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Le travail à temps partagé, une solution pour bosser quand on veut ?

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Sylvie Laidet

09/10/2019

A l’occasion du Salon du travail à temps partagé du 11 octobre à Paris, Cadremploi se penche sur le vécu et l’expérience de cadres qui ont opté pour ce mode de contrat. Qu’ils soient multiemployeurs à temps partiel, salariés d’un cabinet spécialisé sur ce sujet ou encore indépendants, ces « slasheurs » sont-ils maîtres de leur agenda ?

Des milliers de cadres partagent leur temps de travail entre plusieurs employeurs

430 000 français travaillent en temps partagé dont 330 000 sont multi employeurs. Concrètement, ils cumulent plusieurs contrats à temps partiel dans différentes entreprises. Autre option envisageable : « faire de la prestation de service en étant hébergé par un cabinet spécialiste du temps partagé ou une société de portage. La personne est alors salariée de cette structure et intervient ensuite partiellement chez les clients. Troisième option : passer par un groupement d’employeur qui vous met à disposition dans ses entreprises adhérentes », explique David Bibard, directeur du portail du temps partagé et contrôleur de gestion à temps partagé. Le travailleur à temps partagé est alors salarié du groupement d’employeurs. On le voit il y a presque autant de formules de temps partagé que de candidats à ce type d’organisation.

 

Des cadres en temps partagé qui souhaitent maîtriser leur agenda

Après 30 ans à travailler 15 heures par jour sans réelle vie personnelle, Tania André révise ses priorités en optant pour du temps partagé en CDI à temps partiel (4/5e) dans plusieurs entreprises. « Il est important pour moi d’être un membre à part entière des organisations dans lesquelles je travaille. Et de ne pas être un consultant qui travaille pour lui et un brin donneur de leçon », précise Tania André, DAF et DRH à temps partagé dans deux entreprises parisiennes.

Cette quinquagénaire a beau passer 3 jours dans une boite, 1 jour dans une autre, elle a organisé son emploi du temps de manière à être présente dans les 2 entreprises chaque jour. Le matin chez l’une, l’après-midi chez l’autre. « Cela me permet de suivre les informations et de ne rien rater. Et pour les gens avec qui je travaille c’est plus simple à gérer », ajoute-t-elle. Forte de cette nouvelle organisation, Tania André passe 4 jours par semaine à Paris et 3 jours à la campagne. Un retour à un meilleur équilibre vie pro-vie perso.

Je travaille plus mais je m’éclate davantage

Pour Délia Perraudin, 41 ans, responsable RH, être salariée à part entière n’était au contraire plus envisageable. « J’ai travaillé plus de 16 ans en RH dans différents univers. Très investie et impliquée, j’ai aussi été souvent frustrée. En tant que salariée, je détectais des problèmes et proposais des solutions sans être jamais écoutée. Il suffisait qu’un consultant extérieur fasse les mêmes préconisations pour que les dossiers se débloquent », se souvient-elle. Il y a deux ans,  elle fait donc le choix de passer par un cabinet spécialisé en temps partagé (YHG Conseil). Aujourd’hui, elle travaille 3 jours fixes par semaine dans une entreprise cliente du cabinet et 2 jours en télétravail pour 5 autres entreprises. « Le cabinet me verse un salaire chaque mois. Donc même quand je fais de la prospection commerciale, je ne perds pas en rémunération. Et je gère mon temps comme je l’entends du moment que j’assure une qualité de service irréprochable », explique-t-elle.

 Passer d’un secteur d’activité à un autre, j’adore.

Cadres en temps partagé, travailler plus pour travailler mieux

Effectivement, s’ils gèrent leur temps comme ils l’entendent, les cadres en temps partagé que nous avons interrogés déclarent également bosser plus qu’avant. « Je travaille plus mais je m’éclate davantage. Je me sens plus légitime et dans une relation professionnelle d’égale à égale avec mes « entreprises clientes ». Il n’y a plus de notion de hiérarchie, et puis, passer d’un secteur d’activité à un autre, j’adore », argumente Délia Perraudin, RRH à temps partagé. Une polyvalence et un zapping sectoriel également revendiqué par Olivier Couvrecelle, 53 ans, DSI en temps partagé chez Référence DSI depuis un an. «Sauf si c’est précisé dans le contrat commercial, je ne gère pas les contingences administratives des projets. Je peux donc me consacrer au pilotage de mes missions », assure-t-il.

De son côté, Tania André apprécie la gymnastique intellectuelle requise pour passer d’un employeur à un autre et a mis au point une organisation au cordeau pour mener ses 2 CDI de front. Un ordinateur différent pour chaque société et elle ne prend pas les appels relatifs à l’autre employeur quand elle est chez le premier. « Sauf exception et urgence bien sûr car il ne s’agirait pas non plus de perdre la souplesse et l’agilité offertes par le travail à temps partagé », conclut-elle.

 

*Le Salon du travail à temps partagé se tiendra le 11 octobre au Point Paris Emploi, 209 rue Lafayette 75010 Paris, de 14h à 17h. Il a lieu dans le cadre de la Semaine du travail à temps partagé (du 7 au 12 octobre), organisée par la Fédération nationale éponyme.

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