Les cadres sont plus nombreux à changer de boîte

Publié le 17 octobre 2013 Michel Holtz

Rien ne change, mais tout change. Et si le nombre de cadres mobiles à l’interne comme à l’externe est grosso modo similaire à l’année dernière, puisqu’ils sont 21% comme en 2012, ils sont plus nombreux à changer d’entreprise qu’un an auparavant. C’est la conclusion de la traditionnelle étude MobiCadres, réalisée par le site d'information sur les décideurs Nomination et par le cabinet Deloitte. 49% des cols blancs de haut niveau qui ont bougé cette année s’en sont allés voir dans une autre boîte, alors qu’ils n’étaient que 42% l’an passé. Étonnant en ces temps pas vraiment rassurants ? « C’est comme la pluie », métaphorise Philippe Burger. Associé responsable capital Humain chez Deloitte, il a travaillé sur l’étude. « Quand il pleut une heure, on attend que ça s’arrête. Mais quand il pleut trois jours, il faut bien sortir. » Les cadres sont donc de plus en plus nombreux sous l’averse. Mais s’ils sortent, ce n’est pas pour être mieux couverts. Car - et c’est l’une des surprises de cette enquête qui a recueilli l’avis de 5 818 cadres, s’ils partent - ce n’est pas forcément pour gagner plus.

13% sont prêts à baisser leur salaire en cas de transfert

La rémunération n’arrive qu’en cinquième position des critères qui les poussent ailleurs. 13% des cadres mobiles sont même prêts à accepter une baisse de salaire en changeant d’entreprise. À condition que les autres critères soient remplis. L’étendue des champs de responsabilité est devenu l’élément principal, suivi des perspectives d’évolution. Évidemment, ce rapport à l’argent varie en fonction de l’âge du partant. Les moins de 35 ans, ne sont que 3% à accepter de voir leurs émoluments amputés, alors que les plus de 55 ans sont prêts au sacrifice financier pour 14% d’entre eux. Résultat de ce dédain relatif des choses matérielles chez les expérimentés : les augmentations en cas de transfert ne sont plus ce qu’elles étaient. De 20 à 25% il y a quelques années, elles sont tombées dans une fourchette de 10 à 15%. « Évidemment, les fonctions en pénurie ne sont pas concernées », tempère Philippe Burger.

RH : la fonction star ?

L’autre surprise de cette étude tient à l’éclosion de la fonction RH qui se rapprocherait des sommets hiérarchiques. Et pas qu’un peu. La proportion des directeurs des ressources humaines qui ont évolué vers un poste de direction générale a plus que doublé cette année. Ils étaient 6% en 2012, ils sont désormais 13%. Un couronnement qui se fait au détriment de la finance, qui perd 12 points. Même si les gens d’argent sont toujours les plus nombreux à la tête des entreprises que leurs homologues, ils ne sont plus que 15% à gravir le dernier échelon, contre 27% en 2012. Pour Philippe Burger, cette soudaine starisation est liée à une prise de conscience : « Les entreprises se rendent compte que les salariés sont plus difficiles à motiver. Avant, quand on envisageait de changer, on se cachait. Maintenant, on s’affiche. D’ailleurs 81% des cadres interrogés se disent à l’écoute du marché.» L’entreprise n’est plus la grande famille qu’elle a été.

Michel Holtz © Cadremploi.fr

Michel Holtz
Michel Holtz

Vous aimerez aussi :