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Le télétravail favorise le sentiment d’isolement et la crainte d’être licencié

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Gilles Boulot

05/06/2019

Le télétravail est plébiscité. Mais ceux qui le pratiquent se plaignent de l’isolement qu’il produit. C’est l’un des (nombreux) paradoxes soulevés par le 6e baromètre Paris Workplace 2019 réalisé par l’Ifop et SFL que son directeur général délégué décrypte pour Cadremploi.

En premier lieu, l’isolement  est envisagé non pas comme une force, permettant une meilleure concentration et une efficacité décuplée, mais comme un fléau. 36 % des télétravailleurs s'en plaignent, contre 26 % des salariés en général. Et ces isolés du bureau cumulent les risques de mal-être au travail : ils sont non seulement plus stressés que les autres, mais ils sont également moins performants, moins heureux, et pire encore pour leur employeur, moins fidèles à leur entreprise.

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Une journée ça va, toute la semaine, bonjour les dégâts

Voilà qui rend Dimitri Boulte, directeur général délégué de la Société Foncière Lyonnaise (SFL) prudent. Il a cosigné l’étude en tant que spécialiste de l’immobilier tertiaire en Ile-de-France et pour lui, le télétravail est à consommer avec modération. « On sait qu’une journée télétravaillée par semaine n’a aucun impact. Mais aujourd’hui, on n’a aucun recul dans le cas d’un télétravail plus élargi. En tous cas, je ne crois absolument pas à la fin du bureau que certains nous annoncent ». D’autant que le sentiment d’isolement n’est pas le seul mal qui guette la vie des télétravailleurs. Selon l’enquête, ils ressentent également de l’ennui (pour 34 % d’entre eux) et 24% vivent dans la peur d’un licenciement. Évidemment, ces deux sentiments peuvent être partagés par les salariés qui campent au bureau. Sauf qu’ils ne sont que 16 % à se tourner les pouces, et 8 % à craindre un licenciement ((3 fois moins nombreux que les télétravailleurs). De là à penser que le télétravail est le mal du siècle, après le mal de dos, il n’y a qu’un pas.

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La fin de l’utopie du chacun chez soi ?

Et le patron de la SFL de citer l’exemple de Yahoo!. « Ils avaient décidé de faire télétravailler l’ensemble de leur personnel américain, mais au bout d’un an, ils ont fait machine arrière. Les performances s’étaient vraiment dégradé et le télétravail a été purement et simplement interdit. » Pour autant, Dimitri Boulte n’est pas un extrémiste du présentéisme. « Un temps de présence régulier est indispensable à tous, mais pas tout le temps ». Et à condition que la présence au bureau se déroule dans de bonnes conditions.

En deçà de 3 à 10 interlocuteurs par jours, c’est l’isolement. Au-delà c’est le trop-plein.

 

Car ceux qui ne télétravaillent pas ne sont pas exemptés de soucis, voire de trop-plein de contacts, là où leurs collègues en déplorent le manque. Ce qu’ils réclament, ce sont des relations pour de vrai, pas par mail ni par téléphone. « On a établi avec eux que la fréquence d’interactions idéale se situe entre 3 et 10 interlocuteurs par jour. En deçà, c’est l’isolement, au-delà c’est le trop-plein ».

Une envie de réunion qui ne dit pas son nom

Des relations en face à face, des interactions au-delà de 3 interlocuteurs ? Voilà qui ressemble fort à une réunion. La bête noire de nombreux cadres. « C’est un paradoxe que nous avons constaté », comme le désir de bureaux isolés en lieu et place des open spaces. Être isolés sans se sentir isolés, détester les réunions mais rechercher les contacts humains, comment ménager les contradictions tout en donnant satisfaction ? « Peut-être en réduisant le nombre de réunions tout en en maintenant le principe. Et aménager des espaces d’intimité phoniquement isolés dans les open spaces ». Ménager la chèvre et le chou, le travail à la maison et les rencontres, l’open space et l’isolement. Parfois, l’organisation du travail prend des allures de casse-têtes diplomatiques et les entreprises doivent se transformer en Quai d’Orsay.

*Baromètre Paris WorkPlace sur les perceptions et attentes des salariés parisiens sur leurs modes et conditions de travail. Réalisée par IFOP pour SFL auprès de 1 600 salariés de Paris et de la petite couronne (90 questions).

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