Le top 10 des incivilités au bureau

Publié le 13 juin 2014 Elodie Buzaud

Entre les collègues qui ne disent ni « bonjour » ni « au revoir », ceux qui envoient des textos pendant les réunions et ceux qui papotent alors que vous essayez de travailler… les incivilités au bureau ne manquent pas. Ça, on le savait déjà. Ce qu’on ignorait, c’est à quel point elles sont mal vécues par les salariés. Une étude nous le révèle.

Non seulement, 42 % des salariés français se déclarent exposés aux incivilités au bureau, mais en plus, un tiers disent en souffrir. Un chiffre qui cache un phénomène beaucoup plus important à croire l’étude* publiée le 11 juin 2014 par le cabinet Eléas. En réalité, les trois quarts des salariés ont déjà souffert de symptômes affectant leur santé (stress, anxiété, trouble du sommeil, etc.) et leur productivité (difficulté de concentration).

Les ‘‘malpolis’’ en première ligne

Sans surprise, les collègues qui ne disent ni ‘‘bonjour’’ ni ‘‘au revoir’’ arrivent en troisième position sur le podium des comportements les plus mal acceptés. Ceux qui passent des coups de fils personnels dans l’open-space ou se racontent les derniers ragots à haute voix... bref, ces salariés qui vous dérangent en faisant du bruit, occupent la deuxième place du classement. Et juste derrière, arrivent les champions des malotrus, les rois de l’incivilité : ces collègues qui laissent les salles de réunions en chantier, ne nettoient pas le micro-onde de la cafétéria… ou pire. (Retrouvez ci-dessous la liste des comportements jugés impolis par les salariés en interne).

Top 10 des comportements de collègues perçus comme des incivilités par les salariés

1

Les collègues qui laissent les espaces communs sales et en désordre

2

Ceux qui gênent votre concentration par des bruits

3

Ceux qui ne disent pas « bonjour » ou « au revoir »

4

Ceux qui coupent ou accaparent la parole

5

Ceux qui arrivent en retard sans s’excuser

6

Les collègues qui négligent les outils de travail communs

7

Ceux qui utilisent leur téléphone portable en réunion

8

Ceux qui sentent mauvais

9

Ceux qui fument ou vapotent dans les locaux

10

Ceux qui manifestent leur ennui en réunion

 

Pourquoi ça énerve ?

Souvent pris à la légère, le sujet préoccupe pourtant beaucoup les salariés. 83 % en ont déjà parlé autour d’eux, surtout à leur famille ou à leurs proches. « Derrière l’incivilité au travail, il y a la question : suis-je pris en compte ? Suis-je interchangeable ? Est-ce que j’existe ? Et il y a surtout la question de la reconnaissance dans l’entreprise », explique Xavier Alas Luquetas, dirigeant et fondateur d’ Eléas.

Les nouvelles technologies mises en causes

Si le phénomène tracasse, c’est aussi parce qu’il est en augmentation, d’après 46 % des sondés. En cause : les nouvelles technologies. « Notre société est en phase d’apprentissage avec ces outils intrusifs, commente le spécialiste, les entreprises doivent s’emparer de ce sujet. Chez les ingénieurs avec qui nous avons travaillé par exemple, la première problématique d’incivilité, c’était les mails. Soit le manager qui envoie un mail tard le soir, soit celui qui envoie un mail à son voisin de bureau au lieu de lui parler directement. Nous avons mis en place une journée sans mail pour renouer le lien ». Et de citer un dernier exemple : « Nous avons également travaillé pour des personnes qui avaient leurs propres bureaux et se sont un jour retrouvées en open space. Elles avaient gardé pour habitude de parler à voix haute au téléphone, une situation insupportable pour les autres salariés. On a donc aménagé de petits espaces pour les conversations privées. » Encore faut-il que les entreprises prennent de telles initiatives contre les incivilités. Pour l'heure, seul un tiers d'entre elles s'y attèlent.

*Méthodologie : étude réalisée par l’institut de sondage Ginger auprès d’un échantillon représentatif de la population salariée française de 1 008 salariés français métropolitains âgés de 16 ans et plus interrogés via un questionnaire en ligne entre le 20 février et le 6 mars 2014.

Elodie Buzaud © Cadremploi

Elodie Buzaud
Elodie Buzaud

Le travail et l’écologie sont mes thématiques de prédilection. En tant que journaliste indépendante, je cherche notamment à répondre aux questions que posent ces deux sujets pour mieux comprendre comment le travail, et les travailleurs, peuvent contribuer à la transition écologique.

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