Les cadres moins touchés par la chute de l’emploi intérimaire

Nathalie Alonso

La série noire des mauvais chiffres sur l’emploi continue. Traditionnellement considéré comme un indicateur avancé du marché du travail, l’emploi intérimaire accuse le coup, dans le sillage de l’aggravation du chômage : les effectifs à fin juin reculent de 9% sur un an (-1,4% sur un mois) pour s’établir à 605 200 salariés, selon Pôle emploi.

Le nombre d'intérimaires, en baisse depuis juillet 2011, avait brièvement renoué avec une tendance positive en février (+1%) et mars (+1,2%) avant de chuter de nouveau en avril (-2,1%) et en mai (-1,4%), conséquence de la baisse de la production industrielle.

En 2011, la hausse annuelle, tous secteurs confondus, avait été de 7,9%, selon le Prisme, fédération qui dit représenter plus de 600 professionnels de l'intérim.

Malgré ce tableau très sombre, les cadres et les professions intermédiaires, qui composent seulement 9,5% de l’effectif intérimaire, résistent mieux à la dégradation du marché de l’intérim. Leurs effectifs ont certes baissé sur un an (-6,5%) mais moins que chez les ouvriers qualifiés (-7,3%), les employés (-8,5%) et les ouvriers non qualifiés (-11,6%), les travailleurs qui paient le plus lourd tribut à la chute de l'emploi temporaire.

Si les cadres sont moins durement touchés, c’est que leur secteur de prédilection – le tertiaire – est le seul qui a connu en juin une hausse - modeste - de son bataillon d’intérimaires (+0,4%) tandis que l’industrie et la construction, à la peine, accusent une lourde baisse (respectivement -2,7% et -1,9%).

De quoi redonner le moral aux cadres intérimaires ? Il y a une dizaine de jours, François Roux, délégué général du Prisme, interrogé par Cadremploi, affichait son optimisme pour l'avenir des cols blancs : « On n’est pas pessimiste. On a encore besoin de cadres ». C’est notamment le cas dans « les services, les transports et la logistique et surtout dans deux régions : Midi-Pyrénées, pour l’aéronautique, et l’Ile-de-France », précisait-il.

Sur un an, toutes les régions ont été frappées par le repli de l’emploi intérimaire, Languedoc-Roussillon et Franche-Comté figurant au premier rang, avec des chutes des effectifs de 20,3% et 20% tandis que l’Aquitaine (-3,4%), fief de l'aéronautique, en croissance, se classe parmi les régions qui s’en sortent un peu mieux.

Nathalie Alonso © Cadremploi.fr

Nathalie Alonso
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