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Les cadres vont-ils devoir mettre la main à la poche pour se former ?

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Sylvie Laidet

08/01/2019

La réforme de la formation professionnelle, ça vous barbe ? On vous comprend... Malheureusement, elle pourrait bien avoir un impact sur votre porte-monnaie. Résumé des points à surveiller en 2019.

La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel attendait les décrets de son volet « formation » pour être appliquée. C’est chose faite depuis le 1er janvier dernier.  La rédaction de Cadremploi a décortiqué les mesures qui concernent directement les cadres dans cette nouvelle (nouvelle) réforme de la formation professionnelle.

Que faut-il retenir de la nouvelle réforme ?

  • Ciao le CPF en heures, vive le CPF en euros : le compte personnel de formation vous permettant de capitaliser des heures de formation chaque année est en train de vivre ses derniers mois. En septembre prochain, tous les ans, votre CPF sera crédité de 500 euros que vous pourrez dépenser comme bon vous semble auprès des organismes de formation certifiés et recensés sur la future appli dédiée. A noter un plafond de 5000 euros (8000 euros pour les moins qualifiés) au bout de 10 ans.
  • Exit le CIF, place au CPF transition professionnelle : après trente ans de service, le congé individuel de formation n’est plus. Depuis le 1er janvier 2019, vous pouvez mobiliser votre CPF en vue d’une action de formation certifiante destinée à changer de métier dans le cadre d’un projet de transition professionnelle (PTP). Si la formation est prévue sur tout ou partie de votre temps de travail, vous aurez alors droit à un congé spécifique.
  • Le plan de formation devient le plan de développement des compétences : outre les formations métiers obligatoires (car indispensables dans l’exercice de votre fonction), votre employeur devra vous proposer au moins une autre formation tous les six ans et vous faire passer un entretien professionnel tous les 2 ans. Faute de quoi, il devra payer une pénalité. Cette somme (maximum 3000 euros) permettrait d’abonder le CPF du salarié concerné.

Allez-vous devoir financer vos formations professionnelles ?

Cette refonte en profondeur des règles de la formation professionnelle a évidemment des conséquences sur la prise en charge financière du coût des formations.

D’abord, la transformation de vos heures CPF en euros, ne devrait pas se faire à votre avantage. « On est en attente du décret mais il semblerait que l’on s’oriente vers une monétisation de l’ordre de 14 euros l’heure capitalisée jusque là sur les CPF. Un manque à gagner évident pour les salariés. Ces derniers mois, les OPCA finançaient en moyenne à hauteur de 37 euros l’heure de formation », déplore Marc Dennery, dirigeant de C-Campus. Si vous aviez 150 heures au compteur, vous obtiendrez d’emblée 2100 euros sur votre CPF nouvelle formule. Alors que potentiellement avant, vous auriez pu vous faire financer une formation d’une valeur de 5500 euros.

 

Le calcul est vite fait. Cette réforme n’est pas favorable aux cadres 

 

Pour combler cette différence, plusieurs options sont possibles :


- Soit vous bénéficierez d’un abondement de votre entreprise ou de votre branche professionnelle mais les experts n’y croient pas vraiment. « Vous pourrez également solliciter un abondement auprès des régions, de France Compétences, de l’Unedic et de Pôle emploi. Mais pour être financé, votre formation devra répondre à un projet professionnel validé, en phase avec les besoins de l’entreprise, ou du bassin d’emploi visé, ou du marché économique. C’est vrai que c’est la fin de la formation plaisir… Si c’est un projet qui répond à un rêve personnel, le salarié ne pourra compter que sur son CPF et ses fonds propres », décrypte Alain-Frédéric Fernandez, expert formation chez Federis et auteur de « Réforme de la formation professionnelle : tous les conseils pour en tirer profit » (ESF, 2018).

- Soit vous devrez payer votre formation de votre poche : « avec cette réforme, on tend vers une privatisation de la formation continue comme ce qui s’est passé pour les formations initiales », observe Régis Micheli, président et fondateur de Visiplus Academy. « Si j’étais banquier, j’imaginerai un prêt abondement CPF », ironise Marc Dennery.

- Soit vous patientez : en fait, vous pourrez capitaliser jusqu’à 5000 euros sur votre CPF. Donc si on part du principe que vous allez partir avec un capital de départ d’environ 2000, il vous reste 6 ans à attendre pour atteindre le plafond. Et encore pas sûr que cette somme soit suffisante pour financer une formation longue.

- Soit vous optez pour des formations plus courtes (donc moins chères). « Ces formations seront de la mise à jour de connaissances mais ne vous permettront pas de monter réellement en compétences ou de changer de job », déplore Marc Dennery. « Il faut au minimum 10 jours pour constater un avant et un après formation. Pour les cadres, les tarifs oscillent entre 500 et 1000 euros par jour de formation, le calcul est vite fait. Cette réforme n’est pas favorable aux cadres », renchérit Régis Micheli.

 Bon à savoir : les frais de formation sont déductibles de vos impôts 

Une petite consolation tout de même : les frais de formation (frais pédagogiques, restauration, hébergement, transport) sont déductibles de votre impôt sur le revenu brut, si vous passez un diplôme ou une qualification vous permettant de monter en compétences dans votre job ou d’accéder à un nouvel emploi dans un autre domaine professionnel. Vous devez pour cela opter pour le régime des frais réels.

 

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