L’empathie se révèle être un faux-ami pour votre carrière

Quentin Velluet

Non, l’empathie n’est pas une vertu indispensable au travail et c’est un professeur de psychologie qui le dit.
L’empathie se révèle être un faux-ami pour votre carrière

L’empathie au même titre que la bienveillance ou la loyauté est une star des soft skills. La faculté intuitive de se mettre à la place des autres et de percevoir ce qu’ils ressentent* serait la clé pour comprendre les besoins des clients, prendre des décisions et gérer une équipe de façon efficace et juste. Et pourtant, Against empathy, une recherche publiée par Paul Bloom, un psychologue canadien et professeur à l’université de Yale, vient battre en brèche ce mythe de l’empathie, reine des compétences sociales.

Prendre des décisions biaisées

Selon le chercheur, l’empathie est un sentiment biaisé qui devrait être cantonné à la sphère de l’intime. L’être humain serait plus enclin à exprimer de l’empathie envers des personnes proches de lui culturellement, ethniquement ou attirantes physiquement. Modifiant ainsi nos sens des priorités, l’empathie nous priverait de toute objectivité au même titre que la colère qui, selon Paul Bloom, est un sentiment très comparable. Alors que cette dernière entraîne des réactions irrationnelles, l’empathie peut, elle, amener à prendre de mauvaises décisions, voire des décisions immorales.

Elle est aussi un sentiment facilement manipulable. Au bureau par exemple, il arrive de juger négativement un collègue, un partenaire ou un client avant même de l’avoir rencontré et uniquement à partir de ce qu’en dit notre entourage professionnel proche. Dans ce cas, l’empathie prend le contrôle du comportement.

Préférer la compassion

Pour être davantage réfléchi, il faudrait plutôt développer sa compassion. Paul Bloom la définit comme « un amour, une gentillesse et une attention aux autres plus distante ». D’après ses travaux, les compassionnels ont plus facilement du plaisir à aider les autres, alors que les empathiques font plus souvent des burn-out. Pourquoi ? Parce que les compassionnels ne fonctionnent pas comme des éponges à ondes négatives qui souffrent en même temps que les autres. Ils font la part des choses et se positionnent ainsi comme des soutiens, ce qui par la même occasion, leur évite de passer pour des cœurs de pierre.

Mais tous les recruteurs n’ont pas lu Paul Bloom. Lors d’un entretien d’embauche, il reste donc préférable d’afficher sa capacité à l’empathie, un mot qui aura plus de sens pour votre interlocuteur que celui de compassion.

*Définition du dictionnaire Larousse

Quentin Velluet
Quentin Velluet

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