on regarde la génération Y, ce gène du bore-out est inscrit en eux. Ce gène correspond à la société de consommation, avec une obsolescence très rapide. Qui en 2015 veut d'un iphone 4 ? Cela nous oblige à réfléchir autrement alors svp ouvrez vos esprits et arrêter de penser comme au XIXè

Ce qu'il faut comprendre dans ce bore-out c'est que notre modèle d'organisation n'est plus, mais plus du tout adapté au monde du XXIè siècle.

La question est : Comment transformer notre organisation pour que ce bore-out devienne une force pour tout le système ?
j'ai mes idées la dessus mais c'est très (certainement trop) innovant pour vous !

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barbatruc75

31/03/2015

à 12:40

Je ne vous conseille pas de vivre ça un jour.
Le bore out, c'est l'autre nom du 'placard'.
Tres repandu dans le tertiaire. On ne se signale pas, par peur d'etre viré, et parceque tout le monde a l'air tres occupé, voir debordé, autour de nous. Et la norme c'est d'etre debordé. Mais il ne faut pas se leurrer, vos superieurs savent, leur but est juste d'avoir autant de ressources à gerer que les superieurs des autres services, quitte à n'avoir rien à leur donner à faire.
C'est la crise, mais beaucoup d'entreprises comme les banques, assurances, ont encore les moyens de payer des employés pour faire des "bullshit job". C'est en effet dans le privé que l'on trouve le plus souvent les bore-out. Tous les gens qui ont ete embauchés pour des taces precises, et qui au bout de quelques années sont mis sur la touche, font du boulot de reporting, de methodologie, tous ces jobs qui ne sont pas cruciaux pour le fonctionnement de l'entreprise, quand ils ne sont pas mis en avant.
Et que feriez vous à leur place, Chvet et Motivés59? si vous avez un credit sur le dos,des enfants? Justement Motivés59, ils y pensent, ils ont honte tous les jours d'etre payés à rien foutre, mais par peur du chomage ils restent, ils font semblant, vous feriez pareil. Et ne pas faire fonctionner son cerveau ça creve, et c'est un cercle vicieux

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novanova

31/03/2015

à 12:09

Je conseille au salarié concerné par le bore out de changer de poste ou d'entreprise. Bref, de se prendre en main que d'attendre d'être tout le temps assisté. Après, comme un autre post le suggère libre de choisir le bore out de chômage. Une chose à retenir - ne pas avoir les c... n'est pas une maladie à prendre en charge par la Sécurité sociale mais un trait de caractère personnel.

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chvet

31/03/2015

à 10:27

Bonjour,
Alors là, je suis estomaqué ! Je conçois parfaitement que légiférer autour du Burn-out puisse être une réponse à la prise de conscience de cet état et qu'il faille prioriser la santé et la sécurité du collaborateur.... mais là, on rentre dans le relais de l'information sans intérêt et digne d'un magazine "people". Vous allez me rétorquer que je ne suis pas obligé de prendre ne serait-ce que le temps d'un mémo à répondre à cet article ? Eh bien si ! Quel respect avons nous de ceux qui suent sang et eau à tenir leurs engagements professionnels avec rigueur et qualité si d'aventure nous devions considérer l'ennui au travail comme une pathologie, propice de surcroît à venir creuser le trou de notre sacro-sainte institution qu'est la sécurité sociale ? Je serai curieux de le savoir ! Et puis je vois peindre le bout du nez de procès prud’hommaux interminables, reprochant à qui veut bien l'entendre qu'un patron, de par l'ennui de son collaborateur, gènère de facto un risque suicidaire pour ce dernier ! Mais on ne marche pas, on court sur la tête !!! Alors madame Cappronnier, je conçois que votre projet de DU ait un niveau de créativité élevé et qu'il pourrait être, si vous étiez en entreprise, éligible au Crédit d'Impôt Innovation, mais il n'en demeure pas moins qu'il côtoie le niveau zéro de pertinence et offre, encore une fois, toutes les excuses du monde à la non remise en question du phasage entre les aspirations personnelles d'un collaborateurs et son poste !
A bon entendeur....
Serge CHVETZOFF

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Motivé59

31/03/2015

à 10:06

Je conseille vivement à ces salariés de réfléchir à leur "bore out" au travail... car un "bore out" de chômage peut se révéler beaucoup plus pénible à vivre.

A bon entendeur !

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