Le portrait-robot du manager de transition en 2017

Publié le 15 novembre 2016 Olivier Gélis

[Tribune] Les entreprises ont un désir de flexibilité de plus en plus fort et cela transforme en profondeur le marché du travail. Une chose est certaine : le CDI n’est plus la norme. Les nouvelles générations d’actifs ont des aspirations différentes de leurs aînés : elles sont impatientes, souhaitent avoir un travail qui a du sens et sont éprises de liberté. Les alternatives au CDI classique sont nombreuses : CDI intérimaire, freelance, entrepreneuriat, portage salarial… Parmi ces formes de travail et loin des clichés d’origine, le management de transition connaît une remarquable mutation ces dernières années.
Le portrait-robot du manager de transition en 2017
  1. Le management de transition : un choix de vie…
  2. … auquel il faut bien se préparer.
  3. Une condition : l’expertise
  4. En conclusion : prenez des risques !

D’abord associé aux restructurations, le management de transition se répand de plus en plus dans les entreprises principalement pour la gestion de projets dans des contextes positifs et favorables. Nouveaux projets, digitalisation, mentoring, etc, les entreprises puisent ponctuellement des compétences qui leur font défaut dans un vivier de managers expérimentés qui ont déjà travaillé sur des projets similaires. C’est un outil de management à l’image de l’économie contemporaine : il est agile, réactif et fondé sur le partage d’expérience et de ressources. Pour autant, avant de se lancer dans les démarches pour devenir manager de transition, il est important de savoir à qui cela s’adresse et dans quoi l’on s’engage.

 

Le management de transition : un choix de vie…

Devenir manager de transition ne s’improvise pas et ne doit pas être un choix par défaut. Il vaut mieux éviter de se lancer dans une période perturbée de sa vie professionnelle, suite à un accident de parcours par exemple, où en attendant de trouver un CDI. Le candidat idéal est celui qui est passé par plusieurs postes de CDI et qui est en quête de plus d’autonomie. Il souhaite passer de mission à mission, en acceptant de potentielles périodes de précarité. À noter que les stéréotypes le décrivant comme un homme de plus de 50  ans n’ont plus lieu d’être, non seulement il a rajeunit, autour des 40 ans mais il est de plus en plus une femme !

 

… auquel il faut bien se préparer.

Devenir manager de transition est donc une décision mûrement réfléchie, et cela se prépare. Face à la recrudescence du besoin en profils de ce type, notamment au sein de grands groupes, des universités et des organismes de formation proposent désormais des programmes en formation continue. Cela permet en amont de développer ou approfondir ses compétences, que ce soit sur des aspects comportementaux, commerciaux ou stratégiques. 

Une condition : l’expertise

Il n’est pas possible de devenir manager de transition en début de carrière. On considère qu’il faut plus de 10 ans d’expérience. En effet, une bonne connaissance sectorielle et une expérience solide de management sont demandées : il faut être capable d’intervenir lors des différents cycles de vie d’une entreprise. La valorisation des compétences et de son expérience est donc primordiale. Lorsque l’on souhaite devenir manager de transition, il faut démontrer son expertise et être opérationnel immédiatement. Être manager de transition requiert une grande élasticité : on peut être en réunion avec le board le matin et dans les opérations l’après-midi. Il est essentiel d’être un bon communiquant, créatif et humble ; beaucoup de compétences qui nous font dire que c’est un véritable métier qui s’acquiert avec le temps.

 

En conclusion : prenez des risques !

Le management de transition est taillé pour ceux qui pensent avoir fait le tour de leur poste, qui souhaitent par exemple, s’émanciper du CDI qu’ils jugent trop politique. Ils ont envie de découvrir de nouvelles entreprises et apporter leur valeur ajoutée. Idéal pour ceux qui, expérimentés, souhaitent exercer des missions variées, voir combiner des fonctions en entreprise avec des projets personnels entrepreneuriaux.

Olivier Gélis, Directeur général de Robert Half France


Olivier Gélis, diplômé en 1987 à l’Ecole de Commerce Paris – ILERI, est Directeur Général de Robert Half France depuis 2005. Robert Half Management Resources, l’une des 6 divisions de la société, accompagne les entreprises à la recherche d’un Manager de Transition. Cette division met à la disposition des entreprises des candidats spécialisés pour le lancement, la coordination et le pilotage de projets stratégiques. Depuis 2010, Olivier Gélis est membre du Conseil d'Administration du PRISME (Professionnels de l’intérim, services et métiers de l’emploi). Il est aussi Administrateur au MEDEF et membre actif de l’association ‘A compétence égale’ (contre la discrimination à l’embauche).

Olivier Gélis
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